De la fumée après une frappe israélienne près de Mansouri, au Liban-Sud, le 24 août 2026. Photo relayée par Mountasser Abdallah
Mansouri, dans le caza de Tyr, fait depuis un certain temps l’objet d’une « opération de destruction systématique », dénonce le président du conseil municipal de la localité, Haïdar Mdaihli, qui craint que ces opérations ne constituent « un prélude à une occupation israélienne ».
La localité est régulièrement soumise à des frappes aériennes et à des bombardements d’artillerie, tandis que des obus au phosphore ont touché plusieurs de ses quartiers et de ses abords, affirme l’élu à notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah.
M. Mdaihli indique avoir vu des chars israéliens se déplacer depuis la région de Majdal Zoun en direction des secteurs sud de Mansouri. Il estime que ces mouvements pourraient être le signe d’une « tentative d’avancée terrestre vers la localité, en prélude à de nouvelles opérations de destruction et de bombardement ». « L’un des quartiers de la localité a été bombardé aujourd’hui au phosphore blanc, et une série de frappes aériennes a visé un grand nombre de maisons, notamment des villas et des bâtiments construits à grands frais par des émigrés originaires de Mansouri. De vastes parties de ces constructions ont été rasées », affirme-t-il.
« Un prélude à une occupation »
Mansouri est désormais désertée par ses habitants, souligne le président du conseil municipal. Pour lui, la seule explication aux destructions en cours est une « destruction délibérée des biens appartenant aux habitants et aux émigrés ». M. Mdaihli craint surtout que ces opérations ne constituent « un prélude à une occupation de la localité, compte tenu de sa position stratégique ». Le village « offre en effet une vue plongeante sur la ville de Tyr et sur le littoral qui s’étend jusqu’à Adloun, au sud du Zahrani », explique-t-il.
L’élu affirme avoir contacté la commission chargée du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, l’armée libanaise et les parties concernées afin de « faire pression pour mettre un terme aux opérations de destruction ». Ces démarches « n’ont pas abouti », déplore-t-il, malgré la visite du Premier ministre Nawaf Salam dans la localité, où il a pu constater l’ampleur des dégâts. Près de 850 logements auraient été détruits ou gravement endommagés, tandis qu’environ 4 500 habitants sont toujours déplacés, selon M. Mdaihli, qui s’interroge sur le silence entourant le sort de la localité.
Des destructions qui s’intensifient
Au Liban-Sud, les destructions se poursuivent également dans plusieurs secteurs de la zone frontalière occupée par Israël. Des pelleteuses israéliennes ont notamment endommagé des routes au nord de Bint Jbeil. Alors que des sources militaires israéliennes ont indiqué au média israélien Jerusalem Post que les forces occupantes « accélèrent » leurs démolitions au Liban-Sud, « conformément aux instructions données par le ministre de la Défense, Israel Katz » en ce sens, plusieurs dynamitages ont été effectués dans différentes localités, notamment à Khiam, où des maisons ont également été incendiées, Houla, Taybé (Marjeyoun) et Kfartebnit (Nabatiyé). Près de Meis el-Jabal (Marjeyoun), des bulldozers ont détruit un complexe scolaire temporaire dans le secteur de Debbiyé. Le complexe avait été construit et inauguré par la municipalité de Meis el-Jabal après la guerre de 2024. Les forces israéliennes ont également fait venir un camion chargé d’explosifs et ont piégé plusieurs maisons dans le secteur en vue de leur démolition.
Dans le caza de Bint Jbeil, dans le secteur central, l'avancée d'une force militaire accompagnée de pelleteuses a été signalée. Les bulldozers ont ensuite été aperçus en train d'endommager des routes entre Haddatha et Haris, deux villages qui bordent la « Ligne jaune », délimitant la zone tampon occupée par Israël. Deux drones suicides israéliens ont également explosé entre ces deux localités. Dans la nuit, des dynamitages avaient déjà été menés à Majdel Zoun (Tyr), Taybé et Haddatha. Commentant ces destructions en série, les sources du Jerusalem Post ont indiqué que l'armée « ne se contente pas de détruire les infrastructures du Hezbollah, mais également à ouvrir de nouveaux axes afin de faciliter l’accès aux zones d’opérations, d’améliorer la sécurité des forces et d’accélérer l’acheminement des ravitaillements. »
Des frappes aériennes ont en outre été menées sur Mansouri (Tyr) et la périphérie de la vallée dite de Wadi Slouki, au niveau de Houla (Marjeyoun), où un incendie s'est déclaré.
La nuit avait été marquée par plusieurs attaques israéliennes, notamment des dynamitages à Majdel Zoun (Tyr), Taybé (Marjeyoun) et Haddatha (Bint Jbeil), où des maisons ont également été incendiées, des frappes aériennes sur Qousseir (Marjeyoun), des tirs d'artillerie sur la périphérie de Srebbine et Baraachit (Bint Jbeil) et Mayfadoun (Nabatiyé) et des tirs de mitrailleuse sur Chihine (Tyr). Dans la région de Nabatiyé, où l'armée israélienne se focalise particulièrement sur la crête stratégique de Ali Taher, l'aviation israélienne avait bombardé une maison proche de la colline de Dabché et le village de Dohat Kfarremmane, sur lequel elle a également tiré à l'artillerie.
Deux morts à Dohat Kfarremmane
Par ailleurs, deux hommes ont été tués dans une frappe dimanche sur Dohat Kfarremmane, localité du caza de Nabatiyé attenante à la crête stratégique de Ali Taher, et leurs dépouilles ont été retrouvées lundi, ont indiqué le ministère de la Santé et les informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Dans un bref communiqué, le ministère de la Santé a annoncé que les corps de deux jeunes hommes tués par Israël ont été retrouvés à Dohat Kfarremmane « après qu'ils avaient disparu alors qu'ils se trouvaient dans le secteur ». Le texte confirme que les deux hommes, identifiés par les sources de notre correspondant comme étant Hassan Chokr et Ahmad Roumani, avaient été « pris pour cible » par l'armée israélienne. Il s'agit des premières victimes d'attaques israéliennes depuis l'explosion d'un engin au passage d'un véhicule à Mayfadoun, dans la même région, le 19 août, qui avait tué trois personnes, et les bombardements meurtriers qui avaient visé, le 15 août, Ansar et Deir Zahrani, faisant plus de dix morts.


Le point à 13h : le PM qatari attendu à Beyrouth ; un missile intercepté à Médine
Et l,occupation aux consequences desastreuses pour sa ville par les GDLR iraniens et leurs suppots locaux ? Mais cette occupation appelle L,AUTRE !
12 h 58, le 26 août 2026