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Politique - Conflit

Une carte israélienne qui annexe une partie du Liban-Sud supprimée par Israël sur X... mais pas sur Telegram

Une source libanaise officielle explique à « L'Orient-Le Jour » que le président Joseph Aoun a protesté auprès de Washington contre cette publication.

Une carte israélienne qui annexe une partie du Liban-Sud supprimée par Israël sur X... mais pas sur Telegram

Une carte du Proche-Orient publiée le 6 août 2026 par le compte X officiel du ministère israélien des Affaires étrangères montre une partie du Liban-Sud annexée par Israël. Photo Telegram/@StateofIsraelOfficial

Le ministère israélien des Affaires étrangères a publié le 6 août, sur son compte X, une carte sur laquelle le Liban est amputé d'une partie de son territoire dans le Sud, celle-ci apparaissant comme annexée au territoire israélien. Cette publication a rapidement suscité des protestations libanaises officielles auprès de Washington, avant d'être supprimée du réseau social par le ministère israélien au cours des dernières 24 heures. Toutefois, la même carte a été publiée dimanche sur le compte Telegram officiel de l'État hébreu, où elle était toujours visible lundi.

Le document en question est censé illustrer le niveau de malnutrition dans plusieurs pays de la région et étayer l’affirmation israélienne selon laquelle il n’y aurait pas de famine dans la bande de Gaza assiégée et majoritairement détruite par l'offensive israélienne lancée après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. « Une nouvelle étude commissionnée par l'Unicef montre que la situation alimentaire à Gaza--contrairement à toute propagande--est aujourd'hui mieux que celle de tous les pays arabes voisins, voire de certains pays européens », affirme Tel-Aviv dans le texte qui accompagne sa publication. L'étude en question affirme que « les crises liées à la sécurité alimentaire et à la nutrition infantile persistent à Gaza malgré des progrès encore fragiles », alors que l'Unicef confirmait pour la première fois une « famine » dans l'enclave palestinienne en août 2025.

La carte, elle, montre un Liban amputé d'une partie du sud de son territoire, visiblement annexée au Nord israélien, alors que l'armée israélienne occupe plus de 600km2 de territoire au Liban-Sud depuis la reprise de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars dernier, dans le sillage du conflit régional avec l'Iran.

« Ce qui s'est passé ne nous rassure pas »

Une source officielle libanaise a indiqué lundi à L'Orient-Le Jour que le président de la République, Joseph Aoun, avait « pris contact avec les Américains ainsi qu'avec d'autres parties » et « exercé des pressions concernant cette question », conduisant dans un premier temps à la suppression de la version anglaise de la publication contenant la carte. Celle-ci est restée visible pendant un temps sur le compte X arabophone du ministère israélien des Affaires étrangères, avant d'en être également retirée, ajoute la source précitée. « Ce qui s'est passé ne nous rassure pas et semble révéler les intentions » israéliennes, estime-t-elle. Contacté par L'OLJ, le ministère libanais des Affaires étrangères n’a pas répondu à nos sollicitations.

Selon le site libanais al-Modon, l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Hamadé, aurait de son côté pris contact avec le département d’État américain pour lui transmettre la position de Beyrouth et demander à Washington d’intervenir auprès d’Israël afin que la carte soit retirée.

La frontière entre le Liban et Israël apparaît sur la carte nettement plus au nord que la Ligne bleue, alors qu'Israël a imposé une « ligne jaune » pour délimiter la surface qu'elle occupe au Liban-Sud, sous l'appelation de « zone de sécurité ». Dans l’accord-cadre signé le 26 juin entre le Liban et Israël sous l'égide de Washington, Tel-Aviv affirme n’avoir « aucune ambition territoriale au Liban ». D'autres inexactitudes géographiques apparaissent sur cette même carte, comme l'absence de frontière commune entre la bande de Gaza et l'Égypte, ou des frontières approximatives dessinées autour de la Cisjordanie occupée, semblant être confondue avec le plateau syrien du Golan, occupé par Israël en 1967 puis annexé en 1981.

Le respect des frontières libanaises

Le Hezbollah a réagi dimanche à la carte israélienne, estimant qu'elle confirmait « sans équivoque la réalité des ambitions de l'ennemi israélien sur le Liban, son territoire, ses richesses et ses ressources, ambitions auxquelles il n'a pas renoncé et ne renoncera pas ». Pour le parti chiite, la participation d'Israël aux négociations directes avec les autorités libanaises « n'est qu'une tentative manifeste de gagner du temps et d'imposer de nouveaux faits accomplis sur le terrain ». Dans un communiqué particulièrement virulent à l'égard du pouvoir libanais, la milice l'a appelé à mettre fin aux négociations directes avec Israël et à agir sur les plans politique, diplomatique et juridique, réclamant notamment une réunion d'urgence du Conseil supérieur de défense et le dépôt d'une plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU.

La suppression de la carte sur X ne semble toutefois pas avoir clos le dossier pour Beyrouth. Selon al-Modon, les autorités libanaises souhaitent l’inscrire à l’ordre du jour du prochain cycle de négociations avec Israël, qui risque toutefois de ne pas se tenir, le Liban ayant menacé récemment de suspendre les négociations directes avec l'État hébreu. Beyrouth chercherait notamment à obtenir de la partie israélienne une position claire et sans ambiguïté sur le respect des frontières internationales du Liban. La question est d’autant plus sensible que l’armée israélienne poursuit ses opérations de démolition et de travaux de terrassement au Liban-Sud malgré le cessez-le-feu entré en vigueur à la mi-juin avec le Hezbollah.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a publié le 6 août, sur son compte X, une carte sur laquelle le Liban est amputé d'une partie de son territoire dans le Sud, celle-ci apparaissant comme annexée au territoire israélien. Cette publication a rapidement suscité des protestations libanaises officielles auprès de Washington, avant d'être supprimée du réseau social par le ministère israélien au cours des dernières 24 heures. Toutefois, la même carte a été publiée dimanche sur le compte Telegram officiel de l'État hébreu, où elle était toujours visible lundi.Le document en question est censé illustrer le niveau de malnutrition dans plusieurs pays de la région et étayer l’affirmation israélienne selon laquelle il n’y aurait pas de famine dans la bande de Gaza assiégée et majoritairement...
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