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Politique - guerre au liban 2026

Au seizième jour du conflit, Israël détruit d'autres ponts sur le Litani et cible des stations-service

Le ministre israélien de la Défense a promis des « surprises » sur les fronts iranien et libanais. Des frappes meurtrières ont visé Beyrouth et Saïda depuis la nuit de mardi à mercredi.

Au seizième jour du conflit, Israël détruit d'autres ponts sur le Litani et cible des stations-service

Le pont de Qasmiyé sur le fleuve Litani, détruit suite à une frappe aérienne israélienne, le 18 mars 2026. Photo Kawnat HAJU/AFP

Les attaques israéliennes au Liban ont franchi un nouveau cap mercredi, avec le ciblage des ponts au Liban-Sud, particulièrement ceux sur le fleuve Litani, deux d’entre eux ayant déjà été détruits vers 16h, l’un au niveau de la localité de Bourj Rahal, et l’autre, le pont de Kenayat, dans la région de Qasmiyé, dans le caza de Tyr. Il ne s’agit pas de ponts situés sur les routes principales reliant les régions, mais d'ouvrages « secondaires » construits dans le périmètre des villages, précise notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Dans la soirée, l'armée israélienne a effectué une seconde frappe sur le pont de Kenayat.

En fin d'après-midi, I’aviation israélienne a effectué une nouvelle frappe sur un point de passage de premier plan au niveau de Kaakayiet el-Jisr, entre les cazas de Nabatiyé et de Bint Jbeil, le premier pont important que l’armée israélienne a frappé mercredi, indique notre correspondant. Sa destruction coupe aussi la route reliant les villages de Nabatiyé à certaines localités du caza de Marjeyoun. Le 13 mars, l’armée israélienne avait détruit deux autres ponts importants, celui de Tayr Felsay et Jisr el-Khardali.

S’exprimant quelques heures après la frappe sur Kaakayiet al-Jisr, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a assuré que ces ponts étaient « utilisés par le Hezbollah pour transporter des moyens de combat », ajoutant que leur destruction constituait un « message clair au gouvernement libanais », à qui Tel-Aviv demande de désarmer le parti chiite, quitte à devoir le confronter.


Objectif de l’opération, priver le Hezbollah des routes d’approvisionnement dont il pourrait encore disposer. Car les combats font rage entre la formation chiite et l’armée israélienne, qui a multiplié ses incursions en territoire libanais, notamment à Maroun el-Ras (Bint Jbeil), mercredi, sous le feu des miliciens chiites. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a appelé les habitants à fuir « vers la zone au nord du fleuve Zahrani », plus proche de Saïda.

Ce développement dans la stratégie israélienne est intervenu dans le cadre de déclarations menaçantes. La principale a été prononcée par Israel Katz, qui avait promis plus tôt dans la journée des « surprises significatives », lesquelles « intensifieront la guerre contre l’Iran et le Hezbollah », au lendemain d’une réunion du cabinet de sécurité israélien, ont rapporté les médias israéliens, citant son bureau.

Par ailleurs, le conflit continue de se décliner en chiffres ascendants : Selon le nouveau bilan du ministère libanais de la Santé, 968 personnes ont été tuées, parmi lesquelles 116 enfants et 77 femmes - et 2 432 blessées dans des attaques israéliennes au Liban depuis le début de la guerre. Beaucoup de victimes sont des enfants : l’Unicef, l'organisation de l'ONU pour l'enfance, déplore que la guerre au Liban tue et blesse l’équivalent d’une classe chaque jour.

À Saïda et Beyrouth

Alors que les frappes sur le Liban-Sud se poursuivent régulièrement, la « surprise » de la nuit a été le ciblage de plusieurs quartiers en plein centre de Beyrouth, notamment Zokak el-Blat et Basta, sans annonce préalable. Selon un bilan du ministère de la Santé, qui demeure provisoire, les frappes israéliennes sur la capitale, dans la nuit et le matin à Bachoura, ont fait au moins 12 tués et 41 blessés.


L’une des frappes du matin sur Zokak el-Blat a tué le directeur des programmes politiques de la chaîne du Hezbollah, al-Manar, avec son épouse. La mort de ce journaliste vétéran, alité suite à une opération chirurgicale, a suscité une vive indignation dans le pays. Parmi ceux qui l'ont dénoncée, figurent le ministre de l’Information Paul Morcos, et le syndicat des rédacteurs de presse. D’autres membres de sa famille ont été blessés.

L’identité d’une autre personnalité qui aurait été visée dans la première frappe sur Zokak el-Blat dans la nuit, vers 1h, n’a toujours pas été révélée.

À Bachoura, dans le centre-ville de Beyrouth, dans une rue menant vers la place des Martyrs, c’est un immeuble d’une quinzaine d’étages qui a été détruit en matinée par l’aviation israélienne. Le périmètre a été fermé par la police, selon nos journalistes sur place. La force de la frappe a totalement soufflé le quartier.

