Un des deux fils de Pierre et Flavia Moawad entouré des cercueils de ses parents, lors d'un cortège en leur mémoire à Bourj Hammoud, le 7 avril 2026. Photo Téa Ziadé / L'Orient-Le Jour
Plusieurs heures avant les obsèques prévues pour Pierre Moawad, cadre des Forces libanaises tué dans une frappe israélienne dimanche soir à Aïn Saadé, plusieurs cortèges sont organisés au passage du convoi funéraire, notamment à Bourj Hammoud, à la sortie nord de Beyrouth et dans plusieurs villages du Kesrouan. Et alors que les FL ont appelé à une mobilisation des partisans pour un dernier hommage au chef du bureau du parti à Yahchouche (Kesrouan), où les obsèques auront lieu à 16h, des responsables au sein de la formation dirigée par Samir Geagea ont exhorté leurs partisans à « ne pas se laisser entraîner dans des réactions impulsives » et à laisser les forces de sécurité assurer le suivi de l'affaire.
Le bombardement israélien inédit sur la localité majoritairement chrétienne de Aïn Saadé, dont la cible n'était toujours pas identifiée, a tué trois personnes, le couple Moawad et leur voisine, et provoqué un regain de tensions communautaires notamment à l'encontre des déplacés. « Cette guerre n'est pas à nous. Et nous avons un martyr à cause de cela », s'indigne Johnny, un ami du responsable, au micro de notre journaliste Lyana Alameddine présente sur place. Comme lui, ils sont une centaine à attendre l'arrivée des cercueils devant le centre des FL, sous un grand portrait de Pierre Moawad. Lorsque ceux-ci arrivent dans le quartier, sous des feux d'artifices, les sympathisants du parti se mettent en marche, la colère au bout des lèvres. « Hezbollah, terroristes », scande le cortège à plusieurs reprises, alors que les causes du drame restent encore floues. Une commémoration similaire a également été organisée à Ghazir, dans le Kesrouan.

Après une réunion de représentants de la région du Metn-Nord des FL, en présence notamment du député Melhem Riachi, les Forces libanaises ont affirmé avoir évoqué les « risques liés à l’infiltration d’éléments suspects parmi les civils et dans un certain nombre d’appartements résidentiels dans différentes régions », appelant les municipalités et les forces de sécurité à agir. Il a néanmoins insisté sur la l'importance de « ne pas se laisser entraîner dans des réactions impulsives » et la nécessité de laisser les forces de sécurité suivre l'affaire.



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21 h 00, le 07 avril 2026