La cheffe d'extrême droite française Marine Le Pen, députée du Rassemblement national (RN), pose avant une interview au journal télévisé de TF1, à Boulogne-Billancourt, près de Paris, après le verdict rendu en appel dans l’affaire des détournements de fonds européens, le 7 juillet 2026. Photo Christian Hartmann/POOL/AFP
La cheffe de file de l'extrême droite française, Marine Le Pen, a annoncé mardi soir sur TF1 sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, malgré sa condamnation pour détournement de fonds, contre laquelle elle entend se pourvoir en cassation pour « suspendre les effets » de cette décision et ainsi « faire campagne sans bracelet électronique ».
Se disant « innocente », elle a annoncé qu'elle allait se pourvoir en cassation, un recours devant la plus haute juridiction française qui « suspend les effets de l'arrêt » de la cour d'appel de Paris mardi, lors d'une interview. « Je ferai donc campagne sans bracelet électronique », a ajouté la favorite des sondages, qui mènera donc sa quatrième campagne présidentielle. Elle a accédé au deuxième tour lors des deux derniers scrutins de 2017 et 2022, battue à chaque fois par Emmanuel Macron qui ne peut se présenter à un troisième mandat.
« Il n'y a plus de scénario où je ne pourrais pas me présenter », a-t-elle encore dit, assurant qu'elle « ne changerai(t) pas d'avis » en dépit du risque de voir sa peine confirmée d'ici quelques mois, car elle entend utiliser « les voies de recours » qui lui sont offertes « pour pouvoir défendre (son) innocence ». Elle a ajouté qu'elle formerait « un ticket gagnant » avec Jordan Bardella, le président du RN qui faisait figure de « plan B » du parti d'extrême droite en cas de non-candidature de Mme Le Pen. Le trentenaire sera son Premier ministre en cas de victoire l'année prochaine.
Marine Le Pen a été condamnée plus tôt dans la journée en appel à 15 mois ferme d'inéligibilité, une condamnation pour détournement de fonds européens qui lui permet d'être candidate à la présidentielle de 2027. Mais le tribunal l'a aussi condamnée à trois ans de prison, dont un sous bracelet électronique, un cas de figure qu'elle estimait récemment incompatible avec une candidature. « Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements, et ça n'est pas le cas si vous êtes porteur d'un bracelet électronique », avait-elle déclaré mercredi sur la chaîne LCI. La décision de la cour d'appel de Paris était attendue par toute la classe politique française, car profondément structurante pour l'élection du chef de l'Etat qui succèdera à Emmanuel Macron au printemps 2027.
Elle a par ailleurs affirmé sur le plateau de TF1 qu'elle formerait « un ticket gagnant » avec Jordan Bardella lors de la campagne de la présidentielle de 2027 et confirmé qu'elle nommerait Premier ministre le président du RN si elle remportait l'élection l'an prochain. « Je pense que ce couple politique que nous formons peut vraiment changer les choses » a-t-elle affirmé promettant qu'allait démarrer « très rapidement » avec Jordan Bardella la campagne présidentielle.
Marine Le Pen, 57 ans, a déjà réussi à se hisser deux fois au deuxième tour des trois dernières élections présidentielles (2017 et 2022). Les scores de son parti, le Rassemblement national, progressent depuis des années et l'extrême droite est en tête dans les sondages.
« Tous les scénarios »
La cour d'appel de Paris a indiqué en préambule de la lecture de la décision que, si les faits reprochés sont « graves », les peines d'inéligibilité prononcées ont été « pondérées par « la liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs », « condition de l'expression démocratique ». Si les juges en appel lui avaient infligé plus de deux ans d'inélégibilité, il lui aurait été impossible de se présenter.
Le 31 mars 2025, Marine le Pen avait été reconnue coupable d'avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un « système » pour payer avec de l'argent du Parlement européen des salariés du Front national (l'ancien nom du parti), qui traversait alors des difficultés financières.
Elle avait été condamnée à quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme, 100.000 euros d'amende et surtout une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate, brisant son élan vers la présidentielle. Elle avait dénoncé une décision « politique » des juges et une « chasse aux sorcières ».
« Nous irons jusqu'à la victoire »
Après ses échecs au second tour en 2017 et 2022 contre Emmanuel Macron (et au premier tour en 2012), la fille de Jean-Marie Le Pen - figure historique de l'extrême droite française et fondateur du Front national (devenu Rassemblement national en 2018) - a le vent en poupe pour le scrutin de l'année prochaine, couronnement d'années de « dédiabolisation » du parti.
Les sondages la donnent en tête du premier tour, prévu le 18 avril. Fin mai, un institut l'annonçait même gagnante au second tour, le 2 mai, quel que soit l'adversaire. Quelle que soit la décision, « nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu'au bout, jusqu'à la victoire », a-t-elle lancé samedi, aux côtés de Jordan Bardella, dans son fief électoral du nord de la France.



Une nouvelle preuve que la corruption au sein des politiques et de l’administration publique existaient déjà depuis la période du mandat
23 h 01, le 07 juillet 2026