La ville de Saïda n’était pas en reste mercredi. Un drone israélien a ciblé une voiture vers 9h30, tuant son conducteur et un secouriste de la Défense civile, âgé de 51 ans, qui se trouvait à proximité, et faisant un autre blessé. Israël a affirmé avoir visé « un haut responsable du financement du mouvement palestinien Hamas, Moustapha Hussein Taha ».

Les frappes israéliennes ont été meurtrières dans d’autres régions aussi. Il y a eu des victimes et des blessés dans le village de Sohmor, dans la Békaa-ouest. Au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit dans différentes frappes sur la Békaa, selon notre correspondante Sarah Abdallah. Dans la soirée, un raid israien a frappé une usine de ciment à Chaat, faisant au moins six morts.

L’aviation israélienne a particulièrement visé les stations-service al-Amana, relevant du Hezbollah, dans plusieurs régions de Tyr et de Bint Jbeil (Liban-Sud). L’armée israélienne voulait porter atteinte « aux revenus et à la mobilité du Hezbollah », selon The Times of Israel.

Cette photographie montre le pont de Qasmiyé, enjambant le Litani, détruit à la suite d'une frappe aérienne israélienne, le 18 mars 2026. Photo Kawnat Haju / AFP


La nuit avait été marquée par un appel israélien à l’évacuation de la ville de Tyr et de ses environs, qui avait causé une panique et un nouveau déplacement de population. Un bâtiment menacé à Aaqbiyé a été ciblé.

Par ailleurs, deux nouveaux tués ont été signalés dans le village chrétien frontalier de Qlayaa, qui n’a pas été abandonné par ses habitants, dans une frappe israélienne sur un immeuble résidentiel.

Le Hezbollah a continué ses opérations contre l’armée israélienne et ses frappes sur le territoire de l’État hébreu. Le parti a tiré des missiles à plus de 200 km de la frontière avec Israël. Selon Haaretz, les sirènes ont retenti à Ashkelon et dans les localités frontalières du nord de la bande de Gaza. Aucun blessé n’a été signalé par le centre de secours Magen David Adom.

Sur un plan politique, le président de la République Joseph Aoun a insisté, lors d’une réunion sécuritaire à Baabda, sur l’importance de « l’unité des Libanais » et du « rejet de l’incitation confessionnelle », et plaidé pour un « discours national ».

Sur la chaîne al-Hadath, M. Aoun a assuré poursuivre ses efforts dans le but d’aboutir à des « négociations directes avec Israël », s’engageant « à obtenir un consensus interne » autour de cette question.

De son côté, l’envoyé spécial du président français Emmanuel Macron pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, a affirmé que « la seule solution pour mettre fin au conflit au Liban passe par la négociation », selon des propos rapportés par l'agence Reuters. « Israël n’a pas réussi à désarmer le Hezbollah, donc il ne peut pas s’attendre à ce que le gouvernement libanais le fasse en trois jours sous les bombes », a-t-il estimé. D’autre part, la France a annoncé que son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, se rendra à Beyrouth jeudi.

Seule bonne nouvelle de la journée : la compagnie aérienne Royal Jordanian a annoncé la reprise de ses vols vers Beyrouth à partir du 19 mars, la première à le faire depuis le 2 mars, date de la reprise de la guerre qui a fait fuir toutes les compagnies étrangères.

Les attaques israéliennes au Liban ont franchi un nouveau cap mercredi, avec le ciblage des ponts au Liban-Sud, particulièrement ceux sur le fleuve Litani, deux d’entre eux ayant déjà été détruits vers 16h, l’un au niveau de la localité de Bourj Rahal, et l’autre, le pont de Kenayat, dans la région de Qasmiyé, dans le caza de Tyr. Il ne s’agit pas de ponts situés sur les routes principales reliant les régions, mais d'ouvrages « secondaires » construits dans le périmètre des villages, précise notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Dans la soirée, l'armée israélienne a effectué une seconde frappe sur le pont de Kenayat.En fin d'après-midi, I’aviation israélienne a effectué une nouvelle frappe sur un point de passage de premier plan au niveau de Kaakayiet el-Jisr, entre les cazas...
commentaires (1)

Que M. Katz arrête de radoter. Malgré toute la puissance militaire déployée par son armée, il n’arrive pas à stopper les agressions de ce parti vendu et veut que notre armée avec ses deux chars et trois roquettes réussisse à le faire en un temps record? On le croyait intelligent et tacticien, le voilà qui se montre plus bête que rusé, en exigeant le suicide de notre armée qui rendrait un grand service à ses ennemis jurés sur le court et le long terme.

Sissi zayyat

12 h 54, le 19 mars 2026

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Commentaires (1)

  • Que M. Katz arrête de radoter. Malgré toute la puissance militaire déployée par son armée, il n’arrive pas à stopper les agressions de ce parti vendu et veut que notre armée avec ses deux chars et trois roquettes réussisse à le faire en un temps record? On le croyait intelligent et tacticien, le voilà qui se montre plus bête que rusé, en exigeant le suicide de notre armée qui rendrait un grand service à ses ennemis jurés sur le court et le long terme.

    Sissi zayyat

    12 h 54, le 19 mars 2026

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