Un employé emballe des marchandises dans l'entrepôt de Tokopedia, la plateforme de commerce électronique de Goto, à Jakarta, en Indonésie, le 31 août 2022. Photo Ajeng Dinar Ulfiana / Reuters
L’utilisation d’agents d’intelligence artificielle pour effectuer des achats en ligne - on parle de « commerce agentique » - pourrait accroître les risques d’escroquerie, de fraude et de violation de la confidentialité des données, ont averti mardi plusieurs banques britanniques (NatWest Group), américaines (Bank of America et Capital One), néerlandaise (ING Group), néo-zélandaise (ASB Bank) et australienne (Commonwealth Bank of Australia), en présentant une série de principes pour encadrer le développement de cette technologie.
Des entreprises technologiques comme OpenAI, Anthropic, Google et Meta promeuvent de plus en plus leurs chatbots d’IA comme des outils d’achat, imaginant un avenir dans lequel les consommateurs utiliseraient des agents d’IA pour sélectionner des produits et effectuer des achats en leur nom. De leur côté, les commerçants se livrent une course pour influencer les recommandations des chatbots. Le distributeur britannique John Lewis a indiqué en septembre que les recherches provenant d’agents d’IA étaient passées de 0,3 % à 2,5 % en un an, une tendance qui s’accélère.
Le groupe de banques a aussi indiqué dans un document d’orientation que les clients étaient enthousiastes quant au potentiel du commerce agentique et désireux de pouvoir l’utiliser. Elles ont toutefois averti que cette technologie progressait plus rapidement que les normes du secteur et les dispositifs de protection des consommateurs.
« Les consommateurs ne savent pas clairement si l’IA agira dans leur intérêt », souligne le document de 13 pages accessibles via un portail sur le dite de NatWest Group. « Ils craignent que les agents d’IA n’achètent le mauvais produit ou ne dépensent trop – ou, pire encore, qu’ils ne leur fassent perdre leur argent à cause d’escroqueries ou de fraudes. Ils ne savent pas s’ils seront protégés ni vers qui se tourner en cas de problème », pouvait-on lire aussi.
Le document d’orientation met notamment en avant le risque que des agents d’IA demandent aux clients les données de leur carte bancaire et les saisissent directement sur des sites internet, ou qu’ils orientent les utilisateurs vers des moyens de paiement offrant une protection moindre.
Les banques prévoient de discuter avec les responsables politiques d’une série de propositions, notamment l’obligation d’indiquer lorsqu’un agent d’IA intervient dans une transaction, une plus grande transparence sur la manière dont les agents d’IA prennent leurs décisions, ainsi que des mesures de protection des données des clients.
Les consommateurs et les commerçants devraient également être libres de choisir les services de commerce en ligne alimentés par l’IA qu’ils souhaitent utiliser, tandis que les différents systèmes devraient pouvoir être interopérables, estiment les banques.
Selon un rapport de McKinsey publié en octobre 2025, les agents d’IA pourraient intermédier entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars de commerce mondial de biens de consommation d’ici à 2030.
