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Technologies - Repère

Des appels d’Obama aux manifs « Stop the AI race », l’inquiétude s'accentue face aux risques de l’IA

Les préoccupations des grands acteurs de l’intelligence artificielle aux États-Unis et celles de la Chine suivent des trajectoires de plus en plus divergentes.

Des appels d’Obama aux manifs « Stop the AI race », l’inquiétude s'accentue face aux risques de l’IA

Des manifestants lors d’une manifestation « Stop the AI Race », appelant à ralentir le développement des systèmes d’intelligence artificielle avancés, à San Francisco, en Californie, le 17 septembre 2026. Photo Karl MONDON / AFP

Obama met en garde et appelle les démocrates à s'attaquer à l'IA

Alors qu’un nombre croissant de parlementaires américains réclament un durcissement des règles encadrant les systèmes d’intelligence artificielle, après les avertissements alarmants de deux chercheurs d’Anthropic selon lesquels les progrès rapides du secteur pourraient mettre en péril la survie de l’humanité, l’ancien président américain Barack Obama est monté au créneau pour dénoncer les dangers de l'IA si elle n’était pas correctement encadrée, a rapporté le New York Times,

L’ancien président américain, qui partage désormais son temps entre la politique, les activités de sa fondation et la production de documentaires, a appelé les démocrates au cours d’une soirée privée de levée de fonds le 10 septembre, à définir des orientations en matière de politiques publiques et de gouvernance pour s’attaquer à cette question. Il a aussi encouragé le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, à contribuer à façonner le débat public sur les politiques liées à l’IA si les démocrates reprenaient le contrôle de la Chambre après les élections de mi-mandat du 3 novembre.

Donald Trump qualifie de « canular » le débat sur les risques de l’IA

Donald Trump s’est, lui, régulièrement dit opposé à toute mesure ralentissant le développement de l’intelligence artificielle aux États-Unis, qu’il s’agisse de la sortie des modèles ou de la construction des centres de données. Il a qualifié lundi de « canular » l’affirmation selon laquelle l’IA pourrait détruire l’humanité, après que la Bourse de New York ainsi que d’autres places boursières dans le monde ont piqué du nez, minées par des inquiétudes alimentées par les patrons de l’IA. OpenAI et Grok avaient rallié quant à eux l’appel d’Anthropic.

Dans le sillage de la sortie du patron de cette compagnie, Dario Amodei, Microsoft a publié un code de conduite pour le développement de son intelligence artificielle, visant à créer une IA qui reste contrôlée par les humains et leur bénéficie, sur fond de craintes de dérives de cette technologie. Ce document « est motivé par un seul objectif prépondérant », explique le groupe de Redmond (État de Washington), à savoir « que les humains conservent un contrôle significatif sur l’IA afin d’aider les gens à mener une vie meilleure, plus joyeuse et plus productive ».

Le lendemain, OpenAI a confirmé travailler avec Anthropic et Google DeepMind à l’élaboration de normes communes de sécurité pour l’IA, notamment autour de la création possible d’un organisme chargé de tester les modèles les plus puissants avant leur mise à disposition du public.

L’ONU et l’UE appellent à faire du contrôle de l’IA une priorité

Ailleurs dans le monde, la question est aussi de plus en plus prise au sérieux. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a jugé « indispensable » une « coordination mondiale » sur l’IA, faisant écho aux appels à mieux réguler le secteur. « Les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités. La première responsabilité de tout gouvernement est de protéger ses citoyens, y compris contre les menaces liées à l'intelligence artificielle », a déclaré le chef de l’ONU au cours d’une conférence de presse.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé pour sa part que le changement climatique et l’IA représentent les « points de bascule de notre époque », dans son discours de rentrée au Parlement européen à Strasbourg.

Le patron du groupe français de défense et de technologie Thales avait lui aussi appelé les gouvernements à prendre leurs responsabilités en matière de régulation de l’IA. « Il existe des moyens, sur le plan technique, de mettre ce type de technologie sous contrôle, mais cela ne suffit pas », a déclaré le président-directeur général de l’entreprise, Patrice Caine, au cours d’une conférence technologique du groupe à Londres. « Nous avons besoin de cadres, et cela relève clairement, en termes de responsabilité, des gouvernements », a-t-il ajouté, rappelant que Thales menait des recherches sur l’intelligence artificielle depuis plusieurs décennies.

