Un véhicule chargé d'effets personnels passe devant un panneau d'affichage portant un portrait du président libanais Joseph Aoun et le slogan : « La diplomatie est la voie pour mettre fin à la guerre au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Saïda, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages du sud du Liban, le 15 juin 2026. Photo Fadel Itani / AFP
Le président de la République, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam, ont salué mardi lors d’une réunion bilatérale à Baabda le cadre d’accord américano-iranien, y voyant un « facteur positif pour la réduction des tensions dans la région », selon un message sur X de la présidence libanaise.
L'accord vise à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient, qui a débuté le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran, et qui connaît une trêve fragile à l'échelle régionale depuis le 17 avril. L’entente entre les deux puissances va « dans le sens de solutions pacifiques et de la fin de l'état de guerre », ont-il encore affirmé, à l’heure où Téhéran estime que l’accord doit inclure la fin de la guerre au Liban, où les combats entre le Hezbollah et l'armée israélienne n'ont pas cessé depuis le 2 mars, jour de l'entrée de la formation chiite dans la guerre régionale, ainsi que le retrait de l'armée israélienne du Sud.
Les deux pôles de l’exécutif ont également évoqué la prochaine session des négociations libano-israéliennes, sous égide américaine, prévue à Washington la semaine prochaine, que Beyrouth entend mener en parallèle des pourparlers entre Washington et Téhéran. Ils ont réaffirmé que l’objectif des négociations directes avec Tel-Aviv, que le Hezbollah refuse catégoriquement, étaient « un cessez-le-feu définitif, le retrait des forces israéliennes des territoires qu'elles occupent, le déploiement de l'armée libanaise jusqu'à la frontière internationale, le retour des prisonniers libanais et le lancement du processus de reconstruction ».
Beyrouth parie sur la poursuite de ce processus afin d’obtenir le retrait israélien du Sud. « C’est la seule façon d'avancer sur ce plan, a estimé lundi une source officielle libanaise à l'OLJ. Ce n’est pas Mohammad Ghalibaf (le principal négociateur iranien Ndlr) qui va savoir de quel village les Israéliens doivent se retirer d’abord ni comment l’armée libanaise doit se déployer au Sud. » Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé lundi soir que l'armée israélienne restera au Liban « aussi longtemps que nécessaire », comme en Syrie et à Gaza. Cet officiel libanais a indiqué que les négociations directes vont se poursuivre conformément à l'agenda prévu : une réunion élargie des délégations militaires et politiques le 22 juin, suivie d’une réunion militaire le 23 et d'une réunion politique le 24.
« Il n'est pas possible d'abandonner la résistance », répète Kabalan
Cette position a été rejetée une nouvelle fois par le Hezbollah et son camp. Un député du parti-milice, Hassan Ezzeddine, a estimé mardi, lors d’une cérémonie d’hommage organisée à Bir Hassan, dans la banlieue sud de Beyrouth, que « les autorités libanaises doivent revenir sur leurs choix illusoires » consistant à croire que « les États-Unis aideront le Liban et feront pression sur l’ennemi », tout en affirmant que « l’Iran a remporté une victoire stratégique claire » et qu’il est aujourd’hui « une grande puissance régionale ». Selon lui, ce sont les discussions d’Islamabad qui ont réellement permis d’aboutir à la mise en œuvre du cessez-le-feu, « malgré certaines violations ».
M. Ezzeddine a appelé les autorités à « revenir vers leur peuple et ses choix », qui ont, selon lui, « fait leurs preuves sur le terrain » en contraignant Israël à « vivre dans l’inquiétude et l’instabilité » et en étant capables de « l’obliger à se retirer de notre territoire occupé ». Il les a enfin exhortées à « corriger leur trajectoire politique » et à privilégier « l’entente nationale », qu’il considère comme « la garantie de la stabilité et de la paix civile ». Il a également jugé que Benjamin Netanyahu et Donald Trump étaient les principaux perdants de cette confrontation, n’ayant « atteint aucun de leurs objectifs annoncés ».
De son côté, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, réputé proche de la formation chiite pro-iranienne, a répété mardi qu'il rejetait les négociations directes avec Israël, dans lesquelles, selon lui, « le pouvoir politique livre la tête du Liban à Tel-Aviv ». Ayant appelé la veille à un changement de gouvernement, Kabalan a affirmé qu'il « n'est pas possible d'abandonner la résistance, car l'alternative politique ou sécuritaire n'est pas prête », dans des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). « Ceux qui ont empêché l'armée, durant des décennies, d'assurer la défense nationale ne peuvent se voir confier les frontières nationales ni la défense de la souveraineté », a-t-il dit. « Parce que le Liban est le pays de l'islam et du christianisme, nous n'accepterons aucun projet explicite ou déguisé visant à sioniser notre pays », a encore lancé le dignitaire chiite.



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