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Société - Guerre Au Liban

HRW accuse le Hezbollah d’utiliser des bombes à sous-munitions, et dénonce l’usage par Israël de phosphore blanc

Le parti-milice a nié « posséder » de telles munitions interdites, que l'armée israélienne est accusée d'avoir utilisées au Liban-Sud.

HRW accuse le Hezbollah d’utiliser des bombes à sous-munitions, et dénonce l’usage par Israël de phosphore blanc

De la fumée s'élève du site d'une explosion contrôlée par Israël dans la région de Mansouri, le 8 septembre 2026. Photo Kawnat HAJU / AFP

L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a accusé mercredi le Hezbollah d’avoir utilisé des bombes à sous-munitions lors de deux attaques contre la ville de Metoula, dans le nord d’Israël, les 4 et 15 mars derniers, au cours des deux premières semaines de la reprise de la guerre ouverte entre le parti-milice chiite et Israël. Aucun civil n’aurait été blessé dans ces attaques, selon l’organisation.

Les bombes à sous-munitions sont interdites par la Convention sur les armes à sous-munitions, adoptée à Oslo en mai 2008, en raison notamment de leur caractère non discriminatoire. Ces armes dispersent un grand nombre de petites charges explosives sur une zone étendue. Certaines peuvent ne pas exploser à l’impact et rester dangereuses pendant des années, voire des décennies, rappelle HRW. L'armée israélienne était pour le moment accusée d'utiliser ces armes, abondamment lors de la guerre de 2006, et sporadiquement en 2024 et 2026.

« Les bombes à sous-munitions ne devraient être utilisées en aucune circonstance, et leur emploi pourrait constituer un crime de guerre, rappelle Patrick Thompson, chercheur à HRW. Non seulement elles sont par nature aveugles, mais les sous-munitions non explosées peuvent tuer et blesser des civils longtemps après la fin des hostilités ».

Dans un autre rapport publié le même jour, HRW a par par ailleurs dénoncé l’utilisation de phosphore blanc par les forces israéliennes au Liban-Sud et appelé à « renforcer le droit international » encadrant ces armes.

Le Hezbollah nie « posséder de telles munitions »

Avant de publier le rapport, des chercheurs de HRW se sont rendus en mai à Metoula, où ils ont analysé les zones d’impact et interrogé quatre témoins, selon l’organisation. HRW rappelle que le Hezbollah avait revendiqué sur les réseaux sociaux des attaques contre Metoula les 4 et 15 mars. Interrogé par l’organisation, le parti chiite a toutefois nié avoir « utilisé ou même possédé de telles munitions ».

Dans le détail, l'attaque du 4 mars aurait touché une rue résidentielle dans le sud de la ville. Un habitant interrogé par l'organisation indique que ses deux voitures ont été détruites, douze fenêtres brisées et deux conduites d’eau sectionnées. Selon lui, l'armée israélienne aurait recensé une « cinquantaine de cratères ». Bien que la route ait été largement remise en état au moment de la visite de HRW, celle-ci a identifié « sept cratères compatibles » avec des impacts de sous-munitions, en raison notamment de leur petite taille et de leur répartition. Le même jour, un porte-parole de la police israélienne avait annoncé depuis Metoula qu’une munition à fragmentation avait atteint « le nord du pays », sans préciser le lieu. Il avait également publié une photographie montrant ce qui semblait être une sous-munition BRB1 non explosée, selon HRW.

Le 15 mars, « plusieurs explosions quasi simultanées » ont été signalées « près de l’entrée » de la ville, selon une habitante citée par HRW, qui souligne que l'armée avait « demandé aux habitants de rester chez eux pendant 24 heures, le temps du déminage ». HRW dit avoir identifié un cratère compatible avec l’impact d’une sous-munition et géolocalisé une vidéo montrant une trentaine de petites explosions dans cette zone. Aucun blessé civil ni dégât majeur aux infrastructures n’avait été signalé.

Bien que le Liban soit un État partie de la Convention de 2008, le traité n'engage pas formellement le Hezbollah en tant que groupe armé non étatique, rapporte HRW. Toutefois, le parti-milice est « soumis au droit international humanitaire et à l’obligation de distinguer les civils des objectifs militaires », rappelle l'organisation. « L’utilisation de munitions à fragmentation dans des zones civiles constitue une violation flagrante du droit international a déclaré M. Thompson. Le Hezbollah et toutes les parties au conflit doivent respecter les lois de la guerre ».

