Le président libanais, Joseph Aoun, recevant à Baabda l'ambassadeur américain, Michel Issa, le 1e mai 2026. Photo X / @LBPresidency
Le président libanais, Joseph Aoun, a réagi vendredi aux pressions américaines pour des négociations directes rapides avec Israël et un accord dans les deux semaines à venir, en réitérant la demande de Beyrouth d'un arrêt des frappes israéliennes sur le Liban. La fin de ces attaques marquerait, a affirmé M. Aoun devant l'ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, la « poursuite des réunions » aux États-Unis, afin d'assurer « paix et stabilité » dans la zone frontalière, qui pourraient alors être annoncées « depuis » Washington. Le chef de l'Etat n'a pas précisé à quel niveau de représentation se poursuivraient ces réunions après deux rencontres entre les ambassadeurs libanais et israélien au département d'État et à la Maison Blanche.
De son côté, le Hezbollah a affirmé que ces négociations ne « le concernaient en rien », tandis que le président du Parlement Nabih Berry a rejeté toute négociation « sous le feu ».
Au palais de Baabda, les discussions entre MM. Aoun et Issa ont porté, selon la présidence, sur « la consolidation du cessez-le-feu et l’arrêt des attaques visant les civils et les infrastructures civiles » au Liban-Sud. La fin de ces frappes serait un « prélude à la poursuite des réunions à Washington, ce qui devrait conduire à la réalisation de la paix et de la stabilité à la frontière et à leur annonce depuis Washington », selon la présidence. Les réunions tenues jusqu'à présent aux États-Unis, au niveau des ambassadeurs, se voulaient « préparatoires » à des négociations directes entre les deux pays, pour lesquelles le président Aoun a déjà nommé, à la tête d'une délégation, l'ancien ambassadeur Simon Karam.
Avant sa réunion au palais présidentiel, M. Issa été reçu au Grand Sérail par le Premier ministre, Nawaf Salam.
Le président Donald Trump a insisté, jeudi soir, pour que ces négociations aient lieu d'ici deux semaines, et sur l'organisation d'une rencontre entre M. Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Un ultimatum lancé après des appels téléphoniques entre MM. Trump et Netanyahu, au cours desquels ce dernier a tenu à ce que ce délai de deux semaines soit fixé pour parvenir à un accord, faute de quoi il reprendra, et élargira, ses opérations militaires au Liban, prévoyant une invasion terrestre d’environ 15 kilomètres et la prise de contrôle de la zone au sud du Litani, afin de faire pression sur l’État libanais et le contraindre à agir contre le Hezbollah. De son côté, l'ambassade américaine à Beyrouth avait, avant la tournée de Michel Issa, publié un message sur X jeudi soir affirmant qu’un entretien Aoun-Netanyahu « offrirait au Liban la possibilité d’obtenir des garanties concrètes de la part des États-Unis, « en matière de pleine souveraineté, d’intégrité territoriale, de sécurité des frontières » et le « rétablissement complet de l’autorité de l’État libanais sur chaque parcelle de son territoire. »
Le Hezbollah « pas concerné », Berry « éteint les moteurs »
De son côté, le groupe parlementaire du Hezbollah a réitéré dans un communiqué qu'il « rejette et condamne » toute négociation directe entre le Liban et Israël. « Toute issue ou tout résultat issu de ce processus (diplomatique, ndlr) ne nous concerne en rien », ont écrit les élus de la formation chiite. Le chef du Législatif et allié du Hezbollah, Nabih Berry, a pour sa part affirmé qu’il n’y avait aucun intérêt à négocier avec Israël sous la pression des combats, rappelant dans un entretien au quotidien panarabe al-Chark al-Awsat que le cessez-le-feu a permis à l’armée de l’État hébreu de « poursuivre son offensive et de perpétrer des massacres à un rythme inédit ». En réponse au communiqué de l’ambassade des États-Unis à Beyrouth, le président du Parlement a déclaré « avoir éteint les moteurs », laissant entendre qu’il a cessé les efforts diplomatiques et de coordination avec le président de la République Joseph Aoun. Telle est la raison, a-t-il dit, pour laquelle il a refusé de participer à la réunion qui devait avoir lieu à Baabda mercredi avec le chef de l’État et le Premier ministre Nawaf Salam, pour discuter des modalités des négociations.
Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre au Moyen-Orient en lançant des attaques sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Israël a riposté par des frappes meurtrières. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.




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C'est jouable. Paix contre retrait. Mais qui dit paix dit mise HS de la milice.
12 h 45, le 02 mai 2026