Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah s'adressant à la presse à Bint Jbeil, dans le sud du Liban, le 27 novembre 2024, après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Photo d'archives Anwar Amro/AFP
Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a été reçu dimanche par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, à Téhéran. Lors de cette réunion, M. Fadlallah a souligné la nécessité de prendre des mesures « coordonnées et décisives » face à Israël.
Il faut que « les pays islamiques prennent des mesures coordonnées et décisives afin de faire face aux ambitions expansionnistes et aux crimes » d'Israël au Liban, à Gaza et en Cisjordanie, a affirmé M. Fadlallah depuis la capitale iranienne, selon des propos rapportés par la chaîne de télévision du Hezbollah, al-Manar. Il a exprimé sa « reconnaissance pour le soutien de la République islamique au peuple libanais, en particulier les efforts de M. Araghchi visant à soutenir la résistance du peuple libanais par le biais de démarches diplomatiques ». La « diplomatie forte de l'Iran constitue une source de fierté pour les alliés de Téhéran », a-t-il poursuivi.
De son côté, le ministre iranien a salué la « résistance et la fermeté du peuple libanais face à la brutale agression d'Israël » et a réaffirmé le « soutien total de la République islamique au peuple libanais dans la défense de l'intégrité territoriale, de la dignité et de la souveraineté nationale de son pays ».
Deux jours après le début de la guerre entre les États-Unis et l'Iran le 28 février, le Hezbollah a mené sa première opération contre Israël en plus de quinze mois, afin de venger la mort de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei, déclenchant une reprise de la guerre au Liban.
Mi-juin, Washington et Téhéran ont signé un protocole d'accord qui prévoit, dans sa première clause, un arrêt des attaques israéliennes sur le Liban. Depuis cette date, le Hezbollah affirme respecter ce cessez-le-feu, bien qu'Israël continue de mener des tirs et frappes quotidiens sur le Liban et d'y occuper une zone de plus de 600 km2 le long de la frontière. Beyrouth, qui dit ne pas être concerné par ce texte n'ayant pas participé aux négociations avec Washington, négocie de son côté directement avec Israël pour que ce dernier stoppe ses frappes et se retire du Liban-Sud. Toutefois, le dernier round de négociations début août à Rome n'a pas permis d'avancées significatives, et aucune nouvelle date n'a encore été fixée pour la reprise des pourparlers.
La réunion entre MM. Araghchi et Fadlallah intervient en outre alors que, parmi ses attaques, Israël cible particulièrement la crête de Ali Taher, qui surplombe la région de Nabatiyé, et sous laquelle serait située une base souterraine du Hezbollah, dans laquelle se trouveraient des membres des gardiens de la révolution iraniens. La diplomatie internationale, via notamment la Turquie, oeuvre actuellement pour résoudre la question des hauteurs de Ali Taher sans provoquer une nouvelle flambée de violences.

