Réunion à Baabda entre le président libanais, Joseph Aoun (g.), et le vice-président de la Chambre, Elias Bou Saab, le 8 avril 2026. Photo X / @LBPresidency
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé, dans un message publié mercredi par Baabda sur X, que l'Etat libanais poursuit ses « efforts afin que la paix régionale englobe également le Liban », alors que Tel-Aviv considère que l'accord de cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran n'inclut pas le front libanais.
L'armée israélienne, qui a affirmé que « les combats se poursuivent au Liban », continue à frapper lourdement le Sud, dans des bombardements qui ont fait plus de 20 morts depuis cette nuit.
Le chef de l'Etat a espéré que cette paix soit « stable et durable », ce qui nécessite plusieurs principes, notamment « la pleine souveraineté de l'Etat sur tout son territoire, la libération de toute force occupante » et le fait que seul les institutions étatiques puissent prendre les décisions de guerre et de paix. Ces principes relèvent de « la responsabilité exclusive de l'Etat libanais » et devront être la base de toute négociation, selon M. Aoun. Il a en outre salué l'annonce du cessez-le-feu de 15 jours entre l'Iran et les Etats-Unis et les efforts ayant mené à cet accord, notamment ceux « du Pakistan, de l’Égypte et de la Turquie. » Il a souhaité que cette trêve temporaire se transforme en un « accord final et global ».
Deux semaines de cessez-le-feu et des négociations
Peu avant, le vice-président du Parlement libanais Élias Bou Saab a affirmé, depuis Baabda, que Joseph Aoun mène des « contacts élargis » pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu de deux semaines au Liban. Ces contacts incluent Paris, Riyad et Washington, dans une tentative d’exercer une pression internationale en vue de contraindre Israël à un cessez-le-feu, prélude au lancement d’un processus de négociation permettant au Liban « d’agir diplomatiquement pour mettre fin à la guerre, recouvrer l’intégralité de son territoire et appliquer l'accord de Taëf, à partir de l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire ».
« Le pari durant ces deux semaines est de lancer des négociations sérieuses pour mettre fin à la guerre, aux actions armées et aux agressions israéliennes quotidiennes contre le Liban », a ajouté M. Bou Saab, notant que l'instauration d'un cessez-le-feu constitue « la porte d'entrée vers une solution ». Il a aussi estimé que la poursuite des bombardements israéliens « s’inscrit dans le cadre d’une tentative israélienne de trouver des prétextes pour continuer ses opérations, en dépit du cessez-le-feu conclu entre l’Iran et les États-Unis ». Le vice-président de la Chambre a également précisé que la représentation des communautés au sein de toute délégation de négociation relève des prérogatives du président de la République, dans le cadre d’un accord avec les chefs du Parlement et du gouvernement. Il a enfin nié l’existence de toute condition extérieure jusqu’à présent imposée au Liban pour obtenir une trêve, affirmant que « le Liban négocie au nom du Liban, et le président de la République est le garant de ce processus, en coordination avec les autorités constitutionnelles ».
Avant sa réunion avec M. Bou Saab, le président libanais s'était entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, et le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal.



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Cher President , personne ne nous prendra au serieux et ne voudra negocier si on ne montre pas par des actes et non des paroles qu'on est capables de prendre des decisions difficiles.
17 h 35, le 08 avril 2026