Le président Joseph Aoun faisant son entrée au palais de Baabda, le jour de son élection, le 9 janvier 2025. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ
Le chef de l'Etat libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël devait précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, estimant que le moment d'une telle entrevue n'était actuellement « pas approprié », selon un communiqué de la présidence. « Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité » et obtenir « l'arrêt des agressions israéliennes » contre le Liban, a-t-il dit, sans rejeter explicitement l'option de la rencontre.
Ces déclarations et prises de position, tenues après un entretien avec la députée Sethrida Geagea, qui représentait le bloc parlementaire des Forces libanaises, interviennent à l'heure où de nombreuses propositions sont actuellement à l’étude entre le Liban, les États-Unis, des pays arabes et occidentaux et Israël afin d’éviter la tenue de cette entrevue, initialement souhaitée par le président américain, Donald Trump. Selon une source officielle libanaise, un certain consensus international, notamment américain, se dégage sur le fait qu'elle risquerait de provoquer une explosion interne et une crise politique, au moment où Israël poursuit son offensive destructrice au Liban-Sud.
« Pas de retour en arrière possible »
Faisant fi des critiques du Hezbollah, le président a dans le même temps affirmé qu'il était « prêt à accélérer le rythme des négociations (avec Israël) parallèlement aux efforts des États-Unis », et qu'il n'y avait « pas de retour en arrière possible dans ce processus, car nous n’avons pas d’autre option ». Dans ce cadre, il a affirmé qu’une troisième réunion aura lieu à Washington « dans les prochains jours », de nouveau au niveau des ambassadeurs libanais et israélien aux États-Unis, qui se sont déjà rencontrés à deux reprises courant avril dans des séances préparatoires directes, qui devaient permettre de définir le cadre des négociations entre Beyrouth et Tel-Aviv.
M. Aoun a estimé qu' « il s’agit d’une avancée importante pour le Liban, qui bénéficie d’un intérêt personnel du président américain Donald Trump ». « C’est une opportunité majeure que nous devons saisir », a-t-il encore dit. Le processus de négociation, décrié par le Hezbollah, vise au « retrait israélien des territoires libanais occupés et la libération des prisonniers, des droits que le Liban revendique depuis des années », indique M. Aoun. Il dit avoir « clarifié la position officielle libanaise » lors de ses dernières rencontres diplomatiques, afin de « lever toute ambiguïté ou insuffisance dans la perception que des pays avaient de la position de l’État face aux événements et aux développements », en allusion probable aux reproches quant à l'inaction du Liban dans le désarmement du Hezbollah.
Contact « maintenu » entre Aoun et Berry
Par ailleurs, M. Aoun a indiqué que la communication avec le président du Parlement et allié politique du Hezbollah, Nabih Berry, était « maintenue et n’a jamais été interrompue ». Il a ajouté que M. Berry « ressent, comme tout Libanais, douleur et tristesse face à ce que traverse actuellement le Liban et aux pertes humaines et matérielles subies par les Libanais en général, et les habitants du Sud en particulier. »
M. Aoun a par ailleurs souligné que le processus de négociations servait « l’intérêt de tous les Libanais et ne vis(ait) aucune catégorie en particulier ». « Les souffrances touchent tout le monde sans exception, et les Libanais sont fatigués des guerres et de leurs conséquences catastrophiques », a-t-il dit, à l'heure où le bilan actualisé des victimes au Liban depuis le 2 mars, date de l'entrée du Hezbollah dans la guerre régionale aux côtés de l'Iran, s'élève à 2 696 morts et 8 264 blessés.
Rencontre avec Haykal
Le président libanais a également souligné que la « conjoncture actuelle est délicate et exige de nous tous de renforcer l’unité nationale et de ne permettre à rien de l’affaiblir ». « Tous les discours négatifs et fabriqués autour d’une prétendue discorde au Liban n’ont aucun fondement », a-t-il soutenu.
« Pour ma part, j’ai choisi de ne pas répondre aux attaques et aux critiques injustifiées, car elles ne reflètent même pas le milieu dont elles émanent », a-t-il dit, sans expliciter davantage. M. Aoun est la cible d'une campagne à charge de la part des milieux du Hezbollah, depuis qu'il a pris en main le dossier des négociations avec Israël en avril. Par ailleurs, ces propos interviennent au lendemain de la polémique autour des caricatures du chef du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, émanant de la chaîne locale LBC, auxquelles ont répondu celles du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, par des proches du Hezbollah.
Pour M. Aoun, « la chose la plus importante que puissent faire les partis et les courants libanais est de se rassembler autour de l’armée, des institutions sécuritaires et des institutions de l’État. » Il s'est dans ce cadre entretenu dans la journée avec le commandant en chef de l'armée Rodolphe Haykal. Les deux responsables ont « examiné (...) la situation sécuritaire dans le pays en général et dans le Sud en particulier à la lumière de la poursuite de l’escalade » israélienne, notamment dans le caza de Nabatiyé, lourdement bombardé ces derniers jours. Ils ont également « passé en revue les missions menées par l’armée dans les différentes régions du Liban, dans le cadre des mesures prises pour préserver la sécurité et la stabilité du pays », selon le communiqué de la présidence libanaise. La troupe a annoncé lundi avoir avoir arrêté un tireur et saisi des armes, après que des tirs nourris et des roquettes de type RPG avaient été lancés en plein cortège funéraire la veille, dans la banlieue sud de Beyrouth.



Dis comme ça M. Le Président on peut penser que c'est normal. Mais quand on voit comment le Liban Officiel a rechigné à désarmer le hezballah durant les deux dernières années, on ne peut etre que circonspects. Il y a des raisons concretes de l'etre : La position du Commandant en chef de l'armée concernant le désarmement, les libérations des voyous de la milice (meme si les appréhender est déjà un progrès mais c'est pas suffisant), les supplications de la population pour etre protégée de la milice infiltrée alors que ça devrait etre naturel pour les forces de l'ordre et l'armée.
12 h 29, le 05 mai 2026