Deux chevelures blanches, deux manières de faire passer la culture. Rose Issa n’a jamais attendu qu’on lui ouvre. Elle arrive avec ses artistes, ses livres, ses convictions, et elle insiste. Faire installer durablement des scènes arabes que l’Occident regardait à peine.
Milia Maroun, elle, avance avec plus de silence. Ses vêtements portent des trajets. Une couture peut contenir Beyrouth, une étoffe retenir Damas, une ligne s’ouvrir vers Paris. Rien d’appuyé, rien de démonstratif : juste une manière très précise de faire tenir plusieurs mondes dans un style. Cette semaine, Milia Maroun s’est éteinte. Il reste ses pièces, son sourire contagieux et cette élégance sans emphase, celle qui ne cherche pas à faire voir, mais à faire sentir.
Rose Issa, elle, continue de déplacer le regard.
Deux passeuses de culture, sans bruit, sans posture.
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