Dans un second rapport publié mercredi, HRW et la Clinique internationale des droits humains de la Harvard Law School dénoncent également « l’utilisation récente de phosphore blanc par les forces israéliennes au Liban » et appellent à renforcer le droit international encadrant ces armes.

Intitulé Uncontrolled Burn: The Inhumane Effects of White Phosphorus Munitions and the Need for Stronger Law, le rapport de 45 pages recense 23 incidents vérifiés d’utilisation de phosphore blanc par Israël dans le sud du Liban entre mars et mai 2026. Il s’appuie notamment sur une analyse juridique, des recherches en sources ouvertes et seize entretiens, selon HRW. « Les munitions au phosphore blanc peuvent provoquer des brûlures atroces et entraîner des dommages physiques, psychologiques et socio-économiques durables », a alerté Bonnie Docherty, conseillère principale en matière d’armement à HRW. Elle a appelé les États à condamner leur utilisation et à veiller à ce que le droit international prenne en compte « les coûts humains inacceptables de ces armes ».

Lorsqu’il est utilisé au-dessus de zones peuplées, le phosphore blanc peut avoir des « effets indiscriminés » et représenter un « danger durable pour les civils », rappelle le rapport. Pourtant, ces munitions ne sont pas spécifiquement couvertes par le Protocole III de 1980 de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC), car celui-ci concerne les armes « principalement conçues » pour provoquer des incendies et brûler des personnes. Le phosphore blanc est officiellement conçu essentiellement pour obscurcir ou éclairer les opérations militaires.

HRW et la Clinique de Harvard invoquent aussi la clause de Martens, qui prévoit qu’en l’absence de traité spécifique, les civils et combattants restent protégés par les principes d’humanité et les exigences de la conscience publique. Le phosphore blanc peut « brûler les tissus jusqu’à l’os et les particules restant dans une plaie peuvent se rallumer au contact de l’oxygène ». Ces blessures, particulièrement graves et difficiles à traiter, sont jugées « incompatibles avec les principes d’humanité » par les organisations.

« Des diplomates, des médecins, des enquêteurs de l’ONU et d’autres personnes ont exprimé leur indignation face aux blessures cruelles provoquées par les munitions au phosphore blanc, a déclaré Bonnie Docherty. Les États ont adopté des traités interdisant les gaz toxiques et les lasers aveuglants parce qu’ils étaient inhumains et contraires à la conscience publique. Ils devraient faire de même pour les munitions au phosphore blanc ».

La question est notamment discutée dans le cadre de la CCAC, dont les décisions nécessitent un consensus. La Russie et d’autres États opposés à un renforcement du droit international ont bloqué certaines propositions visant à approfondir les discussions sur les conséquences humanitaires des armes incendiaires, affirme le rapport.

Les États favorables à une réglementation renforcée devraient également soulever la question lors de la Conférence d’examen de la CCAC, prévue du 16 au 20 novembre à Genève. « L’objectif ultime devrait être l’adoption d’un droit international solide qui comble les lacunes juridiques actuelles et stigmatise l’utilisation des munitions au phosphore blanc », a conclu Mme Docherty. « Une interdiction complète de la production, du transfert et de l’utilisation de ces armes aurait les plus grands bénéfices sur le plan humanitaire ».

L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a accusé mercredi le Hezbollah d’avoir utilisé des bombes à sous-munitions lors de deux attaques contre la ville de Metoula, dans le nord d’Israël, les 4 et 15 mars derniers, au cours des deux premières semaines de la reprise de la guerre ouverte entre le parti-milice chiite et Israël. Aucun civil n’aurait été blessé dans ces attaques, selon l’organisation.Les bombes à sous-munitions sont interdites par la Convention sur les armes à sous-munitions, adoptée à Oslo en mai 2008, en raison notamment de leur caractère non discriminatoire. Ces armes dispersent un grand nombre de petites charges explosives sur une zone étendue. Certaines peuvent ne pas exploser à l’impact et rester dangereuses pendant des années, voire des décennies, rappelle HRW. L'armée...
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