Poignée de main à Damas entre l'émissaire américain en Syrie, Tom Barrack (g.), et le président syrien Ahmad el-Chareh, le 18 janvier 2026. Photo Handout / Syrian Presidency Telegram Page / AFP
Tom Barrack, qui n'en était pas à sa première déclaration polémique depuis qu'il est émissaire spécial américain en Syrie et ambassadeur en Turquie, est revenu dimanche soir sur des propos qu'il avait tenus vendredi au sujet de l'occupation israélienne du plateau du Golan et l'inclusion éventuelle de l'Iran et du Hezbollah aux négociations entre Israël et le Liban.
Les affirmations de M. Barrack au cours d'un entretien avec l'influenceur libano-australien Mario Nawfal, avaient provoqué des critiques, non seulement du côté israélien, le ministre de la Défense Israel Katz critiquant des positions « qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump » concernant le Golan, mais également libanais. Le député et ancien ministre Ghassan Hasbani avait ainsi adressé une lettre ouverte dimanche au diplomate, réclamant que toute solution au conflit « passe par l’État ».
Abordant les négociations libano-israéliennes, Tom Barrack avait affirmé que « deux parties manquent à cette table de négociations », en allusion au Hezbollah et à l'Iran. Mais selon un communiqué transmis à l'agence Associated Press dimanche, il a insisté pour que les États-Unis « ne négocient pas avec le Hezbollah », mais qu'il voulait relever dans ses propos que les armes du parti chiite, dont la remise à l’État est une condition israélienne sine qua non à tout retrait du Liban-Sud « sont fournies et financées par l’Iran », ce qui complique les négociations sur leur sort. « Je décrivais la difficulté du problème, je ne proposais pas une nouvelle table de négociations », a affirmé le diplomate. « Le Hezbollah est une organisation terroriste étrangère désignée comme telle. Nous ne négocions pas avec lui, et rien de ce que j’ai dit ne laisse entendre le contraire », a-t-il insisté.
Revenant sur ce qu'il avait dénoncé comme une « occupation » par Israël du plateau du Golan, en violation des résolutions de l'ONU, M. Barrack affirmé dans son texte de dimanche qu'il s'agissait « d'une description du statut historique du territoire et non d’une approbation de la position des Nations unies ». « La politique des États-Unis concernant le Golan a été définie par le président Trump en 2019 et reste inchangée », a-t-il déclaré.
L’État hébreu s'était emparé du plateau syrien du Golan pendant la guerre israélo-arabe de juin 1967 et l’avait annexé en 1981. L’ONU et la majeure partie de la communauté internationale considèrent ce territoire comme une terre syrienne occupée et ne reconnaissent pas son annexion. Mais en 2019, Donald Trump a reconnu la souveraineté israélienne sur ce territoire.
Tom Barrack, qui avait été plusieurs mois émissaire spécial des États-Unis au Liban avant la nomination de l'ambassadeur Michel Issa, a suscité plusieurs polémiques. Il avait notamment mis en garde contre un retour au « Bilad el-Cham », une « Grande Syrie » englobant le Liban, si les autorités ne lançaient pas de réformes concrètes et un désarmement du Hezbollah, et il s'en était pris avec agressivité à des journalistes au cours d'une conférence de presse au palais de Baabda.

