Des soldats de l’armée israélienne patrouillent à bord de leurs Humvees le long de la frontière avec le sud du Liban, dans le nord d’Israël, le 25 avril 2026. Photo Jalaa MAREY / AFP
Après qu'une vidéo a provoqué un tollé au cours du week-end écoulé, montrant des engins militaires israéliens en train de détruire des panneaux solaires au Liban-Sud, des habitants de Debel ainsi que le propriétaire ont confirmé à L'Orient-Le Jour que cette scène s'était bien déroulée à la périphérie de ce village chrétien du caza de Bint Jbeil, tandis que l'armée israélienne a dénoncé cet incident.
Une vidéo, datée du 24 avril, circulant sur les réseaux sociaux montrent une pelleteuse frappant une dizaine de panneaux photovoltaïques en vue de les détruire, tandis qu'une autre pelle mécanique détruisait un tracteur tout près. Ces panneaux sont utilisés pour faire fonctionner une pompe à eau privée qui distribue de l'eau potable et à usage quotidien ont indiqué un élu local et plusieurs habitants.
Le propriétaire de l'installation « a tout vu » en direct
Contacté, le propriétaire de la structure, George Hachem, a affirmé que son projet est situé entre Debel, Kaouzah et Aïta el-Chaab, dans le caza de Bint Jbeil. Officiellement, selon les délimitations cadastrales, il est situé sur le territoire municipal de Kaouzah. M. Hachem a indiqué que la destruction ne concerne pas uniquement les panneaux solaires. À travers des vidéos de surveillance et les dires de ses employés, il a découvert que les soldats israéliens avaient également détruit trois tracteurs, deux générateurs, plusieurs pompes à eau, dont une qui extrait de l’eau pour Rmeich, ainsi que « 350 panneaux solaires ».`

Le propriétaire, originaire de Debel et résidant à Beyrouth, a été témoin de la destruction en direct via ses caméras de surveillance avant qu’elles ne soient également endommagées par l’armée israélienne. « J’ai tout vu », nous a-t-il raconté. « Mon entreprise livre de l’eau potable ainsi que de l’eau à usage quotidien à tous les villages de la région… Tout le monde parle des panneaux solaires mais c’est tout un projet qui a été détruit ».
Contacté par notre publication, le moukhtar de Debel, Lahoud Younès, a indiqué qu'il était impossible de se rendre sur les lieux pour voir l'étendue des dégâts. Il a précisé qu’actuellement le fournisseur public Électricité du Liban (EDL) ne fournit pas de courant à la localité, notamment en raison des dommages subis par les câbles et autres infrastructures dans les attaques et combats et alors que la zone est inaccessible pour procéder à des réparations. Le village dépend donc principalement de générateurs privés.
Enquête sur les actes de destruction
Un autre habitant de la localité a, lui, indiqué à L'OLJ que ces panneaux solaires sont effectivement utilisés pour faire fonctionner une pompe à eau privée, dont le propriétaire vend de l'eau filtrée aux villages environnants. « Mais depuis l'invasion des troupes israéliennes aux abords de la localité ce n'est plus le cas car nous n'avons plus la possibilité de nous rendre » sur l'installation. Il affirme par ailleurs que les habitants de Debel ont un problème d'accès à l'eau potable, mais aussi à l'eau courante pour leur usage quotidien.
L’armée israélienne a déclaré qu’elle enquêtait sur l'incident après la diffusion de ces images, affirmant que « ce comportement ne correspondait pas aux normes attendues » et qu’il ferait l’objet d’un examen, selon des informations du Haaretz et du Times of Israel.
Ce n'est pas la première fois que des soldats israéliens vandalisent des infrastructures autour de Debel, un des derniers villages encore habités dans la zone. Le week-end dernier, l'armée israélienne avait confirmé qu'un de ses militaires avait vandalisé une statue de Jésus, après qu'une image a largement circulé en ligne montrant un homme en treillis militaire frapper avec une masse la tête de la statue, décrochée de la croix sur laquelle elle était initialement apposée. Les Casques bleus italiens de l’ONU avaient remplacé la statue dans le courant de la semaine.
D'autre part, et alors que se poursuivent les démolitions systématiques et généralisées des autres villages de la bande frontalière, où Israël entend établir une « zone tampon », un article du Haaretz rapportait durant la semaine écoulée des actes de vandalisme des troupes israéliennes en territoire libanais. Aussi bien des soldats réguliers que des réservistes auraient emporté avec eux de grandes quantités de biens civils provenant de domiciles et d’entreprises de la zone occupée, selon des militaires déployés sur le terrain interrogés par le journal de gauche. D’après leurs témoignages, les vols de motos, de téléviseurs, de tableaux, de canapés ou encore de tapis sont devenus monnaie courante. Les commandants supérieurs sont informés de ces pratiques, mais n’agissent pas pour y mettre fin.



Dix employés d'un hôpital de Tyr blessés dans un raid israélien
Le conquérant se permet tout: vol de biens, destructions systématiques des lieux éloignement ou massacre des populations locales . C’est bien ce que Yahwe leur a commandé dans l’ancien testament: détruire tous les païens qui les entourent…Et vous pensez qu’ils épargnent les chrétiens? ce n’est que de la comédie pour ne pas se mettre à dos l’opinion publique occidentale! ils les encerclent, les étouffent économiquement en les forçant ainsi à fuir leurs villages pour leur survie. On n’aime pas le HB, mais il faut mieux connaître l’ennemi avec qui on voudrait signer la paix dans l’avenir!
22 h 52, le 26 avril 2026