Des secouristes interviennent près de maisons endommagées, sur le site de frappes de missiles russes survenues dans la région de Kiev, le 24 juillet 2026, en pleine invasion russe de l'Ukraine. Photo Tetiana DZHAFAROVA / AFP
Une attaque de missile russe contre une démonstration d'équipements militaires a tué vendredi au moins dix personnes et blessé près d'une centaine d'autres dans la région de Kiev, un bombardement qui soulève à nouveau des questions sur la sécurité de ce type d'événements en Ukraine.
La frappe a touché un stand de tir privé situé à une vingtaine de kilomètres de la capitale ukrainienne, selon une journaliste de l'AFP ayant vu sur place des tentes sous lesquelles étaient toujours disposés, peu de temps après l'attaque, des drones et un écran diffusant une vidéo promotionnelle d'une entreprise militaire.
Derrière un véhicule, le corps d'un homme mort, le visage ensanglanté, gisait au sol tandis que des gens s'affairaient autour de lui. Des immeubles résidentiels, près du site, ont été complètement détruits et des secouristes fouillaient dans les décombres à la recherche de possibles autres victimes. Près d'une autoroute, l'AFP a également vu cinq corps recouverts de draps noirs.
Sans cacher sa colère et sa frustration, Alla Lakhmaniouk, une responsable locale, a affirmé à l'AFP que les organisateurs de cette démonstration d'armements n'avaient pas prévenu les autorités municipales.
« Tout le monde est très mécontent qu'un tel événement ait eu lieu juste à côté d'habitations. Si on organise ce type d'événement, il faut absolument le faire dans un endroit sûr, à distance des zones résidentielles », a-t-elle plaidé.
Natalia Perevalova, une habitante du coin, a survécu à la frappe avec son fils, qui a eu « très peur », et son petit chien noir. « Il y a eu deux vagues. C'est tombé violemment là-bas à deux reprises puis ça a frappé le bâtiment. Le toit est endommagé, gravement endommagé », dit-elle.
Selon le dernier bilan communiqué par le procureur général d'Ukraine, Rouslan Kravtchenko, dix personnes ont été tuées et une centaine d'autres ont été blessées, à des degrés divers.
Les autorités ukrainiennes ont annoncé l'ouverture d'une enquête pour « négligence ayant entraîné la mort » concernant « d'éventuels manquements aux obligations » lors de l'organisation de cet événement militaire.
« L'enquête permettra de déterminer qui a pris la décision d'organiser cet événement, qui a approuvé le lieu, l'heure et le format (...) et si les risques avaient été correctement évalués », a affirmé le procureur Rouslan Kravtchenko.
L'armée russe a affirmé avoir frappé « une démonstration de drones de fabrication ukrainienne et étrangère », évoquant la présence de « fabricants de premier plan », d'officiers de l'armée et d'agents des services de sécurité ukrainiens.
Depuis le début de l'invasion de 2022, des responsables ukrainiens ont été sous le feu des critiques à plusieurs reprises pour avoir organisé, sans prendre les mesures de sécurité suffisantes, des événements militaires, tels que des remises de médailles, qui avaient été pris pour cible par des frappes russes.
Après cette nouvelle tragédie, un conseiller de Volodymyr Zelensky pour la défense, Serguiï Beskrestnov, a dénoncé sur Telegram les événements militaires qui ne prévoient pas d'abri pour leurs invités et annoncent à l'avance leur tenue sur les réseaux sociaux. Kateryna Mykhalko, une autre responsable du secteur, a évoqué sur Instagram un « jour de deuil pour l'industrie » militaire ukrainienne.

