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Politique - Liban

À Mansouri, sous le feu israélien, le retour avorté de l’armée libanaise

Après la mort de deux soldats israéliens à Majdal Zoun, l’armée israélienne a intensifié ses opérations au Liban-Sud.

À Mansouri, sous le feu israélien, le retour avorté de l’armée libanaise

Deux soldats israéliens au Liban-Sud le 26 janvier 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

L'escalade a commencé mercredi après la mort de deux soldats israéliens à Majdal Zoun (caza de Tyr), tués dans l'explosion d'un engin piégé, selon l'armée israélienne, qui a accusé le Hezbollah d'une « grave violation » du cessez-le-feu, annoncé des frappes sur plusieurs zones du Liban-Sud et ordonné l'évacuation des habitants de Mansouri, une première depuis la mi-juin.

Après plusieurs heures de bombardements et d'opérations de dynamitage dans le secteur, l'armée libanaise aurait annoncé à la municipalité de Mansouri, selon les informations de notre correspondant, son retour dans la localité en vue de préparer le retour des habitants. Mais son déploiement a finalement été interrompu : selon le président du conseil municipal, Haidar Madihli, les militaires ont été informés par leur commandement et le comité de supervision du cessez-le-feu, dit le Mécanisme, que Mansouri était considérée comme une « zone militaire interdite » et ont dû se retirer.

L'armée israélienne a annoncé jeudi la mort de deux de ses soldats lors de l'incident survenu la veille à Majdal Zoun, ses premières pertes depuis plus d'un mois, au moment où se tiennent à Rome des pourparlers entre le Liban et Israël sous parrainage américain. Selon son communiqué, le major Harel Birenstock et l'adjudant-chef Tamir Vaknin ont été tués dans l'explosion d'un engin piégé, tandis que quatre autres réservistes ont été grièvement blessés.

Les informations sur l'incident avaient commencé à circuler mercredi dans les médias israéliens, avant que l'armée n'accuse le Hezbollah d'avoir commis une « grave violation » du cessez-le-feu. Via sa porte-parole arabophone Ella Waweya, elle avait ensuite annoncé des bombardements contre plusieurs secteurs du Liban-Sud ainsi qu'un ordre d'évacuation adressé aux habitants de Mansouri. Jeudi, l'armée israélienne a indiqué que les frappes menées dans les dernières 24 heures visaient « plusieurs infrastructures du Hezbollah », notamment des dépôts d'armes, un poste de commandement et d'autres installations attribuées au parti. Dans un second message, elle a justifié ses opérations et ses dynamitages dans les zones qu'elle occupe, affirmant y avoir découvert « des milliers d'infrastructures utilisées par le Hezbollah ».

Premiers soldats israéliens tués depuis juin

Contacté par notre publication, le porte-parole du Hezbollah, Youssef Zein, a indiqué ne pas être en mesure de confirmer que le parti chiite était à l'origine de l'incident de Majdal Zoun, tout en pointant une possible responsabilité israélienne. « Nous ne disposons pas de sources pour confirmer que l'origine de l'explosion vient de la résistance. (...) Il peut aussi s'agir d'une erreur du côté israélien, puisque les forces de l'ennemi dispersent de nombreux explosifs quotidiennement pour dynamiter des maisons et des bâtiments dans le Sud, ou d'un prétexte pour élargir les agressions dans le contexte actuel », a-t-il déclaré.

Ces deux soldats sont les premiers morts israéliens dans le sud du Liban depuis le 28 juin, indique le site internet de l'armée israélienne. Selon des détails publiés par la radiotélévision publique israélienne Kan, la Chaîne 12 et le quotidien Maariv, l’ampleur de l'incident, qui s’est produit mercredi vers midi, a poussé l'armée à ouvrir une enquête sur cette opération menée par « des soldats du 28ᵉ bataillon de la 55ᵉ brigade de parachutistes de réserve » à Majdal Zoun, situé à environ huit kilomètres au nord de la Ligne bleue.

D’après Kan, l'unité était en train de « sécuriser des travaux de génie effectués par une excavatrice dans la zone » dans un secteur contrôlé « depuis longtemps » et conquis environ deux mois plus tôt par les troupes occupantes. Pour des raisons qui font toujours l’objet de l’enquête, les soldats sont ensuite entrés dans un bâtiment qui s’est révélé être piégé, ajoute le Maariv. Les médias israéliens ajoutent que l'enquête se focalise notamment sur les événements ayant précédé l'entrée dans ce bâtiment, pour établir si celui-ci a été inspecté et sécurisé selon les procédures de l'armée israélienne.

De Mansouri à Zaoutar el-Charqiyé

Durant la journée de jeudi, deux fortes détonations ont secoué Mansouri (caza de Tyr). Il n'était pas clair si elles étaient dues à des raids de l'aviation israélienne ou à des opérations de dynamitage. Selon un habitant, ces explosions « ont secoué le sol, comme s'il s'agissait d'un tremblement de terre », tandis qu'une épaisse colonne de fumée s'élevait du lieu de la détonation. Des tirs d'artillerie israéliens ont également visé la localité.

Par ailleurs, les troupes israéliennes ont dynamité des bâtiments à Hadatha (Bint Jbeil), après avoir ciblé le village par des rafales de mitrailleuses. L'armée israélienne a également bombardé à l'artillerie la zone située entre Houla et Merkaba (caza de Marjeyoun). Un drone israélien a largué une bombe sonore sur Yater (Bint Jbeil), tandis qu'un autre a mené une frappe visant une moto à Mayfadoun (caza de Nabatiyé), sans atteindre le deux-roues.

L'armée israélienne a aussi procédé à une nouvelle opération de dynamitage dans le village occupé de Zaoutar el-Charqiyé (caza de Nabatiyé), voisin de Zaoutar el-Gharbiyé, l'une des localités incluses dans les premières « zones pilotes » mises en place la semaine dernière. Plusieurs véhicules militaires israéliens et des soldats à pied ont par ailleurs été aperçus se déplaçant de Houla vers la vallée de Wadi Slouki, à la frontière d'une des « zones pilotes » établies dans le secteur central du caza de Bint Jbeil. Le convoi comprenait également un poids lourd qui transporterait des explosifs.

113 projectiles en une journée

Après une journée intense mercredi, le Liban-Sud a connu dans la nuit de mercredi à jeudi l'une de ses plus violentes séquences d'escalade israélienne de ces dernières semaines, principalement dans le secteur ouest du caza de Tyr. Les localités de Mansouri et de Majdal Zoun ont été visées par d'intenses tirs d'artillerie, des frappes aériennes et des opérations de dynamitage, qui se sont poursuivis jusqu'au matin. À Bourj el-Chemali, des frappes de drones contre une maison ont fait plusieurs blessés, dont un grièvement, tandis que des habitants ont quitté certains secteurs par crainte de nouveaux bombardements. Les bombardements se poursuivaient encore jeudi à l'aube dans plusieurs zones, notamment sur les quartiers résidentiels de Mansouri, alors que l'armée libanaise et les secouristes inspectaient les sites touchés à Bourj el-Chemali. Dans ce cadre, la Finul, la force de l'ONU, a indiqué avoir enregistré 113 projectiles tirés par l'armée israélienne mercredi, soit « le nombre le plus élevé » recensé par la mission depuis le 21 juin. Tout en relevant que le niveau de violence reste « nettement inférieur » à celui des mois précédents, la force onusienne estime que la situation demeure « fragile ». Elle affirme poursuivre ses activités de surveillance et ses échanges avec les parties afin de contribuer à réduire les tensions..

Mercredi également, un groupe de colons israéliens, composé d’une quinzaine de femmes, ont franchi la frontière libanaise, au niveau du village de Ghajar, avant d’être rapatriées par les troupes israéliennes. L'information a été confirmée par l’armée israélienne jeudi.

Cette nouvelle hausse des tensions au Liban-Sud survient en plein milieu des pourparlers en cours à Rome, sous égide américaine, entre le Liban et Israël pour discuter de la continuation de la mise en œuvre des « zones pilotes » dans le sud du pays, en vertu de l'accord-cadre signé le 26 juin entre les deux pays. Depuis la reprise de la guerre au Liban le 2 mars, au moins 4 333 personnes ont été tuées et 12 250 ont été blessées par le feu israélien selon le dernier bilan officiel du ministère de la Santé.

Au Grand sérail jeudi, le Premier ministre Nawaf Salam a présidé une réunion consacrée au retour des déplacés au Liban-Sud. Il a été informé de l'avancement des travaux sur le terrain, notamment des opérations de reconnaissance et de la construction d'un pont provisoire à Kaakaïyet el-Jisr. Selon les derniers chiffres de l'ONU, quelque 360 000 déplacés n'ont toujours pas pu regagner leur domicile, tandis que plus de 800 000 personnes sont déjà rentrées dans leurs régions d'origine au Liban-Sud, dans la Békaa et dans la banlieue sud de Beyrouth.

L'escalade a commencé mercredi après la mort de deux soldats israéliens à Majdal Zoun (caza de Tyr), tués dans l'explosion d'un engin piégé, selon l'armée israélienne, qui a accusé le Hezbollah d'une « grave violation » du cessez-le-feu, annoncé des frappes sur plusieurs zones du Liban-Sud et ordonné l'évacuation des habitants de Mansouri, une première depuis la mi-juin.Après plusieurs heures de bombardements et d'opérations de dynamitage dans le secteur, l'armée libanaise aurait annoncé à la municipalité de Mansouri, selon les informations de notre correspondant, son retour dans la localité en vue de préparer le retour des habitants. Mais son déploiement a finalement été interrompu : selon le président du conseil municipal, Haidar Madihli, les militaires ont été informés par...
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