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Politique - Décryptage

Comment le Hezbollah voit l’évolution de la bataille de Ali Taher


La colline de Ali Taher reste au cœur de l’actualité. Cette hauteur stratégique convoitée par les Israéliens sera-t-elle l’étincelle d’une nouvelle guerre régionale ? Du côté du Hezbollah, les signaux sont contradictoires.

Si les figures médiatisées de la formation refusent d’aborder clairement ce sujet, dans les cercles plus fermés, deux tendances se dégagent actuellement. La première tient à rappeler la récente déclaration du principal négociateur iranien auprès des Américains, le président du Parlement Mohammad Ghalibaf, qui a affirmé être en contact direct et permanent avec les combattants à Ali Taher. Selon les partisans de cette tendance, cette déclaration est le signe incontestable de l’importance de cette colline pour les Iraniens eux-mêmes. Ghalibaf a voulu indiquer que ce lieu relève de la responsabilité iranienne et que l’attaquer de façon déterminante, dans le but de s’en emparer, aboutirait clairement à impliquer directement l’Iran pour le contrôle de cette colline. De quoi déclencher une nouvelle guerre généralisée dans la région, avec la participation des Américains.

La seconde tendance au sein du Hezbollah est, en apparence, à l’opposé de la première. Elle consiste à minimiser l’importance de la colline, en disant que ce sont les Israéliens qui l’amplifient en évoquant une base de commandement stratégique du Hezbollah qui y serait installée. Selon ces milieux, les Israéliens sont à la recherche d’une victoire symbolique qui permettrait à Benjamin Netanyahu et à son camp de gagner les prochaines législatives prévues le 27 octobre. La colline de Ali Taher surplombe effectivement le caza de Nabatiyé et domine l’accès à l’Iqlim el-Touffah. Mais elle n’est pas plus importante que la colline sur laquelle est édifié le château de Beaufort ou les hauteurs qui surplombent Wadi el-Houjeir.

Dans ce contexte, une question commence à se poser avec insistance : ce souci soudain d’une partie du Hezbollah de minimiser l’importance de la colline Ali Taher cacherait-il en réalité une conviction selon laquelle ce lieu est appelé à tomber entre les mains des Israéliens ? Les partisans de cette lecture arguent que ce serait pour cette raison que le parti commence à répandre des informations selon lesquelles Ali Taher n’a pas vraiment de poids déterminant dans le cours de la bataille.

Interrogé sur cette question, le Hezbollah répond de manière détournée. Pour lui, chaque pouce du territoire libanais est important, mais certains lieux sont plus symboliques que d’autres et prennent davantage d’ampleur dans les médias. La colline de Ali Taher fait partie de ces lieux et les deux tendances au sein du Hezbollah aboutissent à la même conclusion : les Israéliens veulent s’en emparer, mais en essayant de ne pas déclencher une grande guerre. Ils veulent donc Ali Taher pour plusieurs raisons : d’abord, cette colline est située en dehors de la ligne jaune que les Israéliens ont tracée au sud du Litani pour marquer le territoire libanais qu’ils occupent. C’est donc pour eux une façon indirecte de réclamer une liberté d’action au-delà de cette zone. De même, dans la perception du Hezbollah, au-delà du sud du Litani, la question du désarmement devient une affaire interne libanaise liée à l’adoption d’une stratégie de défense nationale. Or, en multipliant les attaques contre la colline Ali Taher, les Israéliens veulent confirmer que, pour eux, le désarmement du Hezbollah doit avoir lieu sur l’ensemble du territoire.

Toujours selon le Hezbollah, les Israéliens tentent de prendre le contrôle de ce site de deux manières. D’abord progressivement, en resserrant l’étau autour et même en inondant les ouvertures découvertes des tunnels de gaz pour asphyxier ceux qui s’y trouvent, en prélude à une avancée sur le terrain sans avoir à mener une grande bataille. Ensuite, les Israéliens cherchent à prendre le contrôle de cette zone par des négociations à Rome. Selon lui, les Américains ont proposé que l’armée prenne le contrôle de Ali Taher, qui deviendrait ainsi petit à petit plus accessible aux Israéliens. L’armée a émis des réserves précisément pour ne pas donner un avantage aux Israéliens, et les négociations en sont restées là.

Toutefois, les menaces iraniennes ont eu l’effet escompté, selon le Hezbollah, et les Américains ne veulent pas prendre le risque d’une reprise de la confrontation à grande échelle dans la région. De plus, la prise de Ali Taher par les Israéliens signifierait que la sécurité des habitants du nord d’Israël serait de nouveau compromise, ce qui pourrait avoir un impact décisif sur le cours des prochaines élections. Mais il reste un scénario que le Hezbollah n’évoque pas : celui d’un report des élections israéliennes. Pour l’instant, personne n’en parle clairement, mais l’idée commence à circuler discrètement.

La colline de Ali Taher reste au cœur de l’actualité. Cette hauteur stratégique convoitée par les Israéliens sera-t-elle l’étincelle d’une nouvelle guerre régionale ? Du côté du Hezbollah, les signaux sont contradictoires.Si les figures médiatisées de la formation refusent d’aborder clairement ce sujet, dans les cercles plus fermés, deux tendances se dégagent actuellement. La première tient à rappeler la récente déclaration du principal négociateur iranien auprès des Américains, le président du Parlement Mohammad Ghalibaf, qui a affirmé être en contact direct et permanent avec les combattants à Ali Taher. Selon les partisans de cette tendance, cette déclaration est le signe incontestable de l’importance de cette colline pour les Iraniens eux-mêmes. Ghalibaf a voulu indiquer que ce lieu relève de la...
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