Libération de détenus syriens à la prison de Roumieh le 17 mars 2026. Photo obtenue par Sarah Abdallah
Plus d'un mois après la signature officielle de l'accord judiciaire entre Beyrouth et Damas, le processus de transfert de détenus syriens de la prison de Roumieh, en direction de la Syrie, a commencé mardi, a confirmé le vice-président du Conseil des ministres, Tarek Mitri, à L'Orient-Le Jour.
L'accord, signé le 6 février à Beyrouth, prévoit le transfert d’environ 300 détenus syriens, actuellement incarcérés dans les prisons surpeuplées du Liban, vers la Syrie. Il répond aux revendications de Damas, qui réclame que les prisonniers syriens soient rapatriés, alors qu'environ 2.500 d'entre eux sont incarcérés au Liban, parfois sans jugement.
Une source judiciaire a indiqué à l’AFP qu’au total 137 détenus ont été acheminés vers le poste-frontière de Masnaa « en vue d'être remis aux autorités syriennes », dont « 106 condamnés incarcérés à Roumié et 31 autres à Tripoli ». La Sûreté générale libanaise n’était pas disponible pour fournir de plus amples informations. Selon la chaîne de télévision libanaise al-Jadeed, six bus syriens sont arrivés à la prison de Roumieh pour le transfert, accompagnés de membres de la Sûreté générale syrienne.
L'accord judiciaire prévoit uniquement le transfert des détenus déjà jugés, à condition que les condamnés pour des crimes les plus graves, comme le viol et le meurtre, aient purgé plus de dix ans de leur peine au Liban. Par conséquent, les prisonniers syriens en attente de procès sont exclus de l'accord, même si, lors des premiers échanges, la Syrie avait également réclamé leur transfert. L’accord prévoit aussi la réciprocité pour les ressortissants libanais condamnés en Syrie et impose des conditions strictes, notamment le consentement écrit du détenu et la présentation de documents judiciaires attestant la condamnation et la peine.


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