L'écusson de la FINUL sur la manche d'un Casque bleu du contingent français, sur une base de Tyr au Liban-Sud, le 8 juillet 2025. Photo Matthieu KARAM / L'Orient-Le Jour
La France a reçu des « assurances » du gouvernement libanais qu'il mettrait tout en œuvre pour arrêter les auteurs de l'embuscade contre des Casques bleus qui ont tué un soldat français samedi au Liban-Sud, a déclaré dimanche le ministre français des Affaires étrangères.
« Nous avons reçu des assurances hier (samedi) que la priorité absolue serait donnée par les autorités libanaises pour retrouver et arrêter les responsable de ce meurtre », a déclaré Jean-Noël Barrot sur RadioJ. Le Sergent-chef Florian Montorio a été tué samedi dans une embuscade attribuée au Hezbollah par la France, l'ONU et Israël. Sa dépouille devait être rapatriée dimanche, a annoncé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Le parti-milice nie être à l'origine de cette embuscade contre des Casques bleus français de la force de l'ONU au Liban (Finul) dans laquelle trois autres soldats français ont été blessés. « Tout laisse à penser que le Hezbollah est responsable », a insisté M. Barrot, saluant l'engagement du président et du Premier ministre libanais à en arrêter les auteurs.
Adraee pointe le Hezbollah du doigt
Si le parti chiite a démenti toute implication dans l'attaque au cours de laquelle le Casque bleu français a été tué à Ghandouriyé, dans le caza de Bint Jbeil, l'armée israélienne a affirmé avoir mené une « enquête » qui a permis selon elle de « confirmer » l'implication du Hezbollah dans l'incident. « Il peut être confirmé qu’hier, lors d’une opération de la Finul visant à retirer des munitions non explosées dans le village de Ghandouriyé, une cellule affiliée au Hezbollah a ouvert le feu », a indiqué dans un communiqué le porte-parole arabophone de l'armée, Avichay Adraee.
De son côté, la Finul a affirmé que les Casques bleus avaient été pris pour cible « par des acteurs non étatiques », présumés affiliés au parti chiite. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a, lui, condamné l'attaque et appelé toutes les parties au Liban à respecter le cessez-le-feu entré en vigueur vendredi, rappelant que les agressions contre les Casques bleus pourraient constituer un « crime de guerre ». M. Guterres a encore demandé que « toutes les attaques […] fassent l’objet d’enquêtes rapides » et que leurs auteurs « soient poursuivis et tenus pour responsables ». Il s’agit du troisième incident en quelques semaines ayant entraîné la mort de Casques bleus au Liban, après la mort de trois soldats indonésiens lors de la guerre de 46 jours entre le Hezbollah et Israël.
« Détruire le Liban renforcera le Hezbollah »
Le ministre Barrot a en outre critiqué dans son entretien l'attitude d'Israël, qui a mené des opérations militaires contre le Hezbollah au Liban, entraînant des destructions et des déplacements de populations, jusqu'à un cessez-le-feu annoncé jeudi par le président américain Donald Trump. « Ce n'est pas en détruisant le Liban ou l'État libanais que l'on détruira le Hezbollah, bien au contraire, on le renforcera », a déclaré le ministre. Le gouvernement libanais est sous pression internationale pour désarmer le Hezbollah, selon un processus délicat et à l'issue incertaine entamé avant la guerre d'Iran. Il « doit impérativement reprendre puisque (...) la seule solution politique pour assurer la paix et la stabilité au Liban est de désarmer le Hezbollah (...), puis c'est évidemment le retrait d'Israël du sud du Liban ».
L'embuscade de samedi au Liban est la deuxième attaque meurtrière contre des soldats français attribuée à des groupes affiliés à Téhéran depuis le début des attaques israéliennes et américaines contre l'Iran le 28 février qui ont embrasé toute la région. Le 12 mars, l'Adjudant-chef Arnaud Frion a été tué en Irak dans une attaque attribuée à un groupe pro-iranien. Interrogé sur la responsabilité de l'Iran, M. Barrot l'a jugée « accablante », dénonçant « le soutien du régime islamique à des milices qui déstabilisent la région et qui, dans le cadre de cette guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, ont pris pour cible des pays voisins et des soldats français ».



Trois possibilités: 1) les auteurs sont arrêtés, et on "prouve" qu;ils n'ont aucun lien avec le Hezbollah. 2) fabriquer ces "preuves" s'avère impossible et l'implication de la milice est trop évidente, dans ce cas, soi a) l'enquête est enterrée comme il arrive généralement, dans ce cas, soit b) les criminels sont arrêtés pour montrer la bonne volonté et l;efficacité des forces de l'ordre, puis relâchés sous un prétexte ou un autre. Si Macron espère voir un membre du Heznollah jugé et condamné au Liban, c'est qu'il rêve et n'a rien compris au Liban!
07 h 13, le 20 avril 2026