Rechercher
Rechercher

Culture - Disparition

Sliman Mansour, le peintre du « Soumoud » palestinien s’est éteint


« L’art donne un foyer à ceux qui en sont privés », disait l’artiste qui comptait parmi les plus influents de la génération post-Nakba.

Sliman Mansour. Photo Fares Mansour, tirée de sa page Wikipédia.

« Je suis né un an avant la Nakba et j’espère mourir un an après la libération de la Palestine », répétait Sliman Mansour. Le destin, hélas, n’aura pas répondu à ses vœux… Né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947, « il est mort lundi 25 août 2026, à l'âge de 79 ans, dans sa maison à Jérusalem-Est », a annoncé sa famille.

« Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde », a déclaré sa famille dans un communiqué. « Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge », ajoutent ses proches.

Personnalité majeure de l’art contemporain palestinien, ce peintre et sculpteur, qui avait acquis une renommée internationale, était irréversiblement lié à sa terre. « L’art est ma façon de dire que nous sommes là, nous vivons toujours là, nous avons de profondes racines sur cette terre », confiait dans une interview sur al-Jazeera, cet artiste dont l’œuvre est devenue l’une des expressions les plus fortes du « Soumoud », ce concept culturel palestinien qui évoque à la fois l’attachement à la terre, la résistance et la résilience.

"Camel of Hardships" ("Jamal al-Mahlal" ou "Chameau des fardeaux", 1973) l'oeuvre iconique de Sliman Mansour trône dans la collection de la Fondation Dalloul, à Beyrouth. Avec l'aimable autorisation de la fondation Dalloul.
"Camel of Hardships" ("Jamal al-Mahlal" ou "Chameau des fardeaux", 1973) l'oeuvre iconique de Sliman Mansour trône dans la collection de la Fondation Dalloul, à Beyrouth. Avec l'aimable autorisation de la fondation Dalloul.


Diplômé en art et design de l’université de Jérusalem en 1970, il avait fondé, lors de la première Intifada, en 1987, avec d’autres artistes dont Nabil Anani et Tayseer Barakat, le collectif « New Visions », qui boycottait les fournitures israéliennes pour les remplacer par des produits locaux et naturels palestiniens.

Dans une palette vive et éclatante, il dépeignait inlassablement les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l’occupation israélienne. Il avait une prédilection pour les paysages d’oliviers et les représentations de femmes travaillant dans les champs. « On voudrait que je peigne des femmes éthérées et des fleurs, mais pour moi ces cultivatrices vigoureuses, aux larges mains, représentent la force, la persévérance de notre peuple et son attachement à la terre », soutenait-il.

Son œuvre iconique à Beyrouth

Le ministère palestinien de la Culture a rendu hommage à l’artiste, « témoin de l’histoire palestinienne et gardien de l’identité, l’un des plus importants piliers de l’art palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne ».

Le ministère a salué sa toile la plus connue, Camel of Hardships (Jamal al-Mahlal ou Chameau des fardeaux, 1973), qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos, qu’il a qualifiée d’« icône nationale et artistique ». Et pour cause, la reproduction de cette peinture – qui fait partie de la collection de la Fondation Dalloul, à Beyrouth – orne maints foyers et lieux publics de Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Ses peintures, exposées dans le monde entier, comptent plusieurs autres œuvres majeures conservées dans des collections muséales, dont Foule, une huile de 1985 (115 x 100) conservée au musée de l’Institut du monde arabe à Paris. Sliman Mansour y dépeint une foule abstraite, résumée à un fouillis de tortillons de couleurs et de taches qui, à distance, font l’effet d’une grande mosaïque brisée.

"From the River to the Sea", une peinture de Sliman Mansour qui circule sur les réseaux sociaux depuis l'annonce de sa disparition, comme un ultime hommage, Photo tirée d'Instagram.
"From the River to the Sea", une peinture de Sliman Mansour qui circule sur les réseaux sociaux depuis l'annonce de sa disparition, comme un ultime hommage, Photo tirée d'Instagram.


Mais aussi From the River to the Sea, dont l’image a largement circulé sur les réseaux sociaux à l’annonce de sa mort. Réalisée en 2021, cette œuvre hautement allégorique représente une femme en tenue traditionnelle palestinienne enlaçant un arbre portant, pour moitié, des oranges et, pour l’autre, des oliviers, deux symboles évoquant la Nakba et la terre de Palestine.

Sliman Mansour avait reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le Grand Prix du Nil lors de la septième Biennale du Caire en 2019 et le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe la même année.

Pleurant une « immense perte », la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une « figure artistique majeure », qui, « à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale ». Cette terre à laquelle il aura consacré toute son œuvre, et à laquelle il demeurera éternellement enraciné…




« Je suis né un an avant la Nakba et j’espère mourir un an après la libération de la Palestine », répétait Sliman Mansour. Le destin, hélas, n’aura pas répondu à ses vœux… Né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947, « il est mort lundi 25 août 2026, à l'âge de 79 ans, dans sa maison à Jérusalem-Est », a annoncé sa famille.« Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde », a déclaré sa famille dans un communiqué. « Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge »,...
commentaires (2)

...."nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge », ajoutent ses proches. ...c est exactement la meme chose quand j ai perdu MON père Antoine.

Marie Claude

11 h 38, le 27 août 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • ...."nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge », ajoutent ses proches. ...c est exactement la meme chose quand j ai perdu MON père Antoine.

    Marie Claude

    11 h 38, le 27 août 2026

  • Sleiman Mansour, le bienheureux... palestinien, combattant (par l'art), qui nous quitte de mort naturelle sur sa terre occupée. Ca devient rare.

    Ca va mieux en le disant

    16 h 50, le 25 août 2026

Retour en haut