Parmi les sujets de cette semaine, quatre récits, quatre fronts, et au milieu, une même question qui insiste : qu’est-ce qui refuse de disparaître ? Au Liban-Sud comme dans la banlieue sud de Beyrouth, l’ampleur des destructions menées par Israël frappe par son étendue: villages, quartiers entiers, repères familiers, paysages bouleversés. À Chamaa : l’État hébreu détruit un lieu à la croisée des récits islamo-chrétiens, et ça laisse ce sentiment un peu brutal qu’on efface plus qu’un bâtiment, presque une idée du Liban. Nathalie Baye : elle s’éteint après une vie de cinéma, et le fait que son dernier film se joue au Liban donne à cette trajectoire un dernier détour chargé de sens, presque comme une sortie en clair-obscur. Wael Koudaih : avec Goodbye Schlöndorff, il reprend un projet vieux de treize ans qui mêle Le Faussaire de Volker Schlöndorff à des lettres intimes ; un geste qui creuse la mémoire plutôt que de la figer, et qui rappelle que, malheureusement, certaines images continuent de travailler le présent. Ghada Hatem-Gantzer : avec la Maison des femmes, elle mène un combat discret mais essentiel contre les violences sexuelles, en offrant un espace où l’on peut, enfin, reconstruire sans être jugé. Au fond, rien ne tient vraiment, sauf peut-être cette obstination à raconter, à soigner, à filmer, même quand tout pousse à se taire. Ou à hurler …
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