Cinquante-sept concerts. Oui, cinquante-sept. À l’été 2018, on râlait parce qu’il fallait choisir entre deux festivals, trois têtes d’affiche et un concert de jazz le même soir. Quel luxe. Le bilan rappelait même qu’en 2016, on avait franchi la barre des 90 concerts. Une autre époque. Entre-temps, il y a eu la révolution, l’effondrement économique, la pandémie, l’explosion du port, les guerres à répétition, les bombardements, les coupures d’électricité, les annulations de festivals... et les valises de tant d’artistes qui ont fini par partir. Malgré tout cela, la scène culturelle n’a jamais complètement baissé le rideau. Elle s’est rétrécie, certes. Elle s’est réinventée, surtout. En cet été où la guerre s’incruste une fois de plus, la culture refuse de lui laisser tout l’espace. Elle s’accroche aux galeries avec Hady Sy et Tarek Haddad, fait une halte sous un pin méditerranéen au Musée national et termine son parcours dans les caves d’IXSIR, où le chant sacré et le tango rappelleront que certaines vibrations résistent à tout. La culture libanaise a peut-être perdu en volume. Elle n’a certainement pas perdu son obstination.
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