La barrière frontalière entre Israël et la Syrie, sur le plateau du Golan. Photo d'archives AFP / MENAHEM KAHANA
Les autorités israéliennes seraient « inquiètes » des propos de Donald Trump, déjà démentis par Damas, concernant sa volonté que la Syrie « s'occupe » du Hezbollah au Liban, rapporte la chaîne israélienne 12, à la veille d'une réunion sécuritaire en Israël sur la situation au Liban et en Syrie.
Donald Trump avait déclaré dimanche dernier à la chaîne Fox News être « déçu qu'Israël ne parvienne pas à vaincre le Hezbollah », ajoutant, au sujet de la lutte contre ce groupe armé : « Je suis sur le point de la confier à la Syrie ». Peu auparavant, au sommet du G7 en France, le président américain avait dit : « Si Israël ne peut pas faire le boulot sans tuer tout le monde, il (M. el-Chareh, ndlr) le fera ». Une possibilité balayée par le président syrien qui avait affirmé, dans un entretien le week-end dernier sur la chaîne al-Machhad, que Damas recherche l'ouverture de « canaux économiques entre le Liban et la Syrie et non de canaux militaires ».
Le démenti de M. Chareh ne semble toutefois pas avoir calmé les esprits à Tel-Aviv, et Israël serait « inquiet » de l'idée évoquée par M. Trump. Une source citée par la chaîne 12 a ainsi déclaré qu'une intervention syrienne contre le Hezbollah serait « comme jeter une allumette dans un baril d'explosifs. » Elle a ajouté que cela risque de mettre l'Etat hébreu dans une position où il se retrouverait avec « al-Qaëda et Erdogan » à sa frontière nord, en allusion d'une part au passé de chef jihadiste d'Ahmad el-Chareh, et de l'autre, au soutien du président turc aux autorités syriennes. Cela serait le « pire des scénarios », selon la chaîne israélienne, alors que MM. Chareh et Erdogan sont tous les deux dans les bonnes grâces du président américain.
Selon des sources israéliennes citées dans le média, la « seule façon » d'empêcher une intervention syrienne serait « d'accélérer les négociations » avec le Liban, alors que des pourparlers directs sont actuellement en cours à Washington, sur les modalités de faire perdurer le cessez-le-feu actuellement en vigueur et d'encadrer le retrait israélien du Sud. La même chaîne avait rapporté mardi que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, doit présider une réunion sécuritaire sur la question des relations entre Beyrouth et Damas jeudi.
C'est dans ce contexte que le président libanais, Joseph Aoun, a salué mercredi la prise de position d'Ahmad el-Chareh, affirmant devant des visiteurs qu'elle a pu « mettre un terme à ce qui se dit sur le rôle militaire de la Syrie au Liban » et que « la coopération est constante » entre les deux pays.
Dans son interview dimanche, le chef de l'Etat syrien avait assuré que son pays avait « proposé aux Etats-Unis que la guerre cesse », ajoutant : « il faut trouver diverses solutions, notamment économiques, politiques et sociales, y compris le rétablissement des relations et de l'axe économique vital entre la Syrie et le Liban ». « Parallèlement, il est nécessaire de mettre en place des mesures de sécurité qui répondent en priorité aux préoccupations syriennes et libanaises mais aussi à celles d'Israël », avait-il poursuivi. Le Hezbollah a combattu pendant la guerre civile en Syrie aux côtés de l'ex-président Bachar el-Assad. De ce fait, Ahmad el-Chareh, qui a renversé ce dernier en 2024, est profondément hostile à ce mouvement.

