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Lifestyle - Événement

De la couture au meuble : Élie Saab affirme sa vision à la semaine milanaise du design 2026

Le couturier star de l’industrie développe sous sa signature le créneau du meuble lancé en 2020. De la robe à l’architecture d’intérieur, il complète avec cohérence un univers où luxe et calme font volupté.

De la couture au meuble : Élie Saab affirme sa vision à la semaine milanaise du design 2026

Élie Saab Maison, Incanto. Photo fournie par Élie Saab Maison

Dès ses débuts – il est encore enfant et la guerre fait rage –, Élie Saab rêve d’ajouter de la beauté à ce monde pour en faire reculer la laideur. À 12 ans à peine, déplacé de Damour à Nabaa, il crée déjà des robes que ses sœurs se chargent de vendre sans révéler que le créateur n’est en fait qu’un gamin sans expérience. L’inspiration lui vient d’un idéal qui l’obsède, cristallisé dans une robe que sa mère enfilait pour les grandes occasions. Ainsi parée, elle le faisait rêver de soirées magiques qu’il n’avait jamais connues et qu’il finissait par dérouler dans son imaginaire, avec une précision de détails qui faisaient univers. Ainsi surmontait-il la misère, le danger et la précarité, habitant son propre territoire de rêve dont quelques robes s’échappaient pour illuminer un réel sordide. Le succès fulgurant qu’a connu par la suite le couturier libanais ne l’a jamais éloigné de la mission obstinée qu’il s’est donnée : apporter son écot à la beauté du monde.

Longtemps, ce rêve s’est donc incarné dans la couture, robes brodées à la main, silhouettes sculpturales, tapis rouges illuminés. Puis, progressivement, il a quitté les corps pour investir les espaces. Car pour Élie Saab, habiller une femme ou habiter un lieu relève du même geste. C’est en 2020 que cette vision prend une forme concrète avec le lancement d’Élie Saab Maison, en partenariat avec des acteurs majeurs du design italien. Très vite, la marque impose une signature : une transposition fidèle, dans le mobilier et l’architecture intérieure de son univers couture. Matières nobles, sens du détail, équilibre entre opulence et retenue, l’évolution était naturelle pour un créateur qui a toujours pensé ses robes comme des architectures vivantes. Lui qui d’ailleurs se rêvait architecte, qui dessinait lui-même ses bureaux et showrooms, a étendu cette vision à l’habillage de jets privés et de yachts et au-delà, à des projets immobiliers dans le monde entier caractérisés par des meubles et des intérieurs reflétant sa propre esthétique.

Élie Saab Maison, Manzoni Sofa. Photo fournie par Élie Saab Maison
Élie Saab Maison, Manzoni Sofa. Photo fournie par Élie Saab Maison

À la Milan Design Week 2026, cette trajectoire atteint une nouvelle maturité. Avec « The Milanese House –Una Notte a Milano », Élie Saab Maison ne présente pas une simple collection de meubles, mais une immersion dans un appartement privé. Pensée comme un récit cinématographique inspiré du Milan des années 1970, l’installation transforme le visiteur en témoin discret d’une histoire intime, où chaque pièce devient une scène, chaque objet un fragment narratif. Sous la direction artistique de Carlo Colombo, fidèle collaborateur de la maison, et en dialogue étroit avec Élie Saab lui-même, l’espace se déploie comme une maison habitée plutôt qu’un showroom. La lumière y caresse les matières, les volumes se répondent dans une harmonie parfaite avec une palette calme et élégante.

Dans ce décor feutré, les pièces emblématiques s’imposent avec une présence théâtrale. Le canapé Mascagni, avec son plissé couture, évoque directement les drapés qui ont fait la renommée du créateur. Le Manzoni, modulaire, joue avec les codes contemporains, majestueusement affinés grâce à l’artisanat italien. Quant au Royal Byblos, il revisite une icône de la première collection, comme un clin d’œil aux racines libanaises de la maison et à son expansion internationale. Mais c’est peut-être dans les détails que se révèle le mieux cette filiation entre mode et mobilier. Les textures, bouclé, laine, fine lana, rappellent les étoffes des ateliers de couture. Les marbres, comme le Lepanto Green ou le Camouflage Marble, sont choisis comme des pierres précieuses. Les finitions métalliques, du bronze au bleu nocturne, prolongent cette recherche d’un luxe subtil, jamais ostentatoire.

Au-delà des meubles, canapés, tables, lits, guéridons, Élie Saab Maison affirme aussi une vision globale de l’habitat. Grâce à des collaborations avec des maisons italiennes spécialisées, la marque investit désormais tous les territoires du quotidien : cuisines, dressings, tapis, objets décoratifs. Une manière de transformer l’intérieur en une expérience totale, cohérente, scénographiée comme l’extension intuitive d’une robe qui serait le premier habitat. Ce passage de la couture au meuble n’est donc pas une diversification opportuniste. Il s’inscrit dans une histoire plus large : celle d’un créateur qui, depuis Beyrouth jusqu’aux capitales du luxe, n’a cessé d’élargir son langage. À Milan, en 2026, Élie Saab déverse encore de sa boîte à rêves son idée têtue d’un monde parfait. De la robe au meuble, du meuble à l’habitat, de l’habitat à la cité : de proche en proche, tout un art de vivre en rhabillant le réel.

Dès ses débuts – il est encore enfant et la guerre fait rage –, Élie Saab rêve d’ajouter de la beauté à ce monde pour en faire reculer la laideur. À 12 ans à peine, déplacé de Damour à Nabaa, il crée déjà des robes que ses sœurs se chargent de vendre sans révéler que le créateur n’est en fait qu’un gamin sans expérience. L’inspiration lui vient d’un idéal qui l’obsède, cristallisé dans une robe que sa mère enfilait pour les grandes occasions. Ainsi parée, elle le faisait rêver de soirées magiques qu’il n’avait jamais connues et qu’il finissait par dérouler dans son imaginaire, avec une précision de détails qui faisaient univers. Ainsi surmontait-il la misère, le danger et la précarité, habitant son propre territoire de rêve dont quelques robes s’échappaient pour illuminer un réel...
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Bof....

Marie Claude

07 h 54, le 28 avril 2026

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Commentaires (1)

  • Bof....

    Marie Claude

    07 h 54, le 28 avril 2026

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