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Dernières Infos - guerre au liban 2026

Dar el-Fatwa soutient les négociations avec Israël et prend la défense de Salam

L'instance supérieure sunnite appelle à « ne pas laisser le terrain aux discours de haine, de menace, d’intimidation et d’accusation de trahison. »

Dar el-Fatwa soutient les négociations avec Israël et prend la défense de Salam

Le Conseil supérieur islamique chérié réuni à Dar el-Fatwa sous la présidence du mufti Abdellatif Deriane, le 18 janvier 2025. Photo d'archives ANI

Le Conseil supérieur islamique chérié, plus haute instance de la communauté sunnite au Liban, a appelé samedi à « respecter » la décision de l'État d'entamer des négociations directes avec Israël. Présidé par le mufti de la République Abdellatif Deriane, le Conseil a également mis en garde contre les « accusations de trahison », notamment à l'encontre du Premier ministre, Nawaf Salam.

Tout en dénonçant « la politique de la terre brûlée menée par l’occupation israélienne » au Liban-Sud, et sans nommer explicitement le Hezbollah, le Conseil a « réaffirmé son soutien aux récentes décisions du Conseil des ministres. » Parmi elles, celle de juger « illégales » les activités militaires de la formation chiite, ou de déclarer Beyrouth ville « sans armes ».

« Négociations diplomatiques pour mettre fin à la guerre »

Dans son communiqué, le Conseil chérié demande ainsi à « respecter le droit constitutionnel du président de la République de conduire les négociations relatives à la conclusion des traités et accords internationaux (...) ainsi que son choix, avec les piliers de l’État, d’emprunter la voie des négociations diplomatiques pour mettre fin à la guerre avec l’entité sioniste, qui a mené une guerre destructrice sans merci contre le Liban, commettant les crimes les plus graves. »

Le Liban a entamé en ce mois d'avril pour la première fois depuis 1983 des réunions directes avec Israël à Washington en vue de mener des négociations entre les deux pays. Deux réunions ont eu lieu au niveau des ambassadeurs à Washington, la seconde avec la présence notable du président américain, Donald Trump, qui a annoncé la prolongation de la trêve au Liban de trois semaines, soit jusqu'au 17 mai.

Le Conseil supérieur islamique chérié a condamné par ailleurs la volonté israélienne d'établir une « zone tampon » au Liban-Sud, sur une profondeur de 8 à 10 km au sein du territoire libanais. Le texte dit ainsi rejeter « la politique de la terre brûlée menée par l’occupation israélienne, qui se manifeste par la destruction totale et le nivellement des villages et des quartiers afin qu’il n’en reste aucune trace ni signe de vie, empêchant ainsi tout retour des habitants du Sud dans leurs localités et leurs maisons, dans le but d’établir une ceinture de sécurité ou une zone frontalière tampon dépourvue de toute vie ».

Dar el-Fatwa a également pris la défense de Nawaf Salam, accusé par les milieux du Hezbollah de complaisance avec Israël, voire de « traîtrise », pour sa volonté assumée de désarmer la formation, et d'entamer des pourparlers avec Tel-Aviv. Elle appelle ainsi à « ne pas laisser le terrain aux discours de haine, de menace, d’intimidation et d’accusation de trahison. » Plus encore, elle demande de « s’abstenir de toute atteinte à la présidence du Conseil des ministres ou à la personne de son chef, ainsi qu’aux autres présidences, et éviter le recours à un discours d’escalade accusatoire et incitant à la discorde. » « Si ces atteintes se poursuivent, mesurons-nous l’ampleur des dangers auxquels ce pays est exposé ? Jusqu’à quand ? Et vers où allons-nous ? Le Conseil réaffirme son soutien aux récentes décisions du Conseil des ministres, ainsi qu’à leur mise en œuvre et au respect de leurs dispositions », écrit encore l'instance sunnite.

Enfin, Dar el-Fatwa, dans la droite lignée de l'Arabie saoudite, a réaffirmé son attachement à l'accord de Taëf, qui a mis fin à la guerre civile libanaise (1975-1990), prévu la « dissolution de toutes les milices » et la « restauration de l’autorité de l’État » sur l’ensemble du territoire national.

Le Conseil supérieur islamique chérié, plus haute instance de la communauté sunnite au Liban, a appelé samedi à « respecter » la décision de l'État d'entamer des négociations directes avec Israël. Présidé par le mufti de la République Abdellatif Deriane, le Conseil a également mis en garde contre les « accusations de trahison », notamment à l'encontre du Premier ministre, Nawaf Salam.Tout en dénonçant « la politique de la terre brûlée menée par l’occupation israélienne » au Liban-Sud, et sans nommer explicitement le Hezbollah, le Conseil a « réaffirmé son soutien aux récentes décisions du Conseil des ministres. » Parmi elles, celle de juger « illégales » les activités militaires de la formation chiite, ou de déclarer Beyrouth ville « sans armes ». Lire aussi Le dilemme sunnite :...