Il faut croire que les artistes ont mauvais caractère. On les voudrait discrets, raisonnables, décoratifs parfois. Les voilà pourtant qui chantent, exposent, parlent politique, fouillent la mémoire et remuent les langues qu’on croyait rangées au placard.
Cette semaine, Zeid Hamdan repart sur les routes en Europe avec l’envie de reprendre la parole (bien engagée) en son nom. À Venise, Nabil Nahas montre un Liban immense, vibrant, loin des images fatiguées qu’on nous sert en boucle. Et puis il y a les mots de Leïla Slimani sur la langue arabe. Une langue qu’on peut tenir à distance pendant des années avant de comprendre qu’elle continue à nous habiter. À Cannes aussi, certains refusent de rentrer dans le rang. Susan Sarandon, Javier Bardem et d’autres rappellent qu’avoir une conscience reste apparemment une activité à risques.
Pendant ce temps-là, au Liban, on continue à vivre vite. On remplit les salles, on va voir des concerts, des expos, des films. Pas par insouciance. Plutôt comme une manière très sérieuse de rester vivant, au sens propre comme au figuré.
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