Des combattants du Hezbollah défilent dans la banlieue sud de Beyrouth, le 14 avril 2023. Photo Anwar Amro/Archives AFP
Le juge d’instruction militaire, Rayan Nasr, a émis, mardi, un mandat d’arrêt contre l'un des six partisans du Hezbollah contre lesquels le commissaire du gouvernement, Claude Ghanem, avait engagé des poursuites la semaine dernière, pour possession et transport d’armes. Cette mesure judiciaire inédite s’inscrit dans le sillage d’une décision adoptée le 2 mars par le Conseil des ministres interdisant explicitement toute activité militaire du parti. Le juge Ghanem avait traduit, le 3 mars, trois membres du Hezbollah devant le tribunal militaire, qui les a libérés six jours plus tard.
Aussitôt ses poursuites engagées contre les six autres partisans, le juge Claude Ghanem avait transféré leurs dossiers à la première juge d’instruction militaire, Ghada Abou Alouane, qui les a répartis selon ses prérogatives administratives, entre plusieurs juges d’instruction, dont Rayan Nasr. Après avoir interrogé le membre du Hezbollah qui lui a été déféré, ce dernier a décidé de le maintenir en détention préventive, et a transmis son dossier au parquet militaire pour un avis. Il a également soumis au parquet une demande de remise en liberté présentée par le prévenu. Il lui reviendra, au final, de statuer sur l’existence d’une infraction et sur la libération demandée. Une source judiciaire indique à L’Orient-Le Jour que les membres arrêtés du parti chiite estiment généralement que leurs activités ne sont pas entachées d’une intention criminelle, mais s’inscrivent dans ce qu’ils considèrent comme un droit légitime à la résistance et à la défense.
Selon nos informations, des audiences sont prévues la semaine prochaine pour les cinq autres personnes arrêtées. Trois d’entre elles sont également poursuivies pour possession et transport d’armes légères (délit), tandis que les deux autres le sont pour possession et transport de roquettes (crime).



"Leurs activités ne sont pas entachées d’une intention criminelle ". Ah bon! Déclencher la guerre avec le voisin, plonger le pays dans le chaos, provoquer chez ses concitoyens, 1 000 morts et 1 000 000 de déplacés, serait tout à fait légitime: on a bien le droit de s'amuser un peu, non?
07 h 21, le 20 mars 2026