Le Palais de justice de Beyrouth. Photo d'archives Philippe Hage Boutros / L'Orient-Le Jour.
Le parquet près la Cour de cassation a répondu mercredi, dans un communiqué, aux accusations de mauvais traitements lancées la veille par la famille de Riad Salamé à l'encontre de l'administration judiciaire et des forces de sécurité concernant les conditions de détention de l'ancien gouverneur de la Banque du Liban (BDL), dans le cadre d'une plainte portant sur des transactions présumées douteuses durant son passage de 30 ans à la tête de l'institution.
Le parquet affirme qu'il « tient à réaffirmer que le détenu bénéficie de tous les moyens et équipements nécessaires à sa prise en charge médicale et à ses soins de santé, dans le souci de préserver la santé de toute personne détenue ». Il ajoute que « Riad Salamé fait l'objet d'un suivi médical permanent, 24 heures sur 24, comme en atteste son médecin personnel, qui se rend régulièrement sur son lieu de détention. Sa dernière visite remonte à hier soir », soit mardi soir.
Le communiqué précise que « le médecin de M. Salamé a remercié les autorités pour les soins médicaux et l'attention humaine dont bénéficie le détenu, contrairement aux informations erronées contenues dans le communiqué attribué à sa famille ».
Détenu dans un premier temps à la prison de Roumié sur ordre du procureur général près la Cour de cassation, Ahmad Rami el-Hajj, riad Salamé a été transféré lundi à l’hôpital gouvernemental de Dahr el-Bachek. Mardi sa famille a réitéré sa demande de transférer l’ancien gouverneur à l’hôpital de Bhannès pour des raisons de santé, assurant que, dans son lieu de détention actuel, il est « enchaîné et soumis à des actes d’humiliation » et que « sa vie est en danger ». Une haute source judiciaire contactée mardi par L’Orient-Le Jour avait démenti ces accusations.
Riad Salamé, qui nie ce qui lui est reproché, a été arrêté vendredi à l’hôpital de Bhannès. Il s’y était rendu après que le parquet de cassation, qui n’avait pu confirmer les raisons médicales invoquées pour justifier son absence à une audition, avait émis la veille un mandat de recherche contre lui.
La plainte déposée par l'actuel gouverneur de la BDL, Karim Souhaid, contre Riad Salamé et l'ancien PDG de Bank Audi, Samir Hanna, porte sur des placements de la banque centrale dans des sociétés, garantis par des actions de Bank Audi, qui auraient entraîné d'importantes pertes après que ces entités se sont révélées fictives ou en difficulté financière.
Le dossier de Riad Salamé, ainsi que celui de Samir Hanna, ont été transmis mardi au parquet d’appel de Beyrouth. Le procureur général près cette cour, Raja Hamouche, pourrait le recevoir mercredi ou, au plus tard, jeudi.


