Un drapeau du Hezbollah planté sur les ruines d’un bâtiment bombardé par Israël au Hermel, dans la Békaa, en novembre 2024. Mohammad Yassine/AFP
Plusieurs figures proches du Hezbollah et des personnalités chiites se sont exprimées lundi à l’occasion du 26 anniversaire du 25 mai 2000, date du retrait unilatéral de l’armée israélienne du Liban-Sud après 18 ans de présence, et ce malgré l'occupation israélienne actuelle de larges portions de territoires dans cette région du pays.
Haut responsable du conseil politique du Hezbollah et son ancien chef de l'unité de coordination et de liaison, Wafic Safa a jugé que « la résistance a donné une chance à l’État pendant 15 mois, sans que le choix de la diplomatie ne réussisse » et que « le recours des autorités aux négociations directes a constitué un gain pour Israël et les États-Unis et un échec pour (le Liban car elles n'ont pas) tiré avantages de la force de la résistance face à Israël », selon une déclaration à la radio du parti al-Nour reprise par le site al-Nashra. Il a ajouté que « le commandement de l'armée libanaise - dirigée par le général Rodolphe Haykal - possède une conscience politique et sociale suffisante prenant en compte l’intérêt du Liban », assurant qu’« il ne viendra jamais un jour où la résistance s’opposera à l’armée » qui porte une « conscience nationale ».
Ces propos interviennent alors que la guerre entre Israël et le Hezbollah a repris le 2 mars dans le sillage de celle déclenchée par les États-Unis et l’État hébreu contre l’Iran, après l'échec d'un premier cessez-le-feu conclu fin novembre 2024. Israël bombarde depuis massivement le Liban-Sud et la Békaa, avec un lourd bilan de plus de 3 100 morts et une facture qui se chiffre en dizaines de milliards de dollars, malgré une nouvelle trêve conclue le 16 avril et prolongée à plusieurs reprises. Le Hezbollah refuse quant à lui de remettre ses armes à l’armée libanaise comme le lui demande le gouvernement, et met en avant le fait qu’Israël occupe plus de 600 km² du Liban-Sud et bombarde le Liban quotidiennement depuis le 2 mars pour justifier sa position. Il critique également la décision du gouvernement libanais d'avoir entamé des négociations avec Israël pur parvenir à une cessation durables des hostilités.
Relations entre chiites et l'Iran
Alors que la prochaine réunion entre le Liban et Israël aura lieu le 29 mai au Pentagone pour discuter du volet sécuritaire et militaire, le député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan a pour sa part averti que « la trajectoire du gouvernement mène le pays vers une phase difficile » et que « la mauvaise approche sécuritaire du gouvernement pourrait conduire à des affrontements dans la rue », tout en précisant que « la chute du gouvernement dans la rue a été évoquée comme une possibilité et non comme une décision », en référence à la menace lancée la veille par le chef du Hezbollah. Washington et Israël souhaitent mettre en œuvre conjointement avec l’armée libanaise un plan afin de désarmer le Hezbollah et démanteler sa structure militaire. Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem avait rejeté dimanche tout scénario dans lequel le parti-milice abandonnerait son armement lourd.
Ali Fayad, autre député de la formation pro-iranienne, a ainsi appelé les autorités libanaises à « revoir leurs politiques, revenir sur leurs décisions erronées à l’égard de leurs relations avec l’Iran », accusant le pouvoir d’avoir ouvert « grandes les portes aux ingérences régionales et internationales ». Le député a regretté que « les autorités libanaises n’aient pas pris en compte (...) la spécificité des relations entre la composante chiite et la République islamique ». Selon lui, la crise libanaise « a dépassé la question des armes » pour toucher « à la stabilité intérieure, à l’identité politique du pays et à son avenir ».
Alors que des négociations sont en cours entre les États-Unis et l'Iran, parrain du Hezbollah, le parlementaire a estimé que « le (potentiel) succès iranien dans l’imposition d’un cessez-le-feu global comprenant le front libanais, comme élément principal des résultats des négociations, révèle l’ampleur de l’erreur commise par les autorités libanaises, qui ont adopté une ligne hostile envers l’Iran ».
Parmi les autres personnalités chiites à s'être exprimées, l'ouléma Ali Fadlallah a estimé que cette date « rappelle aux Libanais l’accomplissement réalisé lorsqu’ils ont uni leurs efforts et rassemblé leurs forces, parvenant alors à chasser l’ennemi de leur terre ». Il a affirmé que « l’unité nationale demeure l’un des principaux piliers de la force des Libanais face au projet de l’ennemi », appelant à éviter « les divisions » et « les discours provocateurs ».
Le mufti Kabalan, réputé proche du Hezbollah, a lui jugé que la situation actuelle du monde musulman était « catastrophique » en raison de la division des pays, et appelé à « former une union islamique capable de faire face aux défis internationaux, de protéger les intérêts des peuples musulmans et de contrer les projets de division et d’influence étrangère dans la région »


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15 h 13, le 26 mai 2026