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Politique - Rencontre

Tony Frangié : Face aux turbulences dans la région, l’unité des Libanais est primordiale


Tony Frangié : Face aux turbulences dans la région, l’unité des Libanais est primordiale

Le conseil de l'ordre des rédacteurs reçu par Tony Frangié. Photo fournie. par l'ordre

Dans le cadre de la campagne qu’il mène contre certains points du projet de loi sur l’information – qui devrait figurer à l’ordre du jour de la prochaine séance plénière du Parlement –, le conseil de l’ordre des rédacteurs a rencontré le député Tony Frangié. Il lui a ainsi expliqué son opposition aux dispositions du projet qui considèrent que les infractions commises par les journalistes sont des crimes. Ce qui permet de les poursuivre devant les tribunaux pénaux, alors que, depuis des années, l’autorité judiciaire compétente pour juger les journalistes, c’est le tribunal des imprimés.

Frangié a promis d’étudier ces revendications, avant de suggérer qu’il pourrait réclamer un report du vote de ce projet de loi sensible pour ouvrir la voie à un examen plus approfondi, surtout en cette période de division et de tension interne, mais il pense aussi qu’il faut quand même une nouvelle loi sur l’information, tant ce secteur est important et évolue rapidement en raison des développements technologiques.

Tony Frangié a ainsi précisé que la priorité actuelle pour lui, c’est de préserver l’unité interne du pays, en cette période de turbulences régionales, voire de grands changements. Selon lui, les Libanais ne devraient pas se faire beaucoup d’illusions, le processus déclenché à Washington, aussi louable soit-il, reste tributaire des développements entre l’Iran et les États-Unis.

À cet égard, Frangié estime que trois scénarios sont possibles : soit le statu quo actuel se prolonge entre les États-Unis et l’Iran, laissant pratiquement la région en suspens, avec des périodes de tension aiguës et d’autres plus calmes, jusqu’à ce que les rapports de force changent d’une façon ou d’une autre ; soit le régime iranien chute, hypothèse qu’il estime très loin de la réalité ; soit les États-Unis changent de politique. Le dernier scénario, c’est la conclusion d’un accord entre l’Iran et les États-Unis. Pour lui, c’est le scénario idéal, car il épargnerait à la région un regain de violence. Mais nul ne saurait affirmer qu’il est le plus probable car, pour l’instant, la crise de confiance entre les deux parties est profonde et chacune cherche encore à duper l’autre. Le second, c’est celui d’un vainqueur et d’un vaincu rapidement. Là aussi, le scénario semble difficile à réaliser en raison des rapports de force actuels. Le Liban ne peut en tout cas qu’être affecté par un tel résultat qu’elle que soit l’identité du vainqueur et celle du vaincu. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est convaincu que le plus important aujourd’hui, c’est de privilégier l’unité interne.

Au Liban, il y a aussi, selon Frangié, un facteur particulier, qui s’ajoute aux deux autres et qui est déterminant. Il est représenté par Israël. Il rappelle, à ce sujet, que lui et la plupart des Libanais ne sont pas avec la guerre, mais la question qui se pose reste la suivante : les Israéliens veulent-ils réellement la paix ? Tout leur comportement au Sud montre qu’ils ne la veulent pas et qu’ils veulent en réalité changer la géographie physique et humaine des localités du Sud. Plus même, selon lui, les Israéliens veulent à tout prix pousser les Libanais vers un conflit interne interminable qui aboutirait à l’affaiblissement de toutes les composantes internes et à un déchirement interne durable. C’est pour cette raison qu’ils multiplient les destructions systématiques et les bombardements au phosphore pour éliminer toute forme de vie dans les localités du Sud, pour pousser, entre autres choses, les habitants du Sud à l’exode et, dans la foulée, à entrer en conflit avec leurs compatriotes. Tony Frangié ne cache pas qu’il était opposé au front de soutien ouvert le 8 octobre 2023 par le Hezbollah en solidarité avec Gaza, mais cela ne l’empêche pas aujourd’hui de prôner l’unité et le rapprochement entre les Libanais. Selon lui, il est temps de chercher les points communs entre les Libanais et de construire un nouveau nationalisme basé sur le respect des différences, mais aussi sur la nécessité de préserver le Liban dans ses frontières et dans sa diversité. Car, pour Tony Frangié, ce qui se passe actuellement dans la région, et même dans le monde, est beaucoup trop grave et va aboutir, à un certain moment, à des changements importants dans les alliances, dans les équilibres et peut-être dans la géographie des pays. C’est pourquoi, si les Libanais ne s’attachent pas à leur terre et à leur pays ainsi qu’à la composition du Liban, nul ne cherchera à les préserver à leur place.

Certains pourraient lui reprocher d’amplifier l’importance des faits, rejoignant ainsi les thèses « complotistes »... Il répond qu’il ne demande pas mieux que de se tromper, mais sa lecture des faits lui montre que le monde se trouve face à une étape cruciale qui sera déterminante pour les prochaines années. Le processus qui a commencé avec le conflit entre les États-Unis et l’Iran ne peut pas se terminer sans laisser de traces au niveau de l’ensemble de la région... Il aurait d’ailleurs aimé que ces sujets soient discutés en profondeur dans les talk shows ou dans le cadre de débats ouverts, loin des petits intérêts politiques et loin du populisme, mais apparemment l’actualité et les problèmes du quotidien semblent toujours plus pressants...


Dans le cadre de la campagne qu’il mène contre certains points du projet de loi sur l’information – qui devrait figurer à l’ordre du jour de la prochaine séance plénière du Parlement –, le conseil de l’ordre des rédacteurs a rencontré le député Tony Frangié. Il lui a ainsi expliqué son opposition aux dispositions du projet qui considèrent que les infractions commises par les journalistes sont des crimes. Ce qui permet de les poursuivre devant les tribunaux pénaux, alors que, depuis des années, l’autorité judiciaire compétente pour juger les journalistes, c’est le tribunal des imprimés.Frangié a promis d’étudier ces revendications, avant de suggérer qu’il pourrait réclamer un report du vote de ce projet de loi sensible pour ouvrir la voie à un examen plus approfondi, surtout en cette période de...
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