Huawei juge l’IA chinoise pas encore assez puissante

En Chine, où la prise de conscience sur les dangers de l’IA fait son petiti bonhomme de chemin dans les institutions depuis au moins deux ans, Eric Xu, de Huawei, a déclaré que les développeurs chinois n’étaient peut-être pas encore suffisamment avancés pour être confrontés aux risques en matière de sécurité signalés par les principales entreprises américaines. Il a estimé qu’ils devraient continuer de développer des modèles toujours plus puissants, tout en trouvant un équilibre entre innovation et gestion des risques.

« Si l’on regarde les principaux fournisseurs de modèles d’IA aux États-Unis, ils disposent d’une puissance de calcul considérable. Peut-être sont-ils les seuls à savoir où ils se situent réellement en termes de niveau de leurs modèles », a déclaré aux journalistes Xu, président tournant de Huawei, pendant la conférence annuelle Connect du groupe, à Shanghai. « Il est possible que le type de risques liés à l’intelligence artificielle qu’ils peuvent ressentir, qu’ils peuvent percevoir, soit quelque chose que les acteurs chinois ou les fournisseurs de modèles d’IA chinois ne sont pas en mesure de percevoir. »

Dans un article publié dernièrement, le chef du renseignement chinois a estimé que cette technologie était de nature à menacer la sécurité nationale, des puissances étrangères pouvant l'utiliser pour déstabiliser le pays.

Des « forces hostiles » exploitent les technologies d’IA générative pour « fabriquer des rumeurs en matière de politique et diffuser des informations nuisibles », a écrit de son côté le ministre de la Sécurité d’État, Chen Yixin. « Ils mènent contre nous des guerres d’opinion publique et des guerres cognitives, menaçant directement notre sécurité politique, notre sécurité institutionnelle et notre sécurité idéologique », souligne-t-il.

Ces propos interviennent à quelques jours d’une rencontre prévue entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump à Washington. La gouvernance de l’IA devrait être à l’ordre du jour, sur fond d’appels croissants à un encadrement de cette technologie. En parallèle, Xi Jinping a annoncé que la Chine pilotera la création d’une « zone d’IA à code source ouvert » (open source) pour les onze pays membres des BRICS.

Petite manifestation « Stop the AI Race » à San Francisco

Face à ces développements, la mobilisation du grand public reste encore relativement limitée, à l’exception de certains groupes militants qui se mobilisent. L’essentiel de la contestation populaire aux États-Unis se focalise pour l’instant sur la création de centres de données gourmands en eau et en énergie dans les régions où ils sont implantés.

C’est le cas du groupe américain « Stop the AI race », qui a appelé à ralentir le développement des systèmes d’IA avancés et organisé une nouvelle manifestation jeudi à San Francisco. Le parcours a conduit les manifestants devant les quartiers généraux d’OpenAI, puis d’Anthropic, avant de se diriger vers le City Hall. La mobilisation n’a rassemblé que quelques dizaines de personnes, qui ont défilé dans les rues de la ville.

Sur son site internet, le groupe à l’origine du mouvement revendique plusieurs manifestations depuis 2025, dont une mobilisation en septembre 2025 devant Google DeepMind pour réclamer une pause coordonnée dans le développement de l’intelligence artificielle, une autre en mars dernier devant Anthropic, OpenAI et xAI, ainsi que des rassemblements quotidiens devant OpenAI depuis le 22 juillet.

Obama met en garde et appelle les démocrates à s'attaquer à l'IAAlors qu’un nombre croissant de parlementaires américains réclament un durcissement des règles encadrant les systèmes d’intelligence artificielle, après les avertissements alarmants de deux chercheurs d’Anthropic selon lesquels les progrès rapides du secteur pourraient mettre en péril la survie de l’humanité, l’ancien président américain Barack Obama est monté au créneau pour dénoncer les dangers de l'IA si elle n’était pas correctement encadrée, a rapporté le New York Times,L’ancien président américain, qui partage désormais son temps entre la politique, les activités de sa fondation et la production de documentaires, a appelé les démocrates au cours d’une soirée privée de levée de fonds le 10 septembre, à définir...
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