Le président américain Donald Trump fait un signe du pouce avant de monter à bord d’Air Force One à l’aéroport international Cleveland Hopkins, dans l’Ohio, le 11 août 2026, pour regagner Washington. Photo Jim Watson/AFP
Un juge fédéral américain a rejeté jeudi une plainte de l'administration Trump contre l'université de Harvard, accusée d'avoir toléré des comportements antisémites lors de manifestations pro-palestiniennes sur son campus après le 7 octobre 2023. Le juge de Boston Richard Stearns a estimé que le gouvernement n'était pas parvenu à prouver que Harvard avait violé une disposition de la loi sur les droits civiques qui interdit la discrimination fondée sur la race, la nationalité et d'autres critères.
Depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Donald Trump a lancé une offensive contre les grandes universités américaines, qu'il accuse de laisser le champ libre aux mouvements de soutien aux Palestiniens face à l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, qu'il assimile à des manifestations antisémites.
Plus généralement, il reproche à ces universités d'être des foyers de contestation progressiste.
Dans sa plainte déposée en mars, l'administration Trump reprochait à Harvard d'avoir laissé se développer sur son campus « un climat propice aux comportements antisémites et anti-israéliens », accusation rejetée par l'université qui dénonçait une action de « représailles » à son encontre.
« Les enseignants et la direction de Harvard ont fermé les yeux sur l'antisémitisme et la discrimination envers les Juifs et les Israéliens », affirmait le ministère américain de la Justice, ajoutant: « Harvard a laissé des manifestants anti-Israël occuper ses bibliothèques. Harvard a laissé perdurer un campement anti-israélien pendant 20 jours en violation de la politique de l'université ».
Accédant à la demande de Harvard de rejeter cette action en justice, le juge a estimé que les incidents invoqués par l'administration Trump étaient « trop isolés et sporadiques » pour prouver une violation de la loi sur les droits civiques.
L'administration Trump a parallèlement entrepris de geler des milliards de dollars de financements destinés à la plus ancienne université des Etats-Unis, toujours en l'accusant de tolérer l'antisémitisme et de favoriser des positions libérales. En septembre dernier, un juge fédéral avait annulé cette mesure et ordonné la restitution des fonds.

