Le président de la République libanaise, Joseph Aoun, préside une réunion sécuritaire à Baabda, le mercredi 18 mars 2026. Photo publiée sur le compte X de la présidence libanaise/@LBpresidency
Le président de la République, Joseph Aoun, a insisté mercredi, lors d’une réunion sécuritaire à Baabda, tenue en présence des principaux responsables des appareils militaires et sécuritaires du Liban, sur l’importance de « l’unité des Libanais » et du « rejet de l’incitation confessionnelle », rapporte la présidence libanaise sur X.
« Le discours politique dans le pays doit être un discours national qui met l’accent sur l’unité des Libanais, la solidarité et le rejet de la division, de l’incitation confessionnelle et de la discorde », a plaidé M. Aoun. Il a aussi appelé à ce que « l’esprit (de ce discours) se reflète également dans les médias et sur les réseaux sociaux, compte tenu du rôle important qu’ils jouent dans ces circonstances » d’escalade militaire entre le Hezbollah et Israël. Le président Aoun a estimé que « cette étape nécessite un suivi méticuleux et une responsabilité nationale, loin des intérêts et calculs personnels ».
M. Aoun a également souligné la nécessité « mettre en place davantage de centres d’accueil pour les personnes déplacées de force de leurs villes et villages », au nombre de plus d’un million, et de « surveiller les prix et lutter contre la spéculation ».
Les responsables sécuritaires ont présenté pour leur part les « rapports disponibles » sur les attaques israéliennes au Liban, et leurs « conséquences en termes de morts et de blessés, de déplacements de population et de destruction de biens. »
Les participants ont enfin examiné la situation à la frontière libano-syrienne et la coordination en cours avec les autorités syriennes afin de « préserver la stabilité », selon la présidence libanaise. Selon nos informations, la Syrie d'Ahmed el-Chareh a refusé d'intervenir au Liban contre le Hezbollah, malgré les pressions des États-Unis et d'Israël dans ce sens. La situation des réfugiés syriens a été abordée, « après le retour d’environ cent mille d’entre eux en Syrie, ainsi que les facilités accordées par la Sûreté générale », rapporte la présidence libanaise.
Cette réunion intervient alors que l’armée israélienne a mené mercredi matin des frappes meurtrières sur les quartiers centraux de Beyrouth de Zokak el-Blat, Basta et Bachoura, et s'est acharnée sur le Liban-Sud dans la nuit de mardi à mercredi. Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait depuis le 2 mars au moins 912 morts, dont 111 enfants selon un bilan actualisé au 17 mars. L'armée israélienne a affirmé pour sa part avoir éliminé environ 400 combattants du Hezbollah.
« Le Liban n’a pas déclenché cette guerre »
A la suite d'un entretien avec le chef de l'Etat au palais de Baabda, Kamal Chéhadé, ministre des Déplacés et ministre d'État pour la technologie d'information et l'intelligence artificielle, a affirmé qu’il existe « une coordination totale au sein du Conseil des ministres, de l’ensemble des ministères et des différents services, dans le but de venir en aide aux déplacés et à toutes les personnes affectées par cette guerre », selon un message également relayé sur le compte X de la présidence libanaise.
Rappelant que le « Liban n’a pas déclenché cette guerre », qui « lui a été imposée », le ministre a expliqué que « les efforts politiques et diplomatiques se poursuivent et ne s’arrêteront pas. » « Le président de la République a insisté sur la nécessité de poursuivre ces démarches en parallèle avec l’action du gouvernement », a-t-il encore indiqué. Après plus deux semaines de guerre au Liban, la voie diplomatique piétine. Il n’a notamment toujours pas été possible de désigner une personnalité chiite au sein de la délégation libanaise pour des éventuels pourparlers avec Israël, en raison de l’opposition du Hezbollah et du mouvement Amal, et malgré les demandes américaines en ce sens.
Le gouvernement discute de la question des déplacés
Par ailleurs, la question des déplacés a « occupé une large part des discussions » lors de la réunion gouvernementale quotidienne, a indiqué le ministre de l'Information, Paul Morcos, dans des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Le Premier ministre, Nawaf Salam, a souligné « l’importance des visites effectuées par les ministres dans les centres d’accueil des déplacés, notamment à l’approche de la fête du Fitr (marquant la fin du ramadan, et ayant lieu cette année vendredi, ndlr), afin de s’assurer de l’acheminement de l’aide et de faire remonter les besoins constatés sur le terrain », selon M. Morcos. « Les plans sécuritaires pour la période des fêtes ont également été abordés afin d’éviter toute perturbation de la sécurité intérieure », indique encore le ministre.



Notre état a pris la mauvaise habitude à faire appel aux mêmes citoyens pour réparer les pots cassés, qu’ils soient économiques, sociales et maintenant militaires. Et puis quoi encore?
13 h 16, le 19 mars 2026