Un contingent français de la Finul patrouille au Liban-Sud tandis que des habitants déplacés, brandissant des drapeaux du Hezbollah, regagnent leurs maisons en empruntant une route de fortune construite à l’endroit où le pont de Qasmiyé a été détruit par des frappes israéliennes, le 18 avril 2026. MAHMOUD ZAYYAT / AFP
Dès le lendemain de l’entrée en vigueur de la trêve fragile annoncée le 16 avril entre le Liban et Israël, les premiers signes d’une fuite en avant du Hezbollah sont apparus. Clairement, la formation chiite semble persister dans une logique d’aventurisme aux accents suicidaires, sans considération pour le coût d’abord pour son propre environnement, puis pour l’ensemble du pays. Ébranlé par la posture inhabituelle de fermeté adoptée par le président de la République, Joseph Aoun, dans son message aux Libanais vendredi soir – sans doute l’avertissement le plus explicite jamais adressé au Hezbollah quant à la remise en cause de son emprise sur les décisions souveraines au profit de l’agenda iranien –, le parti a réagi par une surenchère. Campagne virulente, menaces à peine voilées contre la présidence, le gouvernement et son chef : la riposte s’est voulue frontale.
Mais le plus grave est survenu ailleurs. En plein jour, un soldat français, le sergent-chef Florian Montorio, a été tué et trois autres ont été blessés au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), dans une embuscade samedi au Liban-Sud. « La nation s’incline avec respect et adresse son soutien aux familles de nos soldats et à tous nos militaires engagés pour la paix au Liban. Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah », a aussitôt écrit le président français Emmanuel Macron sur X. « La France exige des autorités libanaises qu’elles arrêtent immédiatement les coupables », a ajouté M. Macron, et qu’elles « prennent leurs responsabilités aux côtés de la Finul ». Dimanche, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a affirmé que son pays avait reçu des « assurances » du gouvernement libanais qu’il mettrait tout en œuvre pour arrêter les auteurs de l’embuscade qui a eu lieu à Ghandouriyé, dans le caza de Bint Jbeil.
Si le parti chiite – pourtant la seule force armée qui jouit d’une telle liberté de mouvement dans cette zone – a démenti toute implication dans l’attaque, l’armée israélienne a affirmé avoir mené une « enquête » qui a permis, selon elle, de « confirmer » l’implication du Hezbollah dans l’incident. De son côté, la Finul a affirmé que les Casques bleus avaient été pris pour cible « par des acteurs non étatiques », présumés affiliés à la formation chiite. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a, lui, condamné l’attaque et appelé toutes les parties au Liban à respecter le cessez-le-feu, rappelant que les agressions contre les Casques bleus pourraient constituer un « crime de guerre ».
Du côté officiel libanais, le président de la République a soulevé la question dans un entretien avec le président Macron, auquel il a affirmé « avoir donné ses directives aux services compétents en vue d’une enquête immédiate afin de déterminer les responsabilités », assurant que « le Liban ne ménagerait pas ses efforts dans la poursuite des personnes impliquées, en vue de les traduire en justice ». Le Premier ministre Nawaf Salam a lui aussi ordonné une enquête.
« Pas plus important qu’Anouar Sadate... »
Sur le plan politique, la démarche du Hezbollah n’était pas moins explosive. Dans une menace à peine voilée, l’un de ses responsables, Nawaf Moussaoui, a comparé samedi Joseph Aoun à Anouar Sadate, ancien président égyptien assassiné trois ans après avoir signé un accord de paix avec Israël en 1978... Dans un entretien accordé à la chaîne du parti al-Manar, Moussaoui, responsable du dossier des ressources et des frontières au sein du Hezbollah et ancien membre du bureau politique du parti, a estimé que si le chef de l’État « veut prendre des décisions de manière unilatérale, il n’est pas plus important qu’Anouar Sadate ». M. Moussaoui a ajouté que toute négociation ou tout accord entre Israël et l’État libanais serait « rejeté, non reconnu et jeté à la poubelle, comme l’accord du 17 mai 1983 », qui devait constituer un premier pas sur la voie d’une paix durable avec Israël, sous l’égide de l’ancien président libanais Amine Gemayel (1982-1988), avant de renoncer sous l’effet de la pression. Il a également estimé que si Joseph Aoun « se soumet à Donald Trump et rencontre Benjamin Netanyahu, il perdra sa qualité de président du pays ».
