Des véhicules blindés de l'armée libanaise entrant dans Zaoutar el-Gharbiyé, le 21 juillet 2026. Photo FADEL itani / AFP
Le président américain Donald Trump « est prêt à discuter avec le Hezbollah si cela est susceptible de mettre fin au conflit (au Liban, avec Israël, ndlr) et de réaliser la paix », a révélé mercredi soir Edward Gabriel, président de l'American Task Force on Lebanon (ATFL), lors d'un entretien avec la chaîne locale al-Jadeed.
L’ancien ambassadeur américain a assuré « s’être entretenu de ce sujet avec les Américains en poste à l’ambassade à Beyrouth, qui ont confirmé que le président Trump envisage sérieusement d’engager un dialogue direct avec le Hezbollah ». Il a cependant ajouté que « les Etats-Unis considèrent que pour l’instant, le Hezbollah n’envisage pas assez sérieusement » de se lancer dans de tels pourparlers.
Le Hezbollah pro-iranien est classé parmi les organisations terroristes aux Etats-Unis. Il a repris la guerre contre Israël le 2 mars dernier, la deuxième en moins de trois ans, pour soutenir l’Iran contre l’offensive menée par les Etats-Unis et l’Etat hébreu depuis le 28 février. Ce nouveau front au Liban-Sud a eu des répercussions catastrophiques, faisant plus de 4000 morts dans le pays, causant la destruction de dizaines de villes et de villages et provoquant une nouvelle occupation israélienne de plus de 600 km2 du territoire libanais.
Les autorités libanaises se sont engagées dans des pourparlers directs avec Israël depuis avril, qui ont conduit à la signature d’un accord-cadre fin juin, un processus totalement rejeté par la milice chiite.
Interrogé lors de l’entretien sur l’armée libanaise et les zones pilotes dont l’armée israélienne doit se retirer (en vertu de l’accord-cadre), M. Gabriel a exprimé sa confiance en la capacité de l’armée libanaise à assumer des responsabilités supplémentaires. La troupe « est prête à se déployer dans des zones pilotes supplémentaires au moment opportun », a-t-il dit. L'établissement d'une première zone pilote dans une localité du caza de Nabatiyé, Zaoutar el-Gharbiyé, n’a pas été suivie d’autres jusque-là.
Pour le président de l’ATFL, les Etats-Unis « doivent renouveler leur soutien à l’armée libanaise afin que celle-ci puisse poursuivre son déploiement » au Liban-Sud. M. Gabriel estime qu'« Israël ne peut ignorer la nécessité de se retirer de territoires libanais supplémentaires en vertu des négociations directes avec la partie libanaise », qualifiant l’initiative du président libanais Joseph Aoun de lancer ces négociations de « courageuse ».
Sept cycles de négociations directes entre Israël et le Liban, sous parrainage américain, ont eu lieu d'abord à Washington puis à Rome. Mais le dernier round, début août, n’a pas permis d’avancées significatives, sur fond de différends autour de la surveillance du désarmement du Hezbollah après le retrait israélien.



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