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Culture - guerre au liban 2026

Ghassan Salamé : Le respect du droit international demeure non négociable

De 39 à 73 sites classés, le Liban renforce à l’Unesco un dispositif juridique élargi ; critères, périmètre et effets immédiats sur le terrain détaillés par le ministre de la Culture.

Ghassan Salamé : Le respect du droit international demeure non négociable

Le ministre de la Culture Ghassan Salamé. Photo d’archives ministère de la Culture

À l’initiative du ministre de la Culture Ghassan Salamé, le Liban a récemment saisi l’Unesco pour alerter sur les menaces croissantes pesant sur son patrimoine en temps de guerre. Une réunion extraordinaire du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé a alors été convoquée, aboutissant à l’octroi d’une protection renforcée provisoire à 39 sites, accompagnée d’une aide internationale d’urgence dépassant les 100 000 dollars. Ces biens bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé prévu par la Convention de La Haye de 1954 et son deuxième protocole de 1999.

Depuis, une nouvelle étape a été franchie. Le nombre de sites placés sous ce régime a été porté à 73, signe d’une montée en puissance à la fois juridique, diplomatique et opérationnelle face à l’extension des risques sur l’ensemble du territoire. Dans ce contexte, une série de questions s’imposent.

Le passage à 73 sites protégés marque un cap : sur quels arbitrages repose cette extension, quels sites restent hors périmètre – et surtout, qu’est-ce que cela change concrètement, dès maintenant, sur le terrain ?

L’extension à 73 sites repose sur un travail d’arbitrage précis, fondé à la fois sur la valeur patrimoniale des biens, leur usage et leur niveau d’exposition aux risques actuels.
En novembre 2024, 34 biens culturels avaient déjà bénéficié d’une protection renforcée. Il s’agissait principalement des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, ainsi que de ceux les plus directement exposés, notamment dans le Sud et la Békaa. Depuis, avec l’extension des risques à l’ensemble du territoire, il est apparu nécessaire d’élargir ce périmètre.

Cette nouvelle étape permet aujourd’hui de couvrir une part très significative du patrimoine culturel libanais sous le régime de protection renforcée reconnu par la communauté internationale. D’autres dossiers sont en préparation, en particulier pour certains sites archéologiques de Beyrouth ainsi que pour des monuments remarquables dans les centres anciens de Tyr et de Baalbeck, qui viendront compléter les inscriptions déjà existantes dans ces deux villes. Certains biens restent en dehors du périmètre à ce stade, soit pour des raisons techniques, soit parce que leur situation nécessite encore des évaluations complémentaires.
Concrètement, cette extension produit des effets immédiats : elle renforce la protection juridique des sites concernés, en clarifie le statut au regard du droit international et permet d’activer des mécanismes de suivi, d’alerte et d’assistance en cas de menace.
Elle ouvre également la voie à une mobilisation accrue de la communauté internationale, en reconnaissance de la valeur exceptionnelle de ces biens pour l’humanité, notamment en matière de conservation et de réhabilitation.

Cette réunion extraordinaire s’inscrit dans une offensive diplomatique plus large : quel signal politique le Liban cherche-t-il à envoyer à la communauté internationale à ce stade du conflit ?

Le Liban cherche à rappeler avec clarté que même dans un contexte de conflit, le respect du droit international, et en particulier la protection du patrimoine culturel, demeure une obligation non négociable. C’est aussi un message de responsabilité : malgré l’ampleur de la crise humanitaire et des déplacements massifs, l’État continue d’assumer ses engagements et appelle la communauté internationale à en faire de même, dans un esprit de solidarité concrète et de respect des normes communes.

Quelles formes d’engagement concrètes attendez-vous de la communauté internationale pour que cette initiative produise des effets mesurables ?

Nous espérons pouvoir compter sur des formes d’engagement concrètes, en complément des principes déjà largement partagés. Cela peut passer par un appui aux mécanismes d’urgence, notamment ceux activés avec l’Unesco, mais aussi par un soutien très opérationnel à la signalisation des sites, à leur documentation et à leur sécurisation, ainsi qu’un accompagnement technique et financier des institutions nationales. Dans un contexte où près d’un quart de la population est déplacé, la protection du patrimoine devient un défi collectif. Elle gagne à être portée dans un esprit de coopération, à la mesure de ce que ce patrimoine représente, au-delà du Liban, pour notre histoire commune.

À l’initiative du ministre de la Culture Ghassan Salamé, le Liban a récemment saisi l’Unesco pour alerter sur les menaces croissantes pesant sur son patrimoine en temps de guerre. Une réunion extraordinaire du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé a alors été convoquée, aboutissant à l’octroi d’une protection renforcée provisoire à 39 sites, accompagnée d’une aide internationale d’urgence dépassant les 100 000 dollars. Ces biens bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé prévu par la Convention de La Haye de 1954 et son deuxième protocole de 1999.Depuis, une nouvelle étape a été franchie. Le nombre de sites placés sous ce régime a été porté à 73, signe d’une montée en puissance à la fois juridique, diplomatique et opérationnelle face...
commentaires (3)

le droit international,c est quoi, c est qui? c est rigolo,tout ca.

Marie Claude

09 h 47, le 05 avril 2026

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Commentaires (3)

  • le droit international,c est quoi, c est qui? c est rigolo,tout ca.

    Marie Claude

    09 h 47, le 05 avril 2026

  • Le droit international devrait être respecté par les mollahs qui s’ingèrent dans les affaires de notre pays en armant une milice contre son intérêt et sa stabilité et ne respectent pas la décision des ses autorités. Ils agissent en terrain conquis en ut kiss the la terreur via leurs affidés et provoquent notre état en maintenant leur ambassadeur à son poste dans un pays qui ne veut plus de lui. Si le droit international existe, alors qu’attendent les pays qui l’ont instauré pour le faire respecter, aussi bien au Liban que dans le monde.

    Sissi zayyat

    14 h 10, le 02 avril 2026

  • M. Salameh, le Droit International ne doit pas étre à géométrie variable et protéger uniquement les dictatures. Donc soit MM. Guttierez, Macron & Co sont en situation de le faire appliquer à tous, soit il faut jeter cette notion à la poubelle. Il vaut mieux pour etre sincère et plutot que de jaqueter comme le fait la France, travailler sur une police internationale pour le Droit International. Concernant les sites Libanais. Un grand merci. Vous avez mis votre savoir au bénéfice du pays. Mais ne vous étonnez pas qu'ils servent de caches pour le hezballah.

    Moi

    09 h 40, le 02 avril 2026

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