Dans la même veine, le vice-président du conseil politique du Hezbollah, Mahmoud Comati, a dénoncé samedi « une ingratitude officielle flagrante » des autorités libanaises, estimant que M. Aoun « a remercié le criminel et l’assassin, sans remercier ceux qui nous ont sauvés, à savoir l’Iran ». Il a ajouté que le parti ne cherchait pas, à ce stade, à renverser le gouvernement, estimant que celui-ci pourrait « tomber de lui-même » en raison de ses performances. Et d’ajouter qu’après la « victoire », l’État serait confronté à deux options : soit présenter ses excuses au peuple et revenir sur ses décisions visant le désarmement du Hezbollah, soit faire face à une colère populaire « pacifique » susceptible d’entraîner sa chute. « Si le président de la République et le chef du gouvernement persistent dans la voie de négociations directes, alors ils suivront leur chemin, et nous le nôtre », a-t-il conclu.
Kassem et le double discours
Et dans une répartition des rôles flagrante, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a ignoré l’ensemble des dispositions liées à l’accord de cessez-le-feu. S’exprimant samedi, dans ce qu’il a présenté comme un « communiqué de victoire », il a avancé ses propres conditions pour l’arrêt des hostilités tout en prétendant tendre la main à l’État pour ouvrir une « nouvelle page ». Kassem a d’abord remercié les combattants de sa formation ainsi que l’Iran, avant de poursuivre dans une logique de déni. Il a ainsi dénoncé un document attribué au département d’État américain, intitulé « Accord de cessez-le-feu entre le Liban et Israël – avril 2026 », le qualifiant de « sans valeur sur le plan pratique » et d’« insulte au Liban », au motif qu’il aurait été dicté par Washington et présenté comme approuvé par le gouvernement libanais sans que celui-ci ne se soit réuni ni ne l’ait validé.
Il a insisté sur le fait que le cessez-le-feu devait signifier un arrêt total des hostilités « dans les airs, sur terre et en mer », tout en affirmant que, faute de confiance dans Israël, les combattants resteraient « sur le terrain, doigt sur la gâchette », prêts à répondre à toute violation. « Il n’y a pas de cessez-le-feu à sens unique », a-t-il martelé, rejetant l’idée de reproduire « quinze mois de patience face à l’agression israélienne en attendant une diplomatie qui n’a rien produit ».
Le chef du Hezbollah a énuméré cinq conditions pour la prochaine étape : un arrêt permanent des hostilités sur l’ensemble du territoire libanais, un retrait israélien des territoires occupés jusqu’à la frontière, la libération des prisonniers, le retour des habitants dans les localités frontalières, ainsi que la reconstruction avec un soutien international et arabe sous responsabilité nationale. Enfin, tout en réaffirmant que le Hezbollah était « ouvert à une coopération maximale » avec les autorités libanaises dans le cadre d’une « nouvelle page » fondée sur la souveraineté, l’unité et la prévention des divisions internes, il a insisté sur la nécessité de « traduire la souveraineté en mesures concrètes », rejetant toute forme de tutelle étrangère. Il va sans dire que par tutelle étrangère, il pointait du doigt tous les pays du monde... sauf l’Iran.



L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
MR LE CHEZ DE L'ARMEE VOUS DITES QUE VOUS NE POUVEZ PAS VRAIMENT ENLEVER LES ARMES DE HEZBOLLAH PAR LA FORCE A FIN DE CRAINDRE UNE GUERRE CIVILE OU PARCEQUE 25% DE L'ARMEE EST CHIITE ET QUILS NE VOUDRONT JAMAIS S'ATTAQUER AUX MEMBRES DE HB QUI REFUSERONT DE DESARMER AMICALEMENT SOLUTION: ENVOYEZ 100% DES NON CHIITES DE L'ARMEE POUR S'ATTAQUER A HB ET LAISSER DURANT CE TEMPS UNIQUEMENT LES CHIITES DE L'ARMEE DE S'OCCUPPER DE CE QUE TOUTE L'ARMEE FAIT MAINTENANT POUR GARDER L'ORDRE CIVIL PROBLEME RESOLU SANS AVOIR A DEMANDER AUX CHIITES DE L'ARMEE DE S ATTAQUER AUX MEMBRES DE LEUR RELIGION
17 h 59, le 20 avril 2026