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Politique - guerre au liban 2026

Pâques sanglantes au Liban : frappes israéliennes à Aïn Saadé et Jnah, la banlieue sud de Beyrouth sous le feu

Un responsable du bureau local des Forces libanaises, ainsi que sa femme, ont été tués dans une frappe israélienne à Aïn Saadé.

Pâques sanglantes au Liban : frappes israéliennes à Aïn Saadé et Jnah, la banlieue sud de Beyrouth sous le feu

Plusieurs étages de l'immeuble visé par l'armée israélienne à Aïn Saadé, le 5 avril au soir, ont été endommagés. Photo Téa Ziadé / L'Orient-Le Jour

Israël a mené une frappe inédite dans la soirée de ce dimanche de Pâques, à Aïn Saadé, sur les hauteurs de Beyrouth, après s'être acharné dans l'après-midi sur la banlieue sud de la capitale, frappant la zone à huit reprises et tuant au moins cinq personnes dans le bombardement d'un immeuble résidentiel à Jnah.

Le responsable du bureau des Forces libanaises (FL) à Yahchouche (Kesrouan), Pierre Moawad, a été tué dans la frappe israélienne à Aïn Saadé, a confirmé à L’Orient-Le Jour Razi el-Hajj, député FL du Metn. Son épouse et une autre femme figurent également parmi les victimes, tandis que trois autres femmes ont été blessées, selon le ministère de la Santé. Le responsable FL habitait un appartement situé au deuxième étage de l’immeuble touché, alors que la frappe aurait visé une personne vivant au troisième étage, selon les informations de L'OLJ. L'identité de la personne visée demeure inconnue à ce stade, mais l'armée israélienne a affirmé ce lundi avoir attaqué « une cible terroriste ». « L’armée israélienne a attaqué hier une cible terroriste à l’est de Beyrouth. Des informations faisant état de blessés parmi des Libanais non impliqués dans les combats sont en cours de vérification. L'incident est en cours d’examen », a écrit sur X le porte-parole arabophone de l'armée israélienne Avichay Adraee. « Le Hezbollah terroriste continue de se positionner au sein de la population civile, l’utilisant comme bouclier humain, en violation flagrante du droit international », a-t-il ajouté.

Un responsable du Hezbollah tué à Jnah, une famille décimée à Kfarhatta

Cette frappe, dans une région qui n'avait jamais été bombardée en 2024 et depuis la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars, intervient après une journée particulièrement violente au Liban.

L'armée israélienne a pilonné la banlieue sud de Beyrouth et le Sud. À Jnah, dans le sud de Beyrouth, un raid aérien a visé un immeuble résidentiel de trois étages, à proximité de l'hôpital Rafic Hariri, principal établissement hospitalier public de la capitale, alors que l'armée israélienne avait signalé lancer une nouvelle « vague de frappes sur des infrastructures du Hezbollah ». Selon les informations de notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah et des annonces publiées sur des groupes de partisans du Hezbollah, un responsable militaire du parti-milice, Hussein Mcheimech, aurait été tué dans cette puissante frappe. Ce responsable est originaire de Kfarsir, dans le caza de Nabatiyé. Selon le site Janoubia, des sites proches du Hezbollah ont indiqué que ce dernier était un « commandant jihadiste senior », un titre généralement attribué aux « membres du Conseil du Jihad ou aux dirigeants d’unités stratégiques ». Youssef Hachem, chef du Hezbollah en Irak et commandant du Front sud assassiné mercredi dernier au Liban, portait le même titre.

Le bombardement qui a visé Jnah, un quartier qui ne fait pas partie des zones régulièrement menacées par l'armée israélienne, a fait cinq morts, dont une enfant de 15 ans, et 52 blessés, selon un nouveau bilan, lundi matin, du ministère de la Santé. Sept autres raids ont ciblé la banlieue sud de la capitale, notamment sur une station service Amana et près du complexe « sayyed el-Chouhada », où le Hezbollah organise régulièrement des célébrations, commémorations et funérailles, et qui a été endommagé.

