Des navires transitent par le détroit d’Ormuz au large de Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran, le 10 août 2026. Photo Atta Kenare/AFP
L'Iran a mis en garde jeudi contre une dégradation de l'environnement dans le détroit d'Ormuz après qu'une nappe de pétrole a atteint l'île de Qeshm, dans le sud du pays, et réclamé des indemnités pour les dommages causés. « Les premiers éléments indiquent qu'un vraquier étranger serait à l'origine » de la pollution, a déclaré sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Il a estimé que « toute partie tirant profit du transport maritime commercial via le détroit d'Ormuz avait une obligation, tant juridique que morale, de réparer les dommages environnementaux » infligés. Selon le site de suivi maritime TankerTrackers toutefois, « la marée noire semble provenir de l'attaque iranienne contre le vraquier Minoan Pioneer », perpétrée dans les eaux omanaises le 3 août. « La marée noire a ensuite dérivé à travers le détroit jusqu'en Iran », précise le site.
La responsable de l'Organisation iranienne de protection de l'environnement, Sheena Ansari, a également dénoncé jeudi sur X l'incident. « Ce n'est qu'un exemple de la vaste pollution qui a détruit l'écosystème marin de la région au cours des dernières décennies », a-t-elle écrit. « Qui est responsable de l'indemnisation des dommages ? Les pays qui consomment les exportations d'énergie de notre région ou les agresseurs qui ont fait de cette région une base pour des opérations militaires ? »
Selon Habib Masihi, chef du département de protection de l'environnement dans la province méridionale du Hormozgan, « la pollution dans le sud de l'île de Qeshm a été presque entièrement nettoyée mercredi soir ». Il a précisé que la zone côtière touchée s'étendait sur environ 32.000 mètres carrés et la zone aquatique concernée sur quelque 90.000 mètres carrés.
L'Iran contrôle le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par une offensive israélo-américaine le 28 février. Téhéran a depuis indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services, notamment la protection de l'environnement, aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région.

