e cheikh sunnite Khaldoun Oraymet. Photo ANI
La première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman, a clôturé, la semaine dernière, son enquête dans l’affaire dite « Abou Omar », et a déféré le dossier au parquet de cassation pour recueillir son avis, dans une démarche préalable au prononcé de son acte d’accusation, a appris jeudi L’Orient-Le Jour. L’avis du procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, ne sera pas contraignant, la décision finale revenant à la juge Osman, à qui il appartiendra de statuer selon sa propre conviction.
Abou Omar est le surnom de Moustapha Hessiane, un garagiste du Akkar (Liban-Nord), qui s’était fait passer auprès de politiciens et d’hommes d’affaires pour un émir saoudien capable de leur garantir un soutien du royaume wahhabite en échange de paiements. Il est détenu depuis décembre dernier, tout comme Khaldoun Oraymet, un cheikh sunnite suspecté d’avoir joué un rôle-clé dans la facilitation des contacts entre l’imposteur et ses victimes présumées.
Lors de l’audience ayant précédé la clôture de l’enquête, la juge Osman a organisé une confrontation entre le cheikh Oraymet et Ahmad Haddara, un homme d’affaires qui, en décembre, a révélé l’affaire en présentant un recours devant le parquet de cassation. À noter qu’aucun homme politique figurant parmi les noms cités par Abou Omar au cours des différentes étapes de l’enquête, n’a reconnu avoir été escroqué. Certaines de ces personnalités ont affirmé devant le procureur général près de la Cour de cassation que leurs paiements avaient été versés dans des caisses d’associations caritatives liées au cheikh Oraymet, tandis que d’autres ont évoqué des contributions à des caisses d’hospitalisation. D’après des informations médiatiques, M. Haddara serait même revenu devant la juge Osman sur ses déclarations précédentes selon lesquelles le fils du cheikh Oraymet, Mohammed, lui aurait extorqué le prix d’une voiture en échange de services politiques. Dans sa dernière déposition, il aurait ainsi indiqué avoir prêté le véhicule, qui lui a ensuite été restitué.



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