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Politique - Liban

Négociations avec Israël : Deriane soutient l’État et charge le Hezbollah


Négociations avec Israël : Deriane soutient l’État et charge le Hezbollah

Le mufti de la République, Abdellatif Deriane. Photo publiée par l'Agence nationale d'information

Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a de nouveau apporté lundi son soutien à l'État libanais dans les négociations directes avec Israël, avant une réunion sécuritaire prévue à Washington vendredi entre les deux pays. Dans un message émis à l'occasion de la fête de l’Adha, il a également fustigé, sans le nommer, le Hezbollah, qui refuse les pourparlers directs avec Tel-Aviv, et n'entend pas remettre son arsenal.

De son côté, le président de la République, Joseph Aoun, a estimé mardi, dans un message aux consonances politiques, que le « sens le plus élevé » de cette fête est de « nous apprendre à ne pas sacrifier nos enfants ni à verser leur sang, mais à les racheter et à leur construire la vie ». « Les significations de cette fête — amour, solidarité et entraide — sont aujourd’hui plus que jamais ce dont nous avons besoin », écrit encore M. Aoun dans un message publié sur le compte X de la présidence libanaise. La fête de l’Adha commémore la volonté d’Abraham de sacrifier son fils par obéissance à Dieu, avant que celui-ci ne l’épargne, selon les récits récits bibliques et coraniques, qui diffèrent sensiblement.

« Le recours à la négociation est un acte politique et religieux »

Le responsable sunnite a estimé de son côté que « plus personne parmi nous n’est convaincu par les méthodes adoptées pour affronter l’ennemi ou pour obtenir aide et solidarité », rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Il a regretté qu' « à chaque confrontation, nous perdons davantage de terres ».

Des propos qui rejoignent ceux du Premier ministre, Nawaf Salam, qui avait regretté plus tôt ce mois-ci que le Liban « avait cinq points encore occupés avant la guerre (débutée le 2 mars 2026 par l'envoi de roquettes du Hezbollah) et (…) Israël contrôle maintenant 68 villages ! ». Malgré l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre 2024, qui prévoyait le retrait complet de l'armée israélienne du Liban-Sud dans un délai de deux mois, elle était restée positionnée sur au moins cinq collines près de la frontière, avant d'entamer une offensive terrestre en mars 2026, après l'entrée du Hezbollah dans la guerre régionale provoquée par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Le mufti de la République a ajouté que cette situation « s’est répétée dans plusieurs guerres, commencées par une ou plusieurs parties comptées parmi nous, et se terminant par un cessez-le-feu après de vastes destructions et des massacres effroyables. C’est une méthode répétitive devenue absurde, causant la destruction des êtres humains et des villes comme auparavant, ainsi que l’occupation de la terre », a-t-il ajouté.

« Puisque cette méthode est vouée à l’échec et que ses résultats sont toujours catastrophiques, elle doit être changée. C’est pourquoi nous considérons que le recours de l’État à la négociation afin d’obtenir un cessez-le-feu et le retrait de l’occupant est un acte politique et religieux qui mérite d’être salué, car il réduit les pertes et les souffrances et promet le retour des habitants du Sud dans leurs villages et leurs localités », a soutenu le cheikh Abdellatif Deriane.

Dar el-Fatwa soutien Aoun et Salam

Il a dans ce cadre de nouveau explicitement apporté son soutien au président de la République, Joseph Aoun, et Nawaf Salam. « Dar el-Fatwa (la plus haute autorité sunnite du pays) est aux côtés du mandat présidentiel, du gouvernement et de son chef pour appliquer ce qui figure dans le discours d’investiture et la déclaration ministérielle afin de sortir le Liban des crises qu’il traverse », a-t-il encore dit, en allusion notamment au monopole des armes aux mains de l'État. « Le danger des troubles et des guerres demeurera tant que les armes ne seront pas limitées aux mains de l’État et que l’État ne sera pas responsable de la décision de guerre et de paix », a-t-il encore lancé. Avant d'ajouter que « les armes en dehors du cadre de l’État provoquent un déséquilibre et affaiblissent les institutions de l’État ».

Si la communauté sunnite est traditionnellement hostile à Israël, – notamment en raison de son attachement à la cause palestinienne –, seule la Jamaa islamiya, petit parti frériste aligné sur le Hezbollah avec lequel il a combattu en 2024, affiche son opposition aux pourparlers directs avec l'État hébreu. « Que ce soit dans notre situation — au Liban — ou dans celle de Gaza et de la Palestine, où il est évidemment impossible de compter sur les évaluations et les considérations de l’ennemi (israélien), il ne nous reste qu’à réfléchir à ce que nous pouvons et ne pouvons pas faire afin d’éviter les préjudices, préserver la cohésion et penser à notre vie, à nos enfants et à notre avenir », a encore justifié le chef religieux.

Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a de nouveau apporté lundi son soutien à l'État libanais dans les négociations directes avec Israël, avant une réunion sécuritaire prévue à Washington vendredi entre les deux pays. Dans un message émis à l'occasion de la fête de l’Adha, il a également fustigé, sans le nommer, le Hezbollah, qui refuse les pourparlers directs avec Tel-Aviv, et n'entend pas remettre son arsenal.De son côté, le président de la République, Joseph Aoun, a estimé mardi, dans un message aux consonances politiques, que le « sens le plus élevé » de cette fête est de « nous apprendre à ne pas sacrifier nos enfants ni à verser leur sang, mais à les racheter et à leur construire la vie ». « Les significations de cette fête — amour, solidarité et entraide —...
commentaires (4)

Lui + Le Patriarche contre les armes de hezballah. Qui est plus crédible les deux tiers des libanais (au moins) qui ne veulent plus du hezballah ou la milice armée qui saigne le pays sous pretexte de le défendre contre Israel ?Alors qu'elle n' a rien fait d'autre les 30 dernières années qu'appauvrir les libanais

Moi

13 h 22, le 27 mai 2026

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Commentaires (4)

  • Lui + Le Patriarche contre les armes de hezballah. Qui est plus crédible les deux tiers des libanais (au moins) qui ne veulent plus du hezballah ou la milice armée qui saigne le pays sous pretexte de le défendre contre Israel ?Alors qu'elle n' a rien fait d'autre les 30 dernières années qu'appauvrir les libanais

    Moi

    13 h 22, le 27 mai 2026

  • De telles déclarations venant de la plus haute instance Sunnite du pays est la plus grande victoire politique de la résistance Libanaise qui a vu le jour en 1975 et s'est transformé en fer de lance du mouvement du 14 Mars et aujourd'hui défenseur de l’état de droit dont elle a toujours rêvé. Il est temps a ce que les Chiites se soulèvent contre leur bourreau et nous rejoignent sur le chemin de la paix. Il serait triste de les voir obliger de quitter le pays ...

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    10 h 21, le 27 mai 2026

  • Un appui bienvenu, surtout au courageux salam, qui dit les choses telles qu’elles sont. Etre avec la cause palestinienne n’implique pas de sacrifier stupidement notre pays pour servir les barbus sectaires et menteurs. Les hésitations incompréhensibles de nos gouvernants nous ont menés à cette situation catastrophique. Par peur, ou pire encore, par collusion.

    NG

    07 h 40, le 27 mai 2026

  • Cheikh Abdellatif Deriane, vous êtes un véritable religieux libanais, sage et compatissant vis-à-vis des personnes qui souffrent. Que le Seigneur vous garde et vous protège. Bonne fête à vous et à tous nos compatriotes musulmans.

    Saliba Patricia

    00 h 56, le 27 mai 2026

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