Un homme agite un drapeau iranien devant un panneau d'affichage politique sur la place Valiasr, dans le centre de Téhéran, le 8 août 2026. (Photo : ATTA KENARE / AFP)
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a fortement révisé à la baisse, mercredi, ses prévisions de demande mondiale de pétrole pour cette année, l'offre restant contrainte par la fermeture du détroit d'Ormuz et les prix élevés dissuadant les acheteurs.
La demande devrait chuter de 1,6 million de barils par jour (mb/j), contre une baisse prévue d'un million de barils dans son précédent rapport mensuel de juillet. Les prix du brut demeurent nettement supérieurs à leurs niveaux d'avant les attaques américano-israéliennes contre l'Iran fin février, qui avaient déclenché une guerre ayant endommagé des infrastructures pétrolières dans plusieurs pays du Golfe. En réponse, Téhéran a également mis à l'arrêt de fait le trafic de pétroliers et de cargos dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole. « La fermeture persistante du détroit d'Ormuz et les prix élevés des carburants continuent de peser sur la consommation de pétrole », a indiqué l'AIE, dont le siège est à Paris.
Malgré un cessez-le-feu annoncé et des affirmations répétées quant à un accord imminent sur la réouverture du détroit — ce que l'agence a qualifié de « revirements diplomatiques soudains » — seule une poignée de navires sont autorisés à transiter, entraînant une forte volatilité des prix sur les marchés pétroliers mondiaux.
L'AIE a précisé que l'offre mondiale avait augmenté de 2,4 millions de barils par jour en juillet, pour atteindre 101,5 mb/j, un niveau toutefois inférieur de 6,3 mb/j à celui de l'an dernier. Mais « la reprise des hostilités et les perturbations maritimes survenues en juillet et début août ont compromis les efforts de reprise », a souligné l'agence. Elle prévoit désormais un recul moyen de l'offre mondiale de 4,3 mb/j sur l'ensemble de l'année, avant un redressement l'année prochaine.
Côté demande, l'AIE anticipe un retour à la croissance au quatrième trimestre de cette année.

