Cette semaine, le cinéma déborde largement des salles obscures. Il suffit d’ouvrir les pages Culture pour s’en rendre compte. Le Metropolis fête ses vingt ans. Vingt ans à nous donner rendez-vous dans le noir. Ici, l’expression prête forcément à sourire. Mais il y a une différence entre subir l’obscurité et la choisir. Depuis deux décennies, c’est dans cette salle que l’on apprend à regarder le monde autrement. Et le film continue bien après la projection… À Amsterdam, sept artistes libanais rappellent qu’un pays continue d’exister tant qu’il crée. À Londres, des acteurs de renommée internationale prêtent leurs voix à des textes écrits par des Libanais. Les histoires, elles, voyagent parfois plus facilement que leurs auteurs. Pendant ce temps, à Paris, Carla Antoun se glisse dans la peau de Frida Kahlo avant de réinventer le taboulé… sans semoule. Voilà qui risque de provoquer davantage de débats que bien des sujets autrement plus sérieux. Puis la caméra recule. Sous les immeubles d’Achrafieh, une nécropole romaine ressurgit. Plus au sud, les citadelles croisées tiennent debout tant bien que mal. Face au temps, bien sûr. Face à la folie meurtrière des hommes, surtout. Une épreuve autrement plus difficile. Et parce qu’aucun film n’est complet sans musique, Zaki Nassif accompagne cette semaine de sa voix familière. Il réussit toujours ce tour de force devenu presque irréaliste : faire fredonner les mêmes chansons à des Libanais qui ont souvent du mal à partager le même récit. Au fond, le Metropolis ne fête pas seulement un anniversaire. Il nous rappelle qu’un cinéma n’est jamais seulement un lieu où l’on regarde des films. C’est un endroit où l’on continue, envers et contre tout, à croire aux histoires. Et au Liban, malgré tous ceux qui annoncent le mot « fin » avant même le générique, il reste toujours quelqu’un pour reprendre la caméra.
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