Un portrait de Hassan Nasrallah, le chef assassiné du mouvement chiite libanais Hezbollah, est accroché à l’extérieur d’un magasin endommagé par une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Haret Hreik, le 15 mars 2026. Photo AFP
Le Corps des gardiens de la révolution iraniens (CGRI) ont reconstruit le commandement militaire du Hezbollah après qu’il a été durement frappé par Israël en 2024, comblant les lacunes avec des officiers iraniens avant de restructurer le groupe libanais et d’élaborer les plans de la guerre qu’il mène aujourd’hui en soutien à Téhéran, ont indiqué deux sources proches de ces activités.
Cette refonte, une première pour le Hezbollah — mouvement musulman chiite fondé par le CGRI en 1982 — témoigne d’une implication directe après les revers subis en 2024, notamment la mort de son chef Hassan Nasrallah en septembre 2024, lors de la première des deux dernières guerre contre Israël, et d’autres hauts commandants. L’investissement iranien a porté ses fruits, permettant au Hezbollah de se remettre sur pied à temps pour entrer dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés de Téhéran après le nouveau conflit déclenché par les États-Unis et Israël.
Le CGRI, profondément impliqué dans le Hezbollah depuis sa création, a envoyé des officiers pour entraîner à nouveau ses combattants et superviser son réarmement, selon plusieurs sources concordantes. Des officiers iraniens ont également remodelé les structures de commandement du parti chiite, infiltrées par les services de renseignement israéliens, un facteur ayant permis à l’État hébreu d’en éliminer de nombreux dirigeants.
Un porte-parole militaire israélien a déclaré le 12 mars que le Hezbollah restait une force importante et dangereuse malgré les dégâts infligés par Israël au cours des trois dernières années. Depuis son entrée dans la guerre régionale le 2 mars, le Hezbollah a tiré des centaines de missiles à travers la frontière, provoquant une offensive israélienne qui a fait plus de 1 000 morts au Liban. Des combattants du Hezbollah affrontent en outre des soldats israéliens ayant pris le contrôle de zones dans le sud.
Reste à voir comment le Hezbollah, dont la puissance demeure inférieure à son niveau maximal d’il y a quelques années, se comporterait en cas d’invasion israélienne à grande échelle.
Abandon de la hiérarchie
Les officiers du CGRI chargés d’aider le Hezbollah sont arrivés peu après un cessez-le-feu en novembre 2024 et ont commencé leur travail, alors même qu’Israël poursuivait ses frappes. Environ 100 officiers ont été déployés, a-t-on indiqué de mêmes sources citées par l'agence Reuters.
Parmi les changements imposés figure le remplacement d’une structure de commandement hiérarchique par un modèle décentralisé, composé de petites unités ayant une connaissance limitée des opérations des autres, afin de préserver le secret opérationnel. Les sources ajoutent que les officiers du CGRI ont également élaboré des plans d’attaques de missiles contre Israël, devant être lancées simultanément depuis l’Iran et le Liban, un scénario mis en œuvre pour la première fois le 11 mars.
Une source sécuritaire libanaise de haut rang a indiqué que des commandants iraniens avaient aidé le Hezbollah à réhabiliter et réorganiser ses cadres militaires, estimant qu’ils contribuaient surtout à rythmer le conflit actuel plutôt qu’à choisir les cibles en détail. Une autre source a indiqué que le CGRI avait envoyé des officiers au Liban en 2024 pour effectuer un audit d’après-guerre du Hezbollah, avant d'exercer une supervision directe de sa branche militaire.
Le CGRI avait intégré des conseillers spéciaux au sein du Hezbollah l’an dernier pour l’aider à diriger ses affaires militaires. Andreas Krieg, maître de conférences en études de sécurité au King’s College London, a déclaré que le CGRI « a essentiellement réorganisé le Hezbollah en un système beaucoup plus horizontal », en contraste avec la hiérarchie politique qui s’était développée autour de Nasrallah.
« Ce modèle décentralisé ressemble davantage à ce qu’était le Hezbollah dans les années 1980 — de très petites cellules », a-t-il expliqué, décrivant une « défense en mosaïque » également utilisée par le CGRI en Iran.


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Ces personnes sont des combattants ennemis et devraient être arrêtées sans caution*, pas expulsées. Elles ne devraient être libérées qu’après la guerre, et uniquement contre paiement de réparations par l’Iran. *donc pas contre une caution de $19.95 chacun…
09 h 00, le 23 mars 2026