Des débris à la suite d'une frappe israélienne sur une maison près d’un poste de contrôle de l’armée libanaise au sud de Tyr, le 31 mars 2026. Photo Kawnat Haju/AFP
Nous avons reçu l’appel suivant d’un groupe d’habitants de Tyr, qui plaide en faveur de la souveraineté nationale dans cette ville historique et sur l’ensemble du territoire national, afin de préserver notre terre et notre pays des conflits menés au nom d’intérêts qui ne sont pas les nôtres, et faire en sorte que le sud du Liban ne soit plus l’otage de calculs et de négociations régionales qui le dépassent.
L’APPEL DE TYR - 29 mai 2026
Nous, habitants et citoyens de Tyr et de sa région, lançons aujourd’hui un appel solennel afin de sauver notre ville du cycle de destruction qui la frappe depuis de longs mois.
Les attaques israéliennes ont déjà coûté la vie à des dizaines de nos concitoyens et continuent de menacer l’existence même de notre cité, de son patrimoine, de son tissu social et de son histoire. Elles visent les civils comme les infrastructures et visent à vider progressivement la région de ses habitants.
Face à cette situation, notre responsabilité morale et citoyenne nous oblige à prendre la parole avec un devoir de liberté et de vérité.
Notre aspiration est celle de tout peuple qui souhaite vivre dans la dignité et la paix : mettre un terme définitif à la guerre, préserver notre terre et notre pays des conflits menés au nom d’intérêts qui ne sont pas les nôtres, et faire en sorte que le sud du Liban ne soit plus l’otage de calculs et de négociations régionales qui le dépassent.
Nous réaffirmons également la nécessité de voir l’État libanais exercer pleinement sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.
Notre appel vise avant tout à mettre fin à la destruction de Tyr et à obtenir un cessez-le-feu global sur tout le territoire libanais.
À cette fin, nous demandons :
• Que le gouvernement libanais intensifie ses efforts diplomatique et politique, afin de protéger la ville historique de Tyr des attaques et destructions en cours.
• Que l’armée libanaise et les forces de sécurité officielles se déploient dans la ville et ses environs, afin de garantir la sécurité des habitants, la stabilité de la région et le respect de l’autorité de l’État.
• Que Tyr soit déclarée « ville ouverte » exclue de toute présence armée, afin de permettre le retour de ses habitants et d’assurer la protection des résidents et des déplacés.
• Que soient garantis des corridors humanitaires pour l’acheminement de l’aide humanitaire, médicale et de secours, ainsi que la continuité des services essentiels pour les habitants de Tyr et des localités environnantes.
• Que tous les efforts nécessaires soient entrepris pour obtenir un cessez-le-feu effectif à Tyr, à Nabatiyé et dans l’ensemble du Liban-Sud.
Notre appel s’adresse au président de la République, au président du Parlement, au président du Conseil des ministres ainsi qu’au gouvernement libanais, afin qu’ils assument pleinement leurs responsabilités nationales et historiques.
La protection des villes du Sud, et tout particulièrement de Tyr, qui constitue aujourd’hui un refuge essentiel pour des milliers de Libanais du Sud et une condition fondamentale de leur maintien sur leur terre, est une responsabilité nationale majeure.
Préserver Tyr de la destruction n’est pas une cause locale ou partisane. C’est une cause nationale qui touche à l’avenir même du Liban, à la préservation de son patrimoine, à la sécurité de sa population et à la pérennité de son État.
Les signataires
Ezzedine Abou Hamzeh — Naji Abou Khalil — Zein Abou Khalil — Khayrieh Abou Samra — Zeinab Aliane — Aida Arab — Issam Arab — Hala Arnaout — Hassan Arnaout — Mohammad Asaad — Issa Atallah — Mia Atoui — Salafa Tayssir Awad — Samah Tayssir Awad — Kamel Bachir — Maroun Badr — Mohammad Basma — Iman Berri — Mariam Bitar — Suzanne Élie Bradaï — Élieane Élie Bradaï — Sophia Élias Bradaï — Hasan Bzeih — Diala Bzeih — Maysoun Bzeih — Hayat Chaaban — Tarek Charaf — Wissam Charaf — Nazem Dia — Sandra Diab — Sandy El Aar — Fadi El Achkar — Jamila El Ali — Ahmad El Derr — Muslim El Derr — Ali El Halabi — Islam El Hassan — Hazem El Khalil — Maha El Khalil — Jaafar El Salmane — Rana El Sawi — Karim El Souki — Ali Ezzeddine — Hanane Mahmoud Ezzeddine — Hasan Jamil Ezzeddine — Hassan Ezzeddine — Hussein Ezzeddine — Ismaïl Ezzeddine — Maya Ezzeddine — Mounira Ezzeddine — Randa Ezzeddine — Youlla Ezzeddine — Fatima Fakih — Hassan Faqih — Hadi Farah — Ibrahim Faraj — Mounif Faraj — Hamza Ali Fatouni — Sabrine Fayçal Fneich — Nasser Frang — Batoul Mohammad Ghabris — Ahmad Gharib — Amer Hachem — Racha Hachem — Rima Hachem — Mariam Haj — Hatem Fawzi Halaoui — Zeinab Hamadé — Abbas Hamzé — Rana Hammoud — Bilal Hassan — Hassab Diab Ismaël — Houssam Ismaïl — Doha Mostafa Jaafar — Souleimane Chawki Jahmi — Salwa Jeha — Houreih Kahawaji — Zeina Hasan Khadra — Neamt Kreidly — Ibtihaj Lattouf — Nermin Mahmoud — Serine Mahmoud — Ziad Mahmoud — Nader Mallah — Nabil Mamlouk — Adel Mehna — Ali Meligi — Mariam Ahmad Mohammad — Amani Muslimani — Ali Qachmar — Maha Reda — Ali Reda — Zeina Abdul Reda — Rabie Rifaie — Ahmad Saab — Zaynab Saed — Chérif Safieddine — Farah Safieddine — Karim Safieddine* — Maya Safieddine — Mona Safieddine — Yassine Khalil Shebly — Khalil Shougry — Katia Skayki — Fouad Sleiman — Nour Sultani — Haitham Tahini — Maha Taleb — Tarek Taleb — Amal Wazni — Ibrahim Mahmoud Zayyat
*Un lecteur homonyme nous demande de préciser qu'il ne s'agit pas ici de Karim Ghassan Safieddine.

