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Moyen-Orient - guerre au moyen-orient

Dans le Golfe, les travailleurs étrangers premières victimes des frappes iraniennes

Sur les quatorze civils tués dans le Golfe depuis le début de la guerre, huit étaient des ressortissants étrangers originaires du Pakistan, du Népal, du Bangladesh et d'Inde.

Des ouvriers assis sur un mur devant la skyline de Dubaï, le 11 mars 2026. Photo Giuseppe CACACE / AFP

Ahmad Ali, Bangladais de 55 ans, effectuait sa tournée de livraison d'eau potable à des habitants des Emirats arabes lorsque des débris de missile iranien ont touché sa camionnette, le tuant sur le coup. « Mon père avait dit qu'il allait revenir bientôt », se remémore son fils, Abdul Hoque, joint par téléphone à Barlekha, dans l'est du Bangladesh. C'était son dernier appel. « Il est mort instantanément lorsque sa camionnette a été touchée ».

Depuis le 28 février, Téhéran a multiplié les attaques de missiles et de drones contre les Etats du Golfe, en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. Dans une région qui abrite plus de 35 millions de travailleurs étrangers, originaires pour la plupart d'Asie du sud-est, bon nombre de victimes étaient des immigrés occupant des emplois parmi les moins bien rémunérés du Golfe. Sur les quatorze civils tués dans le Golfe depuis le début de la guerre, selon un décompte de l'AFP, huit étaient des ressortissants étrangers originaires du Pakistan, du Népal, du Bangladesh et d'Inde. Si certains résidents aisés ont pu quitter la région, les travailleurs étrangers demeurent parmi les plus vulnérables face au conflit.

Pour la plupart d'entre eux, partir est impossible : bien souvent, ces travailleurs ont contracté des emprunts pour payer des agences de recrutement afin d'obtenir des visas et des emplois dans le Golfe, et leurs familles restées au pays dépendent de leurs envois d'argent.

« Rêve brisé »

« Mon père était un homme travailleur qui exerçait un métier respectable », témoigne Abdul Hoque. « Nous ne comprenons pas cette mort injuste ». Présent aux Emirats arabes unis depuis près de 30 ans, Ahmad Ali avait récemment entrepris de construire une maison au Bangladesh, un rêve partagé par de nombreux travailleurs étrangers présents dans le Golfe. « Ce rêve s'est brisé avec sa mort », regrette son fils. « Ma mère et mes trois frères et sœurs sont encore sous le choc ».

Murib Zaman Nizar, Pakistanais de 44 ans, a lui aussi été tué aux Émirats arabes unis, lorsque les débris d'un drone intercepté sont tombés sur sa voiture, le 28 février. Père de cinq enfants âgés de quatre à 12 ans, il travaillait comme chauffeur pour une famille d'Abou Dhabi.

« Mon frère lavait la voiture dans la cour lorsque l'accident s'est produit », explique à l'AFP son frère Muhammad Khan, joint par téléphone depuis leur ville natale de Bannu, dans la province pakistanaise de Khyber Pakhtunkhwa, au nord-ouest du pays. « C'était un père de famille qui voulait offrir la meilleure vie possible à ses enfants. Maintenant, il n'est plus là », se désole celui qui travaille également aux Émirats, comme ouvrier du bâtiment.

Travailler « comme d'habitude »

Face à la poursuite des attaques, plusieurs pays du Golfe ont généralisé le télétravail et l'enseignement à distance. Les alertes répétées et les interceptions de drones alimentent l'anxiété des habitants. Les travailleurs étrangers, eux, poursuivent leur vie quotidienne à l'extérieur.

« Nous essayons de garder notre calme et de continuer à travailler comme d'habitude », explique Binoy, un ingénieur indien installé à Dubaï, qui n'a pas souhaité préciser son nom de famille. « Il y a deux jours, je rentrais chez moi tôt le matin après mon service de nuit quand j'ai entendu de fortes détonations », raconte pour sa part Jane, une infirmière venue des Philippines, installée à Dubaï.

« J'ai continué à marcher. Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre ? », s'interroge cette immigrée arrivée il y a sept ans aux Emirats, mère de deux enfants de 7 et 10 ans. « Ils ont peur quand ils regardent les informations à la télévision... Je n'arrête pas de les rassurer en leur disant que tout est sûr ici ».

Ahmad Ali, Bangladais de 55 ans, effectuait sa tournée de livraison d'eau potable à des habitants des Emirats arabes lorsque des débris de missile iranien ont touché sa camionnette, le tuant sur le coup. « Mon père avait dit qu'il allait revenir bientôt », se remémore son fils, Abdul Hoque, joint par téléphone à Barlekha, dans l'est du Bangladesh. C'était son dernier appel. « Il est mort instantanément lorsque sa camionnette a été touchée ».Depuis le 28 février, Téhéran a multiplié les attaques de missiles et de drones contre les Etats du Golfe, en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. Dans une région qui abrite plus de 35 millions de travailleurs étrangers, originaires pour la plupart d'Asie du sud-est, bon nombre de victimes étaient des immigrés...
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