Par ailleurs, au Liban-Sud, au moins six membres d'une même famille ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans un raid de l'aviation israélienne, qui a effectué six frappes après 2h du matin sur le village de Kfarhatta, à l'est de Saïda. L'armée israélienne avait appelé ses habitants à s'éloigner de la localité dans un ordre d'évacuation, provoquant le déplacement de milliers de personnes. Parmi les victimes figure un soldat de l'armée libanaise, a rapporté la troupe. Elle a « déploré la perte du caporal Hussein Ali Nahlé, tombé au champ d'honneur le 5 avril 2026 au cours d'un raid aérien israélien sur la localité de Kfarhatta, près de Saïda ». Né à Saïda en 1996, le soldat était âgé de 29 ans. Il a été tué avec cinq de ses proches dans la nuit de samedi à dimanche, lesquels avaient fui leur domicile à Kfartebnit (Nabatiyé). Il s’agit du septième soldat libanais tué par Israël depuis la reprise de la guerre le 2 mars.

Frappe à proximité du dernier pont reliant Tyr à Saïda

D'autres bombardements meurtriers ont endeuillé le Liban-Sud dimanche. En soirée, l’armée israélienne a ciblé une voiture à Kfar Joz (caza de Nabatiyé), à bord de laquelle se trouvait une famille de quatre personnes, tuant les deux parents, et blessant leurs deux enfants, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Elle a également tué le maire de Abba, Mohammad Hussein Tarhini, ainsi que le policier municipal Mohammad Mostafa Tarhini, lors d'une frappe sur la localité du caza de Nabatiyé.

Plus tôt dans la journée, un membre du mouvement chiite Amal, Ali Hassan Awada, a été tué dans une frappe israélienne sur le village de Chaqra (Bint Jbeil), où cinq autres personnes ont été blessées. Une autre frappe sur Batouliyé (caza de Tyr) a également tué une autre personne. Plusieurs blessés sont également à déplorer après un bombardement israélien à Aïn Baal, selon les secouristes dépêchés sur les lieux. Au moins trois personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans un raid israélien nocturne dans la nuit de samedi à dimanche ayant touché le village de de Seddiqine (caza de Tyr), selon un premier bilan publié par le ministère de la Santé.

D'autres raids israéliens ont frappé la route principale de Beit Yahoun (Bint Jbeil), la coupant à la circulation, ainsi que les localités de Zrariyé (Saïda), Aadchit (Nabatiyé) ou encore le quartier d'el-Jallahiyé à Khiam (Marjeyoun). Deux frappes se sont également abattues à proximité du pont de Qasmiyé-Bourj Rahal, sur la route reliant Tyr à Saïda, l'un des tout derniers points de passage traversant le fleuve Litani encore praticables n'ayant pas été détruit par Israël. Parallèlement, des tirs d’artillerie israéliens ont atteint les villages de Mansouri, Byout al-Sayyad (Tyr), et Kounine (Nabatiyé). Dans l'après-midi et en soirée, l'armée israélienne a pilonné de nombreux villages du caza de Tyr.

De son côté, le Hezbollah a revendiqué, parallèlement à ses frappes sur le nord d'Israël, des attaques sur des regroupements de soldats israéliens au Liban-Sud, notamment à Chamaa (Tyr) situé à 7km de la frontière, Aïnata (Bint Jbeil) ainsi que Khiam (Marjeyoun).

Le poste-frontière de Masnaa, point de passage vital entre le Liban et la Syrie, qui avait été menacé d'une frappe par Tel-Aviv samedi soir, n'a pas été bombardé. La presse israélienne fait état d'une demande en ce sens par les Etats-Unis à Israël.

Dans un bilan actualisé, le ministère libanais de la Santé a indiqué que 1 461 personnes ont été tuées par Israël au Liban depuis le 2 mars, jour du déclenchement de la guerre, et 4 430 autres ont été blessées.

Israël a mené une frappe inédite dans la soirée de ce dimanche de Pâques, à Aïn Saadé, sur les hauteurs de Beyrouth, après s'être acharné dans l'après-midi sur la banlieue sud de la capitale, frappant la zone à huit reprises et tuant au moins cinq personnes dans le bombardement d'un immeuble résidentiel à Jnah.Le responsable du bureau des Forces libanaises (FL) à Yahchouche (Kesrouan), Pierre Moawad, a été tué dans la frappe israélienne à Aïn Saadé, a confirmé à L’Orient-Le Jour Razi el-Hajj, député FL du Metn. Son épouse et une autre femme figurent également parmi les victimes, tandis que trois autres femmes ont été blessées, selon le ministère de la Santé. Le responsable FL habitait un appartement situé au deuxième étage de l’immeuble touché, alors que la frappe aurait visé une...
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