Il y a exactement 100 ans, le 23 mai 1926, le Grand Liban, à peine âgé de 6 ans, se dotait de la première constitution du monde arabe et devenait officiellement la République libanaise. Inspiré par Michel Chiha, théoricien du vivre ensemble, ce texte fondateur tentait un pari audacieux : marier les principes de la démocratie parlementaire avec la réalité d'une société plurielle, traversée par de multiples appartenances religieuses.
Un équilibre visionnaire sur le papier. Mais dans la pratique, le fossé entre la lettre de la loi et l'exercice du pouvoir n'a cessé de se creuser. Tutelle syrienne, montée en puissance du Hezbollah, règle du consensus érigée en système... Autant de forces qui ont progressivement vidé les institutions de leur substance.
Aujourd'hui, avec la remise en question officielle du statut du Hezbollah et son désarmement projeté, le Liban se retrouve face à un choix historique : revenir à l'esprit de ses textes fondateurs, préserver la formule traditionnelle du vivre ensemble dans un État unitaire, ou laisser les sceptiques imposer une tout autre vision du pays.
Cent ans après, la question n'a jamais été aussi ouverte.





Etat en faillite dès le début. Rien de neuf
04 h 03, le 03 juin 2026