De la fumée au-dessus d'un village du Liban-Sud après un dynamitage de l'armée israélienne, le 23 avril 2026. Photo REUTERS/Gil Eliyahu
Mise sous pression par les drones kamikazes du Hezbollah au Liban-Sud, l'armée israélienne a mis au point une nouvelle technologie d'interception, consistant en des drones équipés de filets, rapporte dimanche soir le quotidien hébreu Haaretz.
Ces dernières semaines, le parti-milice a fait une utilisation intensive de drones d'attaque, avec une charge explosive, qui sont lancés sur les forces israéliennes occupant le Liban-Sud et explosent lors de l'impact. Certains de ces appareils sont guidés, non pas par un réseau sans fil, mais par des câbles à fibres optiques, résistants aux techniques d'interception électroniques conventionnelles telles que le brouillage. Une invention, fabriquée au Liban selon un cadre du Hezbollah, qui a posé un réel défi aux Israéliens. Rien que la semaine dernière, selon les chiffres du Haaretz, ces drones ont fait trois tués (deux soldats et un employé du ministère de la Défense) et 15 blessés. Dans les médias israéliens, de nombreux observateurs et experts militaires ont critiqué le manque de préparation de l'armée israélienne face à cette menace aérienne.
Intelligence artificielle et filet-parachute
« L'Iron Drone Raider est une technologie automatisée, pilotée par l'intelligence artificielle et développée par Airoboticss, combinant radar et drones intercepteurs pour détecter les menaces et y répondre », selon le Haaretz. « Une fois la menace identifiée, le drone intercepteur est lancé et guidé de manière autonome vers sa cible par radar. Les opérateurs peuvent alors choisir de poursuivre l'engin ciblé ou de déployer un filet pour le capturer et le neutraliser », poursuit le journal. Cette capture se fait au moyen filet en forme de « parachute, qui se déploie pour faire descendre le drone poursuivi relativement en douceur au sol, réduisant ainsi le risque d'explosion ». Une vidéo fuitée dans les médias israéliens la semaine dernière montrait un drone kamikaze du Hezbollah être abattu près de soldats israéliens qui évacuaient des blessés par hélicoptère et s'écraser au sol avec une énorme déflagration.
« De nombreux militaires israéliens avaient récemment reconnu que l'armée n'était pas préparée à l'utilisation massive de drones d'attaque par le Hezbollah », rapporte le quotidien israélien de gauche, qui ajoute, citant un responsable militaire, que « les technologies anti-drones actuellement utilisées par l’armée (israélienne) ne permettent pas de contrer efficacement la menace, ou qu'elles ne sont ‘pas toujours disponibles en quantité suffisante’. »
« Plusieurs scénarios opérationnels »
Dimanche soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait abordé cette problématique en annonçant la mise en place d'une « projet spécial » et un investissement de 350 milliards de shekels (118,9 milliards de dollars) « dans des armements et des aéronefs de conception nationale au cours des dix prochaines années ».
Début avril, la Direction israélienne de la recherche et du développement en matière de défense avait lancé un appel à projets aux start-ups et aux entreprises pour trouver des solutions contre les drones à fibre optique. Les développeurs étaient appelés à proposer des réponses à plusieurs scénarios opérationnels, notamment des technologies pouvant être montées sur des véhicules ou transportées par l'infanterie pour protéger les troupes au sol, sans devoir nécessairement déployer d'infrastructure.
Des images, que L'Orient-Le Jour n'a pas pu immédiatement vérifier et circulant en ligne semblent montrer un véhicule blindé de l'armée israélienne recouvert d'un filet de protection rudimentaire, afin d'éviter des impacts de drone. Cette technique a notamment été popularisée par l'armée ukrainienne et les forces russes pour se protéger contre les drones suicide, en étant installée sur des véhicules, des routes ou à l'entrée de tunnels.
Les deux parties sont en conflit depuis l'ouverture d'un front de soutien à l'Iran le 2 mars dernier, et les belligérants poursuivent leurs affrontements au Liban-Sud malgré un cessez-le-feu décrété le 16 avril dernier, qui s'est appliqué à toutes les autres régions mais pas au Sud, où les Israéliens occupent une « zone tampon » sur dix kilomètres de profondeur tout le long de la frontière et poursuivent leurs frappes.



"Une invention, fabriquée au Liban..." Si vous voulez dire que cette invention a été copiée par le Hezbollah, je suis d'accord. Sinon, vous n'êtes pas sérieux. Les drones à guidage par fibre optique sont en usage en Ukraine depuis des années.
17 h 58, le 04 mai 2026