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Sanctions : Washington lie désormais officiellement le Hezbollah aux gardiens de la révolution iraniens

L’OFAC a également sanctionné dix personnes accusées d’appartenir à un réseau acheminant des fonds au Hezbollah entre la Turquie, l’Iran, les Émirats arabes unis et le Liban.

Sanctions : Washington lie désormais officiellement le Hezbollah aux gardiens de la révolution iraniens

Une foule brandit des drapeaux du Hezbollah et des portraits de l’ayatollah Ali Khamenei lors d’un rassemblement en son hommage après son assassinat, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 1er mars 2026. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

L’organisme du Trésor américain chargé des sanctions, The Office of Foreign Assets Control (OFAC), a annoncé jeudi la redésignation du Hezbollah au titre de ses liens avec la Force al-Qods, l’unité des Gardiens de la révolution iraniens chargée des opérations extérieures.

L’OFAC a parallèlement sanctionné dix personnes appartenant, selon Washington, à un réseau de coursiers chargé de transférer des espèces au Hezbollah et ayant permis de déplacer jusqu’à plusieurs centaines de millions de dollars entre plusieurs pays.

« Le Hezbollah est redésigné [...] au motif qu’il est détenu, contrôlé ou dirigé par la Force al-Qods des Gardiens de la révolution iraniens (IRGC-QF), ou qu’il a agi ou prétendu agir pour le compte ou au nom de celle-ci », a écrit le Trésor américain dans un communiqué, en plein conflit ouvert avec l’Iran et alors que la guerre entre le Hezbollah et Israël se poursuit.

Le Hezbollah avait été désigné pour la première fois comme « organisation terroriste mondiale spécialement désignée » (Specially Designated Global Terrorist, SDGT) en 2001 et figure également depuis 1997 sur la liste américaine des « organisations terroristes étrangères » (Foreign Terrorist Organizations, FTO). À travers sa nouvelle décision, Washington inscrit ainsi plus explicitement, dans les motifs de cette désignation, les liens du Hezbollah avec le régime iranien, et en particulier avec la Force al-Qods des Gardiens de la révolution.

Il ne s’agit toutefois pas d’une désignation sous une nouvelle autorité juridique : le Hezbollah est redésigné en vertu du même décret présidentiel 13224, amendé depuis, qui fonde sa désignation comme SDGT. Cette fois, le Trésor invoque explicitement son rôle « au service du régime iranien sous le commandement » de la Force al-Qods. Le Trésor justifie notamment cette décision par « la coordination par la Force al-Qods des attaques du Hezbollah » et sa « profonde implication dans la direction des décisions politiques » du mouvement. Il affirme sur cette base que celui-ci est « détenu, contrôlé ou dirigé » par la Force al-Qods, ou qu’il a agi ou prétendu agir pour son compte ou en son nom.

Réseau lié à un membre décédé de la Force al-Qods

La mesure ne revient donc pas, juridiquement, à transformer le Hezbollah en « organisation iranienne » plutôt que libanaise, mais ajoute à sa désignation américaine un fondement explicitement lié à sa relation avec la Force al-Qods, explique Reuters.

Washington a parallèlement sanctionné jeudi dix personnes accusées de participer à ce réseau. « Le Hezbollah et ses alliés exploitent des mécanismes de financement comprenant la contrebande de pétrole, le transport maritime illicite, la vente de marchandises et la contrebande d’importantes quantités d’espèces afin de générer et de déplacer des fonds à travers la région », affirme le Trésor.

« Le réseau visé aujourd’hui, qui était autrefois associé à Behnam Shahriyari, responsable financier aujourd’hui décédé de la Force al-Qods [...], constitue un exemple des méthodes utilisées pour acheminer du soutien à des groupes terroristes mandataires dans toute la région », ajoute-t-il.

Les sanctions visent l’homme d’affaires turc Yunus Alper Yilmaz, présenté par le Trésor comme le responsable du réseau de coursiers chargé de transporter des espèces entre différents pays de la région et la base du Hezbollah au Liban ; Halil Ibrahim Kacmaz et Onder Dede, des coursiers qui, selon Washington, récupèrent les espèces auprès de bureaux de change ; Vasfi Akyuz, qui aurait coordonné leur logistique tout en servant lui-même de coursier ; ainsi que Mehmet Akyuz, Mehmet Acur, Feyyad Karasalih, Masoud Mousafar, Gulay Kaya Savci et Emrah Ayaz, accusés d’avoir transporté clandestinement des espèces destinées au Hezbollah sur des vols commerciaux à destination du Liban. Ces coursiers voyagent sur des vols commerciaux entre le Liban, la Turquie, les Émirats arabes unis et l’Iran pour transporter des espèces, affirme encore l'OFAC.

Concrètement, les sanctions entraînent le gel de tous les biens et intérêts des personnes visées qui se trouvent aux États-Unis ou sont détenus ou contrôlés par des personnes américaines. Sauf autorisation ou exemption, les transactions impliquant ces avoirs sont interdites aux personnes américaines ou lorsqu’elles ont lieu ou transitent par les États-Unis. Certaines transactions avec les personnes désignées peuvent en outre exposer des institutions financières étrangères à des sanctions secondaires, selon le communiqué.

L’organisme du Trésor américain chargé des sanctions, The Office of Foreign Assets Control (OFAC), a annoncé jeudi la redésignation du Hezbollah au titre de ses liens avec la Force al-Qods, l’unité des Gardiens de la révolution iraniens chargée des opérations extérieures.L’OFAC a parallèlement sanctionné dix personnes appartenant, selon Washington, à un réseau de coursiers chargé de transférer des espèces au Hezbollah et ayant permis de déplacer jusqu’à plusieurs centaines de millions de dollars entre plusieurs pays.« Le Hezbollah est redésigné [...] au motif qu’il est détenu, contrôlé ou dirigé par la Force al-Qods des Gardiens de la révolution iraniens (IRGC-QF), ou qu’il a agi ou prétendu agir pour le compte ou au nom de celle-ci », a écrit le Trésor américain dans un communiqué, en plein...