Le drapeau iranien et celui du Hezbollah lors d’un rassemblement après la mort du président iranien Ebrahim Raisi, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 24 mai 2024. Photo d'archives ANWAR AMRO/AFP
Peu avant le début des négociations sécuritaires et militaires directes entre le Liban et Israël sous parrainage américain à Washington, qui ont commencé dans l'après-midi à Washington, plusieurs figures proches du Hezbollah ont dénoncé toute perspective de désarmement du parti chiite pro-iranien et mis en garde contre une « discorde interne ».
Le vice-président du Conseil supérieur chiite, Ali Khatib, a appelé les autorités à « ne pas miser sur les États-Unis qui cherchent, à travers les négociations directes, à pousser vers une discorde interne qui constituerait une bouée de sauvetage pour l’ennemi israélien, et à revenir sur la décision de désarmement de la résistance sous le slogan du monopole des armes ». « Que ceux qui défendent la théorie du désarmement abandonnent leur pari tant qu’il y a occupation », a-t-il tonné, dans une pique peu voilée au président de la République Joseph Aoun et au gouvernement de Nawaf Salam.
À son tour, l'uléma chiite Ali Fadlallah a espéré que « les négociations en cours entre l'Iran et les États-Unis réussiront, afin d’éviter les répercussions de leur échec sur la sécurité et la stabilité de la région, et dont le Liban bénéficierait naturellement vu qu'elles contribueraient à mettre fin à l’effusion de sang et aux destructions qu’il subit ». Le dignitaire religieux a aussi appelé l’État « à assumer ses devoirs envers ses citoyens en insistant sur les constantes qu’il a annoncées, dont les plus importantes sont un arrêt total des hostilités, le retrait de l’ennemi des territoires qu’il a occupés et le retour des habitants » déplacés, et a aussi souligné la nécessité que les Libanais « œuvrent durant cette phase pour le renforcement de leur unité ».
Pas d'accord qui « n’inclurait pas le Liban »
De son côté, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a affirmé vendredi que « l’Iran n’a accepté aucun accord qui n’inclurait pas le Liban », alors que Washington et Téhéran tentent de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Il a ajouté que « la coordination est permanente » avec le président du Parlement Nabih Berry. « Il existe une insistance iranienne pour arrêter l’agression contre le Liban », a affirmé l'élu, notant que « l’Iran n’a accepté aucun accord qui n’inclurait pas le Liban ». « C’est pourquoi l’ennemi tente de devancer cela en intensifiant ses attaques et profite de la position du pouvoir à Beyrouth et de son insistance à poursuivre les négociations », a-t-il estimé. Le député a également affirmé que « la coordination est permanente avec le président Nabih Berry pour faire face à ces dangers ». « Nous travaillons tous deux à arrêter l’agression, et nous avons une vision commune des négociations directes, chacun ayant sa manière de s’exprimer. Toute décision concernant la manière de traiter les solutions sera commune et il n’y aura aucun différend », a-t-il poursuivi.
M. Fadlallah a enfin souligné que « la résistance n’est pas une armée régulière qui établit des lignes de défense pour empêcher une armée lourdement équipée des armes les plus modernes et qui se présente comme la première de la région d’entrer dans certains villages et de les occuper. La mission de la résistance est de l’empêcher de s’y installer et de l’épuiser à travers des opérations ».
« Règlement libanais interne »
Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, réputé proche du Hezbollah, a, lui, estimé que « la stabilité du Liban constitue un intérêt saoudo-iranien ainsi qu’une nécessité locale et régionale. Il n’existe pas d’intérêt plus important pour l’Arabie saoudite et l’Iran que de prendre dès maintenant l’initiative de protéger le Liban contre la pire discorde politique qui l’attend ». Le mufti estime en effet que « Washington a perdu la guerre de la région et cherche à incendier ces pays et à les faire sombrer dans une spirale de conflits destructeurs ». Selon lui, « l’Arabie saoudite et l’Iran doivent assurer un règlement libanais interne qui protège le Liban du quart d’heure final ».
D'autre part, le Courant patriotique libre (CPL, aouniste) a estimé dans un communiqué que « la construction d’un État capable et le rétablissement par les institutions légitimes de l’ensemble de leurs responsabilités souveraines et défensives demeurent une revendication nationale commune ». Il a toutefois indiqué que « l’ampleur de l’agression actuelle et le danger qu’elle représente pour les personnes, la terre et l’entité libanaise imposent l’unification des efforts pour arrêter la catastrophe ». Le CPL a enfin souligné que « ce n’est pas le moment d’échanger des accusations, mais celui d’agir pour mettre fin au crime, car nous sommes tous visés et tous responsables ».
Le Liban et Israël ont entamé des négociations directes avec notamment pour objectif, côté libanais, de permettre un retrait de l'armée israélienne, qui le conditionne à un désarmement effectif du Hezbollah. Un nouveau round de négociations est prévu vendredi entre les délégations libanaise et israélienne à Washington concernant le volet sécuritaire et militaire. Les États-Unis et Israël souhaitent mettre en œuvre conjointement avec l’armée libanaise un plan de désarmement du Hezbollah.



Un grand merci à tous ces sages qui nous donnent leurs bons conseils. Même le gebran se croit obligé de le faire. Il est trop tard pour le bla bla stérile. Ceux qui nous sermonnent sont ceux qui nous ont emmenés en enfer avec leurs guerres stupides. Le temps n’est plus au bavardage, le rouleau compresseur du voisin avance , s’étend et casse tout. Ayez la décence de laisser l’Etat sauver ce qui reste. Taisez -vous.
06 h 07, le 31 